Le contentieux était en instruction depuis près de 7 ans !A la suite du Fiasco d’Autolib et la décision d’Anne Hidalgo, la maire de Paris entrainant avec elle les communes de l’Ile de France, de mettre fin au système Autolib, la maire de Paris et des maires du Grand Paris vont devoir dédommager le Groupe Bolloré, propriétaire d’AutolibLesquelles utilisatrices du service Autolib, vont devoir verser 66 millions d’€ au groupe de Vincent Bolloré.
Cette fois la cour administrative d’appel de Paris a précisé, dans un jugement rendu il y a quelques jours le vendredi 21 février 2025, que le groupe Bolloré devrait être indemnisé à hauteur de 66 millions d’€ par la ville de Paris et les communes du Grand Paris qui avaient utilisé le service d’autopartage AutolibAutolib demandait en effet depuis plusieurs années réparation pour l’énorme préjudice subi et ce à la suite de la résiliation du contrat en 2018 par le SMAVM (Syndicat Mixte Autolib Vélib Métropole)Autolib’ gérait 3 907 véhicules répartis dans 1100 stations.
UN PEU D HISTOIRE…
Lancé en 2011, Autolib’ devait au départ dégager un bénéfice d’au moins 56 millions d’€ par an, suite à l’utilisation des milliers de petites Bluecars électriques disponibles en l’Ile-de-France.Mais très vite le Groupe Bolloré avait annoncé un léger, puis un lourd déficit, et ce malgré 150.000 abonnés!Du coup, dés 2018, Autolib’ avait notifié au syndicat mixte, le défaut d’intérêt économique de la concession et lui avait demandé le versement d’une compensation financière de la coquette somme de… 233,7 millions d’€.Comme on peut aisément l’imaginer, le syndicat mixte a naturellement refusé de régler et s’est tout simplement contenter de résilier le contrat le 25 juin 2018. Se moquant entre parenthèse complétement des usagers utilisateurs et abonnés d’Autolib !!!Raison pour laquelle le groupe Bolloré, l’a alors attaqué en justice. Il a perdu en première instance en 2023, réclamant à l’époque 235 millions d’€.Mais vendredi dernier 21 février 2025, surprise… coup de théâtre, la Cour d’appel ayant finalement donné raison au groupe Bolloré, en confirmant que des clauses du contrat Autolib’, prévoyant la prise en charge par le SMAVM des pertes d’exploitation supérieures à 60 millions d’€, étaient bien applicables!La Cour a relevé que les manquements de la société Autolib’ ne sont pas à l’origine du défaut d’intérêt économique de la concession, lequel est essentiellement dû à une prévision de chiffre d’affaires excessivement optimiste lors de son lancement. Toutefois, elle constate que tant la société Autolib’ que le SMAVM ont tardé à réagir aux difficultés de la concession.La Cour estime que la société Autolib’ aurait dû notifier au plus tard le 30 novembre 2013, le défaut d’intérêt économique du service d’autopartage, ce qui aurait permis de résilier la concession et donc d’arrêter les frais dès le 31 décembre 2013.La Cour en déduit qu’Autolib’ peut prétendre à l’indemnisation du déficit cumulé de la concession excédant 60 millions d’€ jusqu’à fin 2013 seulement.
Le SMAVM devra donc désormais verser, assortis des intérêts, 44,9 millions d’€ en compensation de ces pertes, 13 millions d’€ pour les bornes de recharge des véhicules, et 8,2 millions d’€ pour les coûts de résiliation des contrats qu’avait conclu Autolib’ avec des fournisseurs.Voila donc la conclusion d’une bien pénible affaire dont les premiers pénalisés restaient tout de même les utilisateurs… Reste que la mairie de Paris entre autres, principale mairie a avoir choisi Autolib’ va devoir régler la note et ce sont donc les Parisiens qui vont devoir payer l’ardoise.Merci madame Hidalgo … Gilles GAIGNAULTPhotos : AUTONEWSINFO [caption id="attachment_487380" align="aligncenter" width="600"]
VINCENT BOLLORÉ ET GILLES GAIGNAULT[/caption] 










