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La dernière étape du Dakar 2026 a donné lieu à un scénario inouï, à ranger dans l’histoire du sport mondial aux côtés du final du Tour de France cycliste 1989 (Greg LeMond qui sur le fil avait battu et devancé de 8’’ le leader Laurent Fignon) ou des prolongations de la finale de l’Euro 2000 remportée par la France face à l’Italie (2-1).
En effet, du jamais vu, incroyablement chez les motards, l’Argentin Luciano Benavides a battu Ricky Brabec avec un écart record … de 2’’, oui deux infimes petites secondes à l’issue de deux semaines de luttes quotidiennes et intenses au terme de 4880 km et du retournement de situation le plus insensé et tardif qu’ait connu le Dakar depuis sa création en 1978, et ce sur une erreur de navigation commise … à moins de 7 kilomètres de l’arrivée de cette ultime journée ce samedi 17 janvier 2026.

Naturellement comme on l’imagine la joie est totale dans le clan Autrichien Red Bull KTM Factory Racing, tandis que le pilote Américain de Monster Energy Honda HRC, qui passe à côté d’un triplé, encaisse lui sa défaite bien que totalement inattendue avec amertume et dignité. Alors qu’il était attendu en grand vainqueur par toute son équipe tout autour de l’arche d’arrivée…
Mais hélas et malheureusement pour Brabec, son adversaire, le pilote Argentin gagne la première course de sa carrière et rejoint au palmarès son frère Kévin Benavides, vainqueur du Dakar en 2021 et 2023.
En autos, Nasser Al Attiyah a continué d’écrire l’histoire en remportant le Dakar pour la sixième fois, ce qui lui permet de distancer au palmarès Ari Vatanen (4 victoires) et de se rapprocher de Stéphane Peterhansel (8 victoires en autos).
Il offre surtout à Dacia sa première victoire sur l’épreuve, devant les deux Ford Raptor de Nani Roma et Mattias Ekstrom, pendant que Sébastien Loeb coince au pied du podium en quatrième position du classement final.
MOTOS : BENAVIDES, LA FORCE D’UN DESTIN

À l’échelle du Dakar 2026, le temps où Daniel Sanders était donné comme le favori quasi intouchable ou éventuellement contesté par Tosha Schareina semble révoqué depuis une éternité !
La boulette de l’Espagnol, pénalisé de 10 minutes pour avoir ignoré les drapeaux de sortie du bivouac-refuge (étape 5), changeait déjà la donne, mais les Monster Energy Honda HRC avaient trouvé un solide leader de remplacement en Ricky Brabec, pourquoi pas capable de faire vaciller l’Australien Daniel Sanders.
Le duel avait en effet de l’allure, jusqu’à ce que le Champion du monde se fracasse l’épaule sur la route de Bisha, compromettant ses espoirs de doublé sans le résigner à l’abandon.
Le clan des Red Bull KTM Factory Racing ne se laissait pas abattre pour autant, avec une nouvelle carte maîtresse qui commençait à prendre de plus en plus de valeur.
Solide sur ses appuis, Luciano Benavides posait un premier pied sur la plus haute marche du général en remportant sa troisième étape de l’année (étape 8), qui plus est en ouvrant la piste, mais « Chucky » était encore bien présent, et seulement à 10’’.

Après les déboires de Sanders, c’est tout le poids de l’équipe KTM qui pesait sur les épaules de l’Argentin, avec la responsabilité de partir au combat face à Brabec, déjà vainqueur à deux reprises (2020-2024) et manifestement toujours en cannes.
En plus de son pilotage au cordeau, l’Américain tentait un coup de poker, voire un coup de génie, en freinant dans le final de la onzième étape pour laisser Luciano prendre la première place, mais avec seulement 23’’ d’avance et dans la pire position pour attaquer la douzième étape… un piège mathématique imparable, accompagné d’un coup de massue psychologique pour un leader en sursis, présentant ce soir-là une mine bien triste.
Le scénario concocté dans le cerveau US prenait bien forme puisque, pour la dernière étape, souvent regardée comme une formalité, Brabec s’élançait, rappelons-le… avec 3’43’’ d’avance!

L’affaire était même emballée… jusqu’au km 98,4 ! Ouvrant la piste e ce samedi matin 17 janvier, le pilote Honda arrive en fin de spéciale et… n’a plus qu’à parader pendant sept kilomètres, mais soudainement il commet … l’IMPENSABLE, une erreur de navigation qui l’envoie légèrement trop à gauche, l’obligeant à une boucle d’environ trois kilomètres pour retrouver la bonne piste.

Pendant ce temps, Luciano Benavides déboule sur la ligne d’arrivée et voit Ricky Brabec pointer… deux secondes trop tard, soit l’écart le plus faible jamais observé sur un classement général du Dakar !!
Un délire …

Encore plus fort Luciano que son frère Kevin Benavides, double vainqueur, qui avait lui aussi renversé le classement général le dernier jour en 2023, gagnant avec 43’’ d’avance sur Toby Price.

AUTOS : AL ATTIYAH, L’ART DU SANS FAUTE

« La course n’a jamais été aussi ouverte de toute l’histoire du Dakar », déclaraient avant le départ et en chœur, l’ensemble des pilotes concernés de près ou de loin par la gagne devant une fourmilière inédite de Champions et de bolides inscrits sur la 48ème édition.
L’unanimité de ce constat donne une valeur supplémentaire au titre 2026, qui enrichit une collection comportant maintenant six Trophées Touaregs, à exposer dans la salle des Trophées du musée Al Attiyah à Doha au Qatar.
Celui-ci pèse d’autant plus lourd qu’il a été conquis au terme d’une course maîtrisée de bout en bout, un modèle de sang-froid, une stratégie quasi millimétrée, un chef-d’œuvre de plan de bataille conçu autour de deux journées décisives pour lesquelles il était primordial de préparer une position de départ idéale.
La sixième étape, un boulevard de dunes de 300 kilomètres, devait permettre à l’architecte de poser la première pierre de son édifice.
Au sein d’une élite effectivement regroupée comme jamais (le Top 5 du général comprimé dans douze minutes à la journée de repos), Nasser entamait le trajet retour en cette deuxième semaine vers Yanbu, en tête.
Il fallait bien sûr tenir son rang dans la deuxième marathon-refuge, mais c’est encore au lendemain de cette épreuve délicate que la clé de voûte a été posée au sommet du monument.
Deuxième de l’étape derrière le pilote ‘privé, le=’excellent Français Mathieu Serradori, Nasser Al Attiyah a bel et bien pris le large…
Pour peaufiner la décoration de l’ensemble, le maestro des pistes a foncé vers Yanbu pour y remporter l’avant-dernière étape, pour le panache et l’histoire !

Cette 50ème spéciale record, décrochée hier ce vendredi 16 janvier 2026, le place maintenant aux côtés des géants, Ari Vatanen et Stéphane Peterhansel.
Une signature à la Michelangelo !
Les places à prendre sur le podium derrière la Dacia Sandrider N°299 ont également tourné au jeu des chaises musicales dans les derniers jours.

Henk Lategan, second en 2025 derrière Al Rajhi – qui a abandonné des le lancement du Dakar cette année – représentait la dernière chance de voir un Toyota Hilux au sommet, mais le sud-Africain a été battu par la mécanique dans la onzième étape, la faute à un fichu roulement de moyeu de roue arrière qui a cédé, alors que les douze minutes qui le séparaient d’Al Attiyah n’étaient pas un obstacle insurmontable.
Omniprésents tout au long du Dakar, avec six spéciales remportées en quatorze jours de course, les Ford Raptor ont toujours eu au moins un représentant dans le tiercé de tête.

À la veille de l’arrivée, déjà à Yanbu, Nani Roma a été héroïque pour sauver in extremis sa seconde place, après avoir cassé son train avant et obtenu de l’aide de plusieurs équipages pour rejoindre le bivouac en temps et en heure.
Pour la troisième marche à prendre, le match s’est joué jusqu’au bout, Mattias Ekström étant appelé à défendre sa place sur les 105 derniers kilomètres face à Sébastien Loeb, qu’il ne devançait que de 29’’.


Le Suédois a fait mieux que conserver l’accessit déjà acquis en 2025, puisqu’il termine son Dakar comme il l’avait commencé sur le prologue de Yanbu, par une victoire. Le Français finissant quant à lui pour la première fois le Dakar en dehors du Top 3, à 37’’.
Un peu plus loin derrière, mais dans des chronos qui n’ont jamais été aussi faibles à l’arrivée, les « Toy » doivent se contenter des trois dernières places du Top 10 avec Toby Price (8 à 52’), Seth Quintero (9 à 1h15) et Saood Variawa (10 à 1h23).


Quant au Français le Varois, Mathieu Serradori, il s’est quant à lui à nouveau invité au sixième rang qu’il occupait déjà l’année dernière, cette fois-ci avec une étape dans sa besace.
Du côté de ses anciens compagnons deux roues motrices, la bataille des Optimus de l’équipe MD Rallye est remportée par Simon Vitse (14ème) devant Christian Lavieille (20ème).
La catégorie Stock a vu cette année l’arrivée du constructeur Defender, dont l’entrée en piste a été victorieuse. Le Lituanien Rokas Baciuska s’est montré le plus rapide et atteint Yanbu avec près de quatre heures d’avance sur sa collègue Sara Price, tandis que les Toyota Land Cruiser ont réussi à se défendre avec Ronald Basso, trois du classement final.
Stéphane Peterhansel … ‘ Monsieur Dakar avec ses quatorze succès (six à moto- huit en auto) de retour cette année sur l’épreuve, a en revanche plus souffert qu’à son habitude et il ne boucle son 36ème Dakar qu’en quatrième position seulement de la catégorie Stock avec son Defender, et loin derrière ses deux partenaires.
François LEROUX
Photos : ASO DPPI – TEAMS














