TRISTE SOUVENIR CE 14 JANVIER

En ce mercredi 14 janvier 2026, une bien triste date que cette journée…
Avec la célébration du quarantième anniversaire de la disparition du ‘père créateur du Rallye Paris-Dakar – c’était son nom à l’époque – l’inoubliable Thierry Sabine.
Mort le 14 janvier 1986, au nord du Mali, du coté de Gourma Rhaous, lors de l’accident de son hélicoptère.
Drame survenu à la fin de la douzième étape, celle entte Niamey, la capitale du Niger et Gourma Rharous, au Mali, après une halte à Gao.
Et ce en compagnie du chanteur Daniel Balavoine, du chargé de la radio, Jean-Paul Le Fur, de la journaliste Nataly Odent, sans oublier le pilote François-Xavier Bagnoud – le fils de la productrice-écrivain Albina Duboisrouvray.
Donc clin d’œil à l’histoire, ce mercredi 14 janvier 1986, car ce sont deux Français qui brillent et remportent les deux spéciales du jour, à moto pour le nordiste Adrien Vanbeveren et en auto pour le sudiste Mathieu Serradori !!!
SERRADORI ENFIN VICTORIEUX…

C’est un homme de coups d’éclat, mais pas seulement. … À l’époque de sa première victoire de spéciale en 2020, Mathieu Serradori qui avait aussi brillé l’été sur le Silk Way Rally Russe, jouait le rôle du petit David capable de dégommer Goliath une fois de temps en temps, roulait en deux roues motrices par romantisme en déclamant des poèmes de Jean-Louis Schlesser, et n’inquiétait pas grand monde parmi les favoris les plus en vue.
Le Varois qu’épaule son copilote Loïc Minaudier a désormais changé de dimension et a terminé l’année dernière son meilleur Dakar en sixième position au général, après être passé au 4×4 T1+ dans son CR7.
Le Varois (46 ans) et son navigateur, l’Aveyronnais Loïc Minaudier (38 ans), décrochent ce mercredi 14 janvier 2026 leur première victoire d’étape commune sur le Dakar !
Cette année, il s’est montré par intermittence, et frappe enfin en ce mercredi 14 janvier, son grand coup de la quinzaine sur les 420 km de la spéciale de Bisha.
Au classement de la spéciale du jour, il devance tout de même Al Attiyah … de plus de six minutes et du coup Mathieu fait un bond de quatre places au général où il pointe il maintenant au cinquième rang, à 33’ du ‘Maitre Qatari… avec les grands !
HEUREUX, il confiait :
« On n’a pas laissé grand-chose sur la piste aujourd’hui ! J’étais en colère ce matin et on est parti un peu trop vite sur les 30 premiers kilomètres, et Loïc m’a dit qu’on ne finirait pas si on continuait sur ce rythme-là, il a bien fait. Celle-là il me la fallait, ça me fait vraiment du bien. On a gagné trois fois le Dakar en deux roues motrices et aujourd’hui on prouve que Century a été capable de nous faire une voiture capable de rivaliser, avec beaucoup de fiabilité. C’est Noël, c’est génial ».

Du coup à chaque jour un vainqueur nouveau, un pilote différent. Un leader chasse l’autre et chez les constructeurs tous gagnent à tour de rôle !
Dans l’optique de la victoire finale, le vrai gagnant de l’étape marathon reste malgré tout .. Nasser Al Attiyah, qui a frappé fort dans les dunes et a repris la tête du classement général provisoire, tout en éloignant la concurrence dans des proportions intéressantes.
Alors que le podium provisoire se tenait hier en 1’10’’, le pilote Dacia a maintenant douze minutes d’avance sur son premier poursuivant le sud-Africain Henk Lategan qui n’a pas été épargné par les pépins (panne d’essence, erreur de nav’) !

Henk Lategan termine six du jour à plus de 13 minutes après une série de mésaventures. Au général, le Sud-Africain est second à 12 minutes de Nasser Al Attiyah malgré tout.

Il indiquait, lui :
« Je ne sais plus quoi dire. Tout ce qui pouvait mal se passer s’est mal passé sur cette course. On a perdu la direction assistée hier, on tombe en panne d’essence aujourd’hui avant de se perdre deux fois en manquant des way points, c’est pas comme ça que l’on va gagner le Dakar. Toby m’a dépanné, Seth s’était arrêté ce matin pour assurer mes arrières, j’ai des super coéquipiers, une super auto, mais pas de chance. Je suis vraiment, vraiment agacé par cette course. Tout ce qui m’est arrivé sur mes précédentes participations m’est arrivé en une seule fois sur cette édition, c’est incroyable. »
Nasser devance de 12’50’’ l’Espagnol Nani Roma qui se maintient sur le podium provisoire.

Le pilote Ford Raptor qui déclarait :
« On a ouvert une partie de la spéciale avant de commettre une erreur et on a dû chercher un point pendant 7 ou 8 minutes. C’est tellement difficile d’ouvrir dans les dunettes. On est content d’être là, on sait que l’on a perdu du temps. Je suis fatigué, j’ai mal au dos, aujourd’hui j’ai vraiment souffert. Mais cela fait partie du jeu. »
Le podium, c’est un objectif que peut à nouveau viser la deuxième Dacia Sandrider… celle de Sébastien Loeb, qui se retrouve quatrième à 23 minutes de son équipier Qatari, en profitant notamment des déboires simultanés des deux autres pilotes Ford, Carlos Sainz et Mattias Ekstrom.

L’Alsacien gagne deux places au général aujourd’hui et revient au pied du podium qui déclarait :
« Cela s’est mieux passé que sur la première partie de la marathon. On a bien roulé dans la spéciale. On fait une ou deux erreurs de nav’. Sur des way points, on a tourné un petit peu, on a changé des roues, un décoincement et une crevaison lente que je trainais depuis 80 km et que j’ai changé à 20 de l’arrivée. Globalement encore une spéciale compliquée, il fallait la finir correctement, ce que l’on a fait. On voit bien que ce sont des spéciales difficiles, il peut y avoir des écarts. De notre côté, ce que l’on a à faire, c’est de continuer à rouler correctement, et on verra bien. »
Quant à Carlos Sainz, deux du général à moins d’une minute de son coéquipier Nani Roma ce mercredi matin, ‘El Matador arrive à Bisha en septième position seulement du général et de retrouve à plus de 39 minutes.
« Nous n’avons pas réussi à trouver un way point. Nous ne l’avons pas trouvé, donc nous avons perdu 15 minutes. Nous avons tourné, tourné. C’est difficile pour nous. »

MOTOS SABLES É(MOUVANTS) POUR VAN BEVEREN ET SANDERS

Il n’est donc pas invincible. La saison 2025 réalisée par Daniel Sanders, conclue par un titre de champion du monde dans la foulée de sa victoire au Dakar, pouvait laisser croire que la grande boucle Yanbu-Yanbu serait parcourue comme un boulevard par l’Australien sur sa KTM.
Le favori pour la défense de son titre respectait d’ailleurs un plan de marche cohérent et trônait au sommet du classement général avec plus de 6 minutes d’avance sur Ricky Brabec au classement général provisoire ce matin.

Mais malgré sa maitrise technique, son physique des plus robustes et son aptitude éprouvée à la navigation à grande vitesse, tout a changé au kilomètre 138, où il s’est chiffonné l’épaule gauche sur une chute.
En serrant les dents « Chucky » a rejoint l’arrivée mais a perdu près d’une demi-heure.
Suite à cette chute dans les dunes, le vainqueur de l’édition 2025 voit très certainement dorénavant tous ses espoirs de victoire s’envoler!

Le pilote Red Bull KTM souffre en effet d’une fracture de la clavicule et de douleurs au sternum

Si le leader des Red Bull KTM Factory Racing voit son doublé très largement compromis car désormais quatre à 7’31’’, la victoire 2026 n’échappera pas nécessairement au clan Autrichien.

Parti en neuvième position et auteur d’une spéciale qu’il aurait presque pu s’offrir, Luciano Benavides reste en effet dans le match.
Le prestigieux Trophée Touareg à conquérir dans trois jours lui fait réellement de l’œil. Mais pour parvenir à le soulever sur le podium final, l’Argentin devra combler un retard de cinquante six secondes – ce qui est facile – et gagner un match totalement incertain face à Ricky Brabec, son rival chez Monster Energy Honda HRC.
Recrédité du temps perdu, très exactement 1’38”, pour s’être arrêté porté secours au leader Daniel Sanders, victime d’une chute au km 138 de cette dixième étape remportée par la Honda du Français Adrien Van Beveren, le pilote Américain Ricky Brabec qui roule lui aussi pour Honda, présent au moment de la chute, Ricky Brabec s’est immédiatement arrêté pour porter assistance à son rival, en l’aidant même à relever sa moto et à repartir.
Suite à cet incident, il récupère la tête du général provisoire devant le pilote KTM Luciano Benavides qu’il devance de 56” !
L’Argentin lâchait :
« Une journée folle. Je ne suis pas très content car j’ai commis une grosse erreur en me bloquant 5 minutes dans une dune après le ravitaillement, j’ai pensé que mon Dakar était fini. Bradley Cox et Neels Theric m’ont aidé à sortir la moto, je les remercie. Aujourd’hui était l’occasion de gagner du temps et au final je perds cinq ou six minutes. J’ai aussi sauté la même dune que Daniel, j’ai failli chuter. Pas le meilleur jour pour lui, j’espère qu’il pourra rester en course. Je vais essayer de faire la même chose que ce que j’ai fait depuis le début, donner le maximum chaque jour. »

L’étape du jour a sacré Adrien Van Beveren, qui a connu des hauts et des bas depuis le départ de Yanbu. Cette année, son sommet a donc été gravi sur la route de Bisha, en s’offrant une spéciale le jour où le bivouac rendait hommage à Thierry Sabine, le créateur du Paris-Dakar mais aussi de l’Enduro du Touquet, l’épreuve sur laquelle Adrien s’est révélé en s’imposant à trois reprises (2014-2015-2016).
Lui, savourait ce succés :
« Ça fait du bien car c’est un Dakar particulièrement difficile. Cette victoire est importante pour moi. »

Avant d’enchainer et de préciser:
J’ai roulé très vite sur mon terrain de jeu favori. Je me suis régalé dans ces dunes et ces sables mouvants où ça demande un pilotage très technique. J’ai roulé très vite là-dedans. Comme quoi, il ne faut jamais lâcher. C’est dur pour Daniel Sanders, qui s’est sans doute classé la clavicule. »
En plus de sa septième spéciale sur le Dakar, le Nordiste gagne en prime une place au général, le voilà sixième.
François LEROUX
Photos : ASO DPPI – TEAMS
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