Depuis que le Championnat du Monde de F1 existe, c’est-à-dire depuis 1950… soit 74 ans, 130 écuries concourent ou ont concouru dans la catégorie reine du sport automobile.Une discipline qui entretemps a connu au cours de sept décennies, un développement tel, qu’elle figure aujourd’hui avec les JO et le football, parmi les évènements sportifs les plus prisés de la planète.Si au cours de son existence la F1, a vu des écuries s’établir dans la longue liste de constructeurs en tout genre à ce jour, les trois fleurons au niveau ancienneté sont FERRARI, Mc LAREN et WILLIAMS, avec respectivement 1.053 GP, 925 GP et 806 GP au compteur et comme premier de classe la maison FERRARI, présente en effet depuis l’origine du Championnat du Monde en 1950.Au cours des sept dernières décennies écoulées, la F1 a cependant aussi connu des teams éphémères, parmi lesquels certains comme BUGATT I(1956), FERGUSON (1961),MONTEVERDI (1990), POLITOYS (1972), REBAQUE (1979), n’allèrent pas au-delà du ‘’one shot’’ un seul GP et sans même être qualifié comme ce fut le cas avec MASTER CARD LOLA au GP d’Australie en 1997 et après quoi on préféra tirer le rideau !
LIFE, LA PIRE DES ÉCURIES QUE LA F1 A CONNU!
En 1989 une nouvelle écurie sous l’appellation LIFE vit le jour dans l’espoir d’intégrer le pinacle du sport automobile, avec aux commandes un trio de passionnés mais malheureusement aux idées courtes, comme il s’avéra par la suite, en s’implantant d’abord comme motoriste en F1 sous l’enseigne de LIFE RACING ENGINESA la tête du projet on retrouvait Ernesto VITA (qui signifie en français ‘’ vie ‘’ d’où la traduction anglaise ‘’life’’) le fils d’un riche homme d’affaires, originaire d’Emilie-Romagne et tifosi invétéré de la Scuderia FERRARI, dont il était voisin près de Modène.C’est d’ailleurs avec un ancien ingénieur motoriste de la Scuderia entre 1949 et 1974, Franco ROCCHI, qu’il créa un atelier semi-artisanal pour commencer à développer un moteur en W de 12 cylindres avec l’espoir de pouvoir le commercialiser, un concept totalement hasardeux dès le départ et qui ne trouva écho auprès d’aucune autre écurieErnesto VITA et Franco ROCCHI furent ensuite rejoints par Gianni MARELLI, un autre ancien ingénieur de chez FERRARI, entre 1966 et 1971 et par ZAKSPEED ensuite en 1985 avant qu’il ne crée son propre bureau d’étude et de design et a qui fut dévolu la tâche de développer un projet visant la construction d’un propre châssis auquel viendrait se greffer l’unité de puissance conçue dans leurs ateliers à l’image de la célébrissime écurie voisine de palier à Modène, la Scuderia FERRARI mais dont ce nouveau team n’aura eu au mieux que la couleur rouge et les pneus Goodyear en commun .
Concernant la construction du châssis c’est précisément Gianni MARELLI qui devait s’en charger et qui en croisant sur son chemin, l’ancien pilote Lamberto LEONI propriétaire du Team FIRST RACING en F3000, visait également son passage en F1 avec un châssis siglé L89 directement dérivé de la MARCH 88B de F3000 mais qui ne passa pas l’obstacle des crash-test imposé par la FIA nécessaires à l’obtention de l’homologation, ce qui incita un LEONI résigné face à cet échec à céder son projet à LIFE intéressé par ce que l’on croyait être une aubaine.On s’attela ensuite chez LIFE à modifier le châssis FIRST RACING afin de l’adapter aux spécificités du règlement technique en vigueur à cette époque en F1, ce qui fut tout sauf une sinécure pour obtenir le feu vert de la FIA.L’ancien designer Brésilien Richard DIVILA, concepteur des COPERSUCAR Brésiliennes des frères FITTIPALDI en F1, avant de travailler pour le FIRST RACING de LEONI, entre autres sur le châssis L89, n’hésita pas de mettre en garde Ernesto VITA de la dangerosité de cette mixture technologique. CONCEPT FARFELU
Pour aborder la saison de F1 1990, le Team néophyte LIFE après avoir recruté Gary BRABHAM, le deuxième fils de Sir Jack BRABHAM d’abord et ensuite l’talien Bruno GIACOMELLI ne réussit jamais au cours de ses quatorze tentatives de franchir le cap des pré-qualifications d’un GP devenant même la risée de tous à chaque tentative.Lors du premier essai au GP des USA à Phoenix, Gary BRABHAM tournait tout simplement… 30 secondes moins vite que celui qui le précédait et après 1 tour de piste, le moteur LIFE qui affichait à peine 375 cv contre 700 cv pour les plus puissants, avait explosé!Au GP du Brésil, ce fut pire encore puisque le moteur cassa dans la voie des stands en s’élançant pour son premier tour après quoi l’Australien préféra jetait l’éponge….
Son successeur au volant le gentil Italien Bruno GIACOMELLI qui n’avait plus roulé en F1 depuis … sept ans, oui … 7 années, ne fut guère plus heureux puisque durant ses douze tentatives de pré qualifier le ‘canasson, il se retrouva toujours dernier de cordée et avec des écarts qui ne justifiaient même pas la présence de l’écurie à court de budgets en F1.A un certain moment, on vit même les six mécaniciens de l’équipe bricoler sur la LIFE ornée d’un autocollant avec l’emblème de L’Union Soviétique et le monogramme ‘’PIC’’, pour PILOWSKI I.C., un consortium Soviétique impliqué dans l’armement et l’aérospatiale et qui avait prévu d’injecter 20 Millions de $US pour sa promotion, en espérant faire de la LIFE .. une bombe ou une fusée !Un rêve qui ne devint cependant jamais réalité et qui finalement se limita à un autocollant comme leurre…
Le malheureux et infortuné GIACOMELLI dut faire face à quelques gros affronts comme au GP d’Angleterre à Silverstone, où il ne parvint pas à boucler un tour en moins de 4 minutes ou encore au GP d’Imola où il effectua un tour avec une boîte de vitesse bloquée dans le 3ème rapport en 7 minutes et 22 secondes à la moyenne de 41 Km/h, c’est-à-dire, moins vite que celle d’un coureur cycliste pro sur le même tracé !Avec de telles performances, LIFE avait le niveau d’une bonne F3 !Après un problème de capot moteur dont il fut victime à Estoril lors du GP du Portugal où LIFE utilisait pour la première fois un moteur JUDD et où il resta bloqué dans la sortie des stands ainsi qu’une dernière humiliation sur le Circuit de Jerez lors du GP d’Espagne, où il se situait à plus de 20 secondes du dernier pré qualifié, cela signifia le glas pour l’écurie LIFE, prisonnière en permanence de son incompétence avec une fantomatique LIFE L190 qui restera probablement gravée pour toujours dans les annales de la F1, comme l’opération la plus farfelue de l’histoire de la catégorie reine ! Manfred GIETPhotos : Publiracing Agency ]]>










