
Oliver Solberg est sur le point de devenir le plus jeune vainqueur de l’histoire du Rallye Monte-Carlo après avoir survécu à un samedi dramatique qui s’est conclu par une étape bordée de fans au cœur de Monaco.
Le pilote âgé de 24 ans – il est né le 23 septembre 2001 – recruté cette année par l’équipe Toyota Gazoo Racing au sein de laquelle il a succédé à l’ancien double Champion du monde, le Finlandais Kalle Rovenperä – parti s’aventurer vers une autre et seconde carrière en monoplace qu’il entame au lointain Japon – possède une avance confortable de 59,3 secondes avant la dernière étape de ce dimanche.
Et, s’il parvient à convertir cet avantage en victoire, il battra le record que détient l’actuel nonuple Champion du monde WRC, le Français Sébastien Ogier, établi en 2009 lors du premier de ses dix succès, pour devenir le plus jeune vainqueur de l’histoire de cette épreuve mythique qu’est le rallye Monégasque !
L’étape de ce samedi s’est conclue par l’ES13, une super spéciale disputée sur une portion du circuit qu’empruntent chaque printemps les pilotes de F1 à l’occasion du Grand Prix de Monaco.
Il s’agissait de la première spéciale WRC disputée au cœur de la Principauté depuis 2008.
Les spectateurs les plus audacieux, bravant une pluie torrentielle, ont grimpé aux points de vue le long du port, tandis que le vrombissement des voitures de rallye résonnait entre les yachts et les tribunes.
Plus tôt dans la journée, le rallye de Solberg avait pourtant bien failli tourner au fiasco au deuxième col de La Bréole-Bellaffaire !
Dans des conditions changeantes, le jeune Suèdois a été surpris par une plaque de neige et sa Toyota Yaris a glissé à travers une clôture pour finir sa course dans un champ enneigé…
Mais le leader de ce Monte Carl’ 2026, est miraculeusement parvenu à réussir à maintenir sa GR Yaris Rally1 en mouvement, à rejoindre la route et, ensuite chose remarquable… à signer le meilleur temps de cette spéciale 12, La Bréole-Bellaffaire longue de 29,93 km !!!
Au point-stop, il expliquait :
« Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai été si prudent tout au long de l’étape »
Et de rappeler :
« J’ai essayé de suivre les ornières et à la sortie, il n’y avait plus que de la neige. J’ai eu beaucoup de chance de m’en sortir. »
Avant de lâcher, ajoutant encore :
« La journée a été fantastique, et la semaine aussi jusqu’à présent. C’était vraiment compliqué, bien sûr, comme tout le monde a pu le constater. Je pense que tout le monde a eu un petit coup de mou, mais je suis bien placé. On verra demain car ça va probablement être une autre journée folle. »

Derrière le leader, la lutte pour les places restantes sur le podium s’est intensifiée entre ses deux coéquipiers chez Toyota.
Le Gallois Elfyn Evans a consolidé sa deuxième place au classement général provisoire :
« C’était vraiment mauvais et difficile. Il pleut énormément en plus et ce n’était pas idéal. Vu le reste du rallye, je suppose que demain ne sera probablement pas facile »
Rappelons qu’il compte désormais 26 secondes d’avance sur Sébastien Ogier, décuple vainqueur du Monte-Carlo.

Le Français avait mis la pression plus tôt dans la journée en remportant l’ES10, le premier passage dans La Bréole-Bellaffaire et ses 29,93 km.
Mais curieusement le Gapençais a opté pour une approche bien plus prudente l’après-midi au deuxième passage, la neige ayant laissé place à de la neige fondue et de la boue.
Il conserve sa troisième place à 1’25.3 !
Seb confiait :
« Non, je n’ai pas fait le show. Beaucoup de neige encore demain. Je ne suis pas impatient de rouler. Avec ce pneu, personne n’a envie de l’utiliser. »

Derrière ce trio Toyota, désormais quasiment assuré des trois places du podium ce dimanche en Principauté, l’autre pilote tricolore, Adrien Fourmaux est resté le meilleur pilote Hyundai, conservant sa quatrième place au classement général provisoire après une journée exigeante passée à gérer l’adhérence dans des ornières profondes … mais loin des trois leaders pointant ce soir à 6’02.9 de Solberg.
Lui, il déclarait :
« Aujourd’hui a été une journée incroyable. Des spéciales très exigeantes, mais la neige était magnifique ce matin et c’était très agréable à piloter. Quand il y avait de la neige fraîche, c’était amusant, mais dès qu’il y a de la neige fondue, des ornières, des traces, ça devient très délicat. J’ai fait de mon mieux pour avoir confiance en la voiture ; ce n’est pas encore tout à fait le cas, et nous avons un peu de mal, mais ça fait partie du jeu en rallye. Je voulais faire un bon chrono à Monaco, et nous avons réalisé le meilleur temps, donc je suis content d’avoir au moins une victoire d’étape ! »

De son côté l’ancien Champion du monde 2024 sacré en 2024 et lauréat cette même année ici du Monte Carlo, son coéquipier Belge Thierry Neuville est remonté à la cinquième place, malgré la perte de temps suite à un tête-à-queue dans l’ES12, se retrouvant tout de même à 7’23, au général.
Il indiquait :
« C’était bien de terminer la journée à Monaco, un grand bravo aux organisateurs pour cette super spéciale. Il faut qu’on fasse plus d’événements comme celui-ci pour rendre le rallye accessible au public. C’est un immense succès ce soir avec des tribunes combles, malgré la pluie battante ! Le spectacle était génial. Je suis content que la journée soit terminée et j’ai hâte d’être à demain. Notre priorité sera de boucler les spéciales en toute sécurité. Je pense que ce sera potentiellement l’étape la plus difficile jusqu’à présent, car il n’y a pas de place pour l’erreur sur ces routes. Tout peut encore arriver. Ce rallye est loin d’être terminé. »
Malgré une crevaison en début de course, Jon Armstrong avec la première des Ford Puma M-Sport a continué d’impressionner pour ses débuts en Rally1, terminant la journée sixième au classement général provisoire.

En revanche, la déception était palpable pour Hayden Paddon. Le Néo-Zélandais s’était concentré sur la survie jusqu’à l’ES12, où il a glissé hors de la route et s’est retrouvé embourbé dans un champ, chutant à la treizième place.
Dans cette même spéciale, Sami Pajari a également abandonné après avoir percuté un arbre.

A retenir que le Français Léo Rossel, leader du WRC2, occupe une belle septième place du classement général provisoire.
Lui indiquait :
« C’est vraiment très glissant. Demain sera une longue journée. Je dois juste me concentrer sur mon pilotage. Je ne sais pas ce que donnera la météo au Turini. Je suis juste content de mon rallye pour le moment. La voiture est parfaite dans ces conditions. »
Il précède avec sa Citroën WRC2, la seconde Ford Puma M Sport de Grégoire Münster, suivi de la Toyota du Japonais Takamoto Katsuta, qui est remonté à la neuvième place après des problèmes de direction assistée vendredi.
Signalons que le Russe Nikolay Gryazin ayant abandonné lors de l’ES12, Roberto Daprà complète le Top 10.
L’ultime journée finale de ce dimanche comprend quatre spéciales et 71,9 kilomètres de compétition, dont deux passages sur le légendaire Col de Turini.
Parcours toujours redouté et redoutable, où tout peut toujours arriver…

Oliver Solberg conserve néanmoins près d’une minute d’avance avant une dernière journée qui promet d’être encore très délicate, car ce samedi soir, le col du Turini est couvert de neige !
Mais franchement au vu de son pilotage ces trois derniers jours depuis le départ jeudi, Oliver Solberg mérite de triompher et de remporter ce Monte Carlo 2026 qu’il a chaque jour largement dominé !
Il concluait la journée en lâchant :
« Il pleut tellement et il y avait tellement d’eau. Je n’ai pas fait un super donut pour cette ultime ES. C’était une journée fantastique, et un rallye fantastique jusque là. Je pense que tout le monde a eu des petits problèmes un peu partout, mais je suis bien placé. On verra bien demain, et ce sera encore une journée folle. »
Claude JULIAN
Photos : ACM – TEAMS

LE CLASSEMENT GÉNÉRAL PROVISOIRE SAMEDI 24 JANVIER 2026
1 – Solberg-Edmondson (Toyota GR Yaris Rally1) en 3h16’34″1
2 – Evans-Martin (Toyota GR Yaris Rally1) à 59″3
3 – Ogier-Landais (Toyota GR Yaris Rally1) à 1’25″3
4 – Fourmaux-Coria (Hyundai i20 N Rally1) à 6’02″9
5 – Neuville-Wydaeghe (Hyundai i20 N Rally1) à 7’23″0
6 – Armstrong-Byrne (Ford Puma Rally1 M-Sport) à 10’03″9
7 – Léo Rossel-Mercoiret (Citroën C3 Rally2) à 10’57″7
8 – Munster-Louka (Ford Puma Rally1 M-Sport) à 11’29″3
9 – Katsuta-Johnston (Toyota GR Yaris Rally1) à 11’36″9
10 – Daprà-Guglielmetti (Skoda Fabia RS Rally2) à 12’25″6
11 – Camilli-De La Haye (Skoda Fabia RS Rally2) à 12’51″0
12 – Pelamourgues-Pouget (Hyundai i20 N Rally2) à 15’44″5
13 – Paddon-Kennard (Hyundai i20 N Rally1) à 15’48″4
14 – Ingram-Kihurani (Toyota GR Yaris Rally2) à 17’17″7
15 – Yamamoto-Fulton (Toyota GR Yaris) à 23’57″5
[/mepr_show]











