Le duel entre Sébastien Loeb et Carlos Sainz s’est poursuivi lors de la neuvième étape de la 46ème édition du Dakar.Après l’avance de l’Espagnol d’Audi hier, dans les 417 kilomètres chronométrés qui menaient aujourd’hui de Ha’il à AlUla, Loeb a encore raccourci les distances.En effet, en remportant à nouveau la victoire, sa quatrième victoire d’étape sur ce Dakar 2024, le nonuple Champion du Monde WRC, s’est rapproché à vingt minutes et demie du leader Sainz, donc à trois spéciales de la fin des hostilités, tout est encore possible pour le pilote Alsacien de l’Hunter BKR.
Semée d’embûches, notamment en termes de navigation, l’étape du jour n’a pas surpris Loeb et son navigateur Fabian Lurquin. Parti dixième, suite aux problèmes rencontrés hier, l’équipage du Bahrain Raid Xtreme a immédiatement pris la tête du classement.Loeb, super motivé au volant du buggy Prodrive, a littéralement dansé sur les dunes d’Arabie Saoudite, étant le plus rapide à chaque ‘Waypoint.Loeb qui expliquait : « Ça n’a pas été si simple, on a crevé deux fois dans la première moitié de la spéciale donc il a fallu faire attention après. En dehors de cela, on a bien roulé, on n’a pas fait d’erreur, on a essayé de trouver un bon rythme. On a fait une belle spéciale, pas de problème, les crevaisons c’est embêtant mais cela fait partie du jeu. On fait le boulot, on verra bien, il reste des spéciales, des kilomètres. On va essayer. À la régulière, pour gagner ce sera compliqué. Mais il y a la navigation, les crevaisons, plein de choses. Bon, les crevaisons ne sont pas en ma faveur non plus, il a fallu faire attention aujourd’hui mardi. De toute façon, il n’y a pas à regarder ce que fait Carlos, on verra où on en est. Les trois Audi ? Je n’ai pas à m’occuper des autres, je fais ma course, mon boulot. »
Le travail d’équipe mis en œuvre par les pilotes Audi n’a rien pu faire. Mattias Ekström et Stéphane Peterhansel, respectivement premier et deuxième à affronter l’épreuve, ont ouvert la voie en tentant de dégager la piste à Sainz.Navigué par Lucas Cruz, l’Espagnol a cependant immédiatement perdu le contact avec Loeb, pour ensuite récupérer des minutes à mi-étape en raison des crevaisons subies par le Français.Finalement, dans les 100 derniers kilomètres, Loeb repart et Sainz, lui abandonne un peu plus de quatre minutes à l’arrivée à AlUla.Carlos Sainz, lui confiait simplement :« Je suis content de cette étape. C’était stressant dans la voiture avec la navigation. Nous travaillons à trois en équipe, nous avons du soutien. »
Troisième place au classement général pour un autre Français, Mathieu Serradori et son navigateur Loïc Minaudier (photo. Plusieurs fois dans le Top 5, l’équipage tricolore brillantissime chaque jour, a réussi à obtenir enfin son premier podium d’étape sur ce Dakar 2024.Malgré leur buggy Century CR6-T, bien moins performant, équipé uniquement de deux roues motrices, Serradori termine à seulement vingt-neuf secondes de Sainz !Une sacrée performance, un bel exploit.Le podium permet également au Français de bondir au sixième rang du classement général provisoire.Quatrième place de l’étape pour Guillame De Mevius. Le représentant d’Overdrive Racing précédant l’officiel Toyota, Guy David Bottaril.Auteurs d’un doublé péremptoire dans l’étape d’hier, Ekström et Peterhansel ont été contraints aujourd’hui d’affronter la neuvième spéciale en premier, perdant immédiatement de précieuses minutes.‘Mister Dakar, a réussi cependant toutefois, à contenir l’écart en terminant en sixième position, tandis qu’Ekström se contentait de la huitième place.Lucas Moraes s’est chargé de s’interposer entre les deux pilotes Audi. Toujours troisième au classement général, le Brésilien de Toyota pointe désormais à près d’une heure et quart du leader Sainz.Le Top dix est complété par Romain Dumas, au volant du Toyota Hilux de Rebellion Racing, et Martin Prokop, au volant du Ford Raptor.
Capitulation définitive malheureusement pour Nasser Al-Attiyah. Après avoir abandonné hier en raison d’une casse moteur sur son Prodrive Hunter, le vainqueur des deux dernières éditions du Dakar a tenté de prendre le départ de la neuvième étape. Malheureusement, aujourd’hui encore, une panne mécanique a mis et cette fois un terme définitif à son Dakar.Le Qatari indiquant qu’il n’en pouvait plus de son Hunter… pourtant bien identique à celui de Sébastien Loeb !!!
LE FRANÇAIS VAN BEVEREN BRILLE EN MOTO
L’endurance extrême met à l’épreuve les concurrents sur le plan physique. Le Dakar est aussi un sport mécanique où les aléas pèsent lourd, et les difficultés de navigation mobilisent l’intellect, sans oublier bien entendu la technique de pilotage qui fait rarement seule la différence.Pour compléter le tableau, la stratégie prend une part primordiale, en particulier lorsque l’horizon de la ligne d’arrivée finale se dessine avec netteté.Le compte à rebours avait déjà débuté hier, Adrien Van Beveren dans le rôle du dindon de la farce qui consistait pour ses rivaux à donner un coup de frein pour s’élancer bien derrière lui aujourd’hui.La réaction du Nordiste à l’orgueil blessé a été à la hauteur de son talent, même sur le terrain qui ne lui est pas le plus favorable. En tête de course pendant une bonne partie de la distance, il a su naviguer à la perfection tout en gardant un rythme élevé, ce qui lui a permis de reprendre place sur le podium provisoire.VBA a accompli une partie du chemin, il lui reste toutefois un débours de 11’16’’ à combler sur son partenaire chez Honda, Ricky Brabec.
L’Américain est bien le grand bénéficiaire de la journée, puisque ça position au départ (7) lui a permis de progresser à vitesse grand V vers AlUla et d’augmenter son avantage en tête du classement général provisoire.Comme le vent tourne en sa faveur, le Californien profite aussi des multiples erreurs de navigation de Ross Branch, le Botswanais qui se retrouve maintenant à 7’09’’.Au total, Brabec n’a pas remporté la moindre étape mais s’est classé second comme aujourd’hui à quatre reprises, ce qui sera peut-être la formule gagnante du millésime 2024. Gilles GAIGNAULTPhotos : ASO – DPPI – RED BULL 












