
En fait, on ne s’attendait pas vraiment à ça mais les essais et l’hyperpole ont fait apparaître une hiérarchie asse surprenante.Tout le monde attendait les Ferrari ou les Toyota, mais c’est Cadillac qui a frappé fort. Très fort !A chaque séance chronométrée, c’est l’une des quatre ‘’Cad’’ qui s’est montrée la plus rapide et à chaque fois dans les derniers tours de la séquence.Cela semblait si bien réglé !En tout cas, tout le monde a été bluffé par la compétitivité des V-Series R des trois teams chargés de mener l’offensive US au Mans.Les deux voitures en première ligne sont gérées par les Anglais du Team Jotta qui semblent avoir énormément progressé ces derniers temps dans la compréhension générale de la voiture. 
Grâce sans doute aux datas fournies par les deux structures américaines, celle du Wayne Taylor Racing et du Cadillac Whelen Action Express, puisque la direction générale de l’opération a demandé une totale transversalité dans la préparation de la course mancelle. Et ça marche !Une première ligne est toujours bonne à prendre au Mans. Restera évidemment à mettre tout ça en musique pendant 24 heures.
Et c’est sans doute la plus grosse question.« Certes c’est une belle performance concédait le manceau Sébastien Bourdais qui pilote l’une des deux Cad ‘officielle, mais franchement, Ferrari s’est un peu moquée du monde. Pour les Toyota, il y a eu des erreurs de faites. Mais Ferrari ! Quand on voit ce que Yifei Yé peut faire hier au premier tour sur la piste pas gommée avec 45 ou 50 kg d’essence, et qu’il claque le premier chrono en 3’23’’ 9… A un moment donné, il faut arrêter. Moi je veux bien, ça fait de belles histoires mais vraiment, ils se moquent du monde ! »
Évidemment, Bourdais est de ceux à qui on ne la fait pas. Les Ferrari, même si elles sont un peu loin sur la grille rétabliront rapidement la situation…On verra bien que ‘comme par miracle !les trois belles Italiennes, elles auront retrouvé toute leur superbe sur la ligne droite des Hunaudières…Ah la BOP !!!Alors forcément, impossible de ne pas imaginer un terrible duel entre les ambitieuses américaines et les tenantes du titre.Pour les nostalgiques, cela évoquera évidemment une immense page de l’histoire des 24 Heures, avec le duel Ferrari-Ford au milieu des années soixante.Impossible de ne pas y songer quand on contemple cette très américaine première ligne, comme en 1967 avec les Ford MK IV devant les somptueuse P4 de la Scuderia.General Motors a remplacé Ford mais ça sera quand même avant tout un match ‘USA-Italie. 
Toyota et Porsche en embuscade
N’allez surtout pas croire que tout se jouera entre les deux protagonistes, Cadillac-Ferrari.Car derrière, personne ne laissera sa part. Et surtout pas les Japonais de Toyota qui effectivement ont réalisé sans doute la pire séance d’essais de la carrière en course des GR010.Rarement on aura vu les nippones autant dans l’embarras.Paradoxalement c’est le désir d’être très haut sur la grille qui aura poussé le très, très expérimenté Suisse, Sébastien Buemi à la faute.Durant les séances d’essais, on a vu que l’ajustement de la BOP, leur avait été favorable, bien plus en tout cas qu’à Spa.Une gestion de course rigoureuse, un pilotage homogène, et deux ou trois gouttes de chances, on devrait retrouver les deux protos du ‘Soleil Levant aux avant-postes à l’heure du money time.En tout cas, ils seront un outsider à ne surtout pas négliger tant leur expérience est immense.Tout comme Porsche. Comme les Cadillac, elles sont quatre les allemandes, comme les Cadillac elles semblent avoir retrouver une belle allure en revenant dans la Sarthe, comme Toyota, les gestionnaires sportifs et technique de la marque sont de spécialistes de l’épreuve…Pourtant, les trois Penske pour rapides qu’elles soient ne semblent pas traverser la mer de la Tranquillité.Le déclassement aux essais de la voiture de l’équipage Estre-Vanthoor-Campbell, le petit pépin de liaison au sol d’Andlauer, et une retenue sans doute un peu tactique, ont mis un bémol à la cote des voitures de Stuttgart.Mais sans doute que lorsque Roger Federer abaissera le drapeau ce samedi à 16 heures, on reverra des 963 ragaillardies. 
BMW et Alpine dans l’allure…
Au rang des outsiders à suivre de près, deux marques sortent du lot : BMW et Alpine.Les munichoises ont démontré lors des séances d’essais qu’elles pouvaient jouer avec les meilleurs. Mais en regardant de plus près les gestions de course lorsque s’abaisse le drapeau, elles connaissent souvent des vies sportives agitées.On a vu par exemple à Spa, un Robin Frijns très dur sur l’homme. Les pilotes Alpine et même Ferrari en gardent quelques souvenirs assez désagréables.Les problèmes de freins de 2024 ont été résolus mais on doute un peu de la fiabilité des deux BMW M Hybrid V8 pourtant si véloces.Pour Alpine, qui surfe sur les très belles performances récentes – deux troisièmes places à Imola et à Spa – on semble bien plus serein que du côté de Munich.Tout, ou presque, a été mis en place pour rester dans le sillage des leaders. La ‘A 424 en est capable. Les points d’interrogations seront évidemment la fiabilité, et la gestion des pneumatiques.Côté consommation, tout semble être dans le bon créneau mais au Mans, souvent des surprises sont à attendre…
Peugeot aurait besoin de conditions de course difficiles pour effectuer une remontée.La marque française est à la peine. A des lustres, en tout cas de sa gloire passée et de son statut sportif. Il faudrait quand même une bonne prestation car on imagine que du côté du board de Stellantis, on commence à regarder de très près si l’investissement effectué peut espérer à terme un retour gratifiant.Déjà, en termes d’image, on frôle la catastrophe à moins d’une honorable prestation dans la Sarthe. Il serait quand même dommage de ne pas profiter de l’immense travail déjà réaliser et ce … depuis trois ans tout de même !Mais il ne faut pas se faire trop d’illusion, cette édition-là de la plus grande course du monde semble être devenue un Everest pour les Lionnes. 
Pour les petites dernières, les Aston Martin, personne n’osera mettre un kopeck sur les belles vertes.Pourtant, elles ont une cote immense côté public. Leur feulement, leur dessin, la magnifique histoire de la marque déclenche un immense courant de sympathie.Mais la sympathie n’a jamais fait gagner Le Mans.Soyons patient. Mais la route sera longue. Au moins autant que ces rudes 24 Heures du Mans. Jean-Michel LE ROYPhotos : Thierry COULIBALY – Paulo GALEGO – Willy CHANTELOUP ]]>










