Après avoir examiné les performances respectives de Ferrari, Toyota et Peugeot, attardons-nous maintenant sur les quatre autres marques engagées dans ce centenaire des 24 h du Mans dans la catégorie des Hypercar .Cadillac, Porsche, Glickenhaus n’ont pas démérité. Les deux premiers ont même un temps pris à un moment le lead de l’épreuve. Mais performances et aléas de course ont décidé pour elles…
Cadillac, du robuste mais manque de performances pures
Jamais on n’avait vu des Cadillac à un tel niveau dans l’histoire des 24 Heures…Des premières participations avec Briggs Cunningham dans les années 50, aux dernières dans les années 2000, les Cadillac étaient plutôt des curiosités que des réels challengers, avec comme meilleur résultat une neuvième place en 2002.Cette année, pour la première fois donc, la marque américaine monte sur le podium du Mans avec une belle troisième place de l’équipage Bamber, Lynn et Westbrook sur la n° 2.Les deux autres voitures engagées terminent toutes deux la course, celle de l’équipage Bourdais, Dixon, Van der Zande (n°3) en quatrième place et celle de Derani, Sims et Aitken (n°311) en 17ème position.Dès les essais, il était clair que ces Cadillac, répondant au règlement IMSA LMDh, donc une voiture reposant sur un châssis fourni par un des quatre fournisseurs officiels, Dallara en l’occurrence, était venu avec de grosses ambitions.Titulaire de deux victoires cette saison en IMSA aux 12 h de Sebring et à Laguna Seca, on la savait endurante. Elle avait également signé une deuxième place aux 24 heures de DaytonaMais tout au long de ces épreuves IMSA, les Cadillac manquaient un peu de performances.Au Mans, la même chose s’est produite. Il manquait un peu de vitesse pour se positionner sereinement face à Ferrari et Toyota.Les Cad’ ont pourtant joué crânement leur jeu. La 311 à très vite disparue des radars, Jake Aitken sortant la voiture dans une des chicanes des Hunaudières.Il parvenait pourtant miraculeusement à regagner et a rentrer aux stands avec un capot avant détruit et une roue avant gauche ne touchant plus la piste…La réparation a été longue, et la voiture est repartie à… 16 tours de la tête au pointage de la deuxième heure!!!Au même moment, à la faveur des ravitaillements (elle n’avait effectué qu’un seul arrêt), la n° 2 occupait la tête de la course…Durant les heures suivantes, elle se tenait en embuscade, restant dans le même tour que les voitures de têtes, mais sans jamais pouvoir venir se mêler à la lutte en tête.De nouveau, ce petit delta de performances, qui l’avait déjà empêché de se battre face à l’Acura en janvier à Daytona, se manifestait sur la piste mancelle.La troisième voiture avait perdu un tour lors du premier épisode de pluie, Sébastien Bourdais se faisant malheureusement percuter à l’arrière au virage Porsche sous l’orage et une averse diluvienne…Cette voiture a ensuite chassé toute la nuit pour récupérer ce tour, mais jamais les Safety Car ne lui furent favorables!Et pour cette Cadillac aussi la performance était trop juste pour lui permettre de remonter à la régulière.L’enfant du pays, rappelons sue bien qu’etabli aux Etats-Unis, Seb Bourdais est manceau et avec ses équipiers, il termine à la plus mauvaise place, la quatrième, sans podium!Bilan des Cad’ ? Une course solide, une démonstration de robustesse de la mécanique Cadillac, un châssis Dallara qui fonctionne bien, mais auquel il faut trouver un peu plus de vitesse pour la suite … du programme ! Porsche, la déception de ces 24 heures
Une victoire en IMSA au compteur, mais jamais à la fête en championnat du monde WEC, on observait attentivement ce qui allait se passer pour elles sur la piste mancelle.La 963 est elle aussi une LMDh donc utilisant un châssis en provenance d’un fournisseur agrée par l’IMSA. C’est l’américain Multimatic qui a été choisi par le constructeur allemand.Comme Cadillac, le manque de performances est flagrant. Le LMDh permet moins de libertés au niveau de l’hybridation, limitant sans doute un peu les performances des voitures.Mais par rapport aux américaines, les Porsche n’ont pas fait preuve non plus de la fiabilité…Parti à quatre voitures (trois officielles Penske Porsche et une privée pour le Jota Team), elles ne sont que trois à l’arrivée.Une première voiture a abandonné, portant le n°75 et attribuée au trio Nasr, Jaminet et Tandy et …sur sortie de route!Des sorties de routes, la 39 du team privé Britannique Jota en a connu aussi.Une de Y. Yé, le pilote chinois dans la soirée, et une d’Antonio Felix Da Costa dimanche matin, qui reconnaissait sa pleine et entière faute.Elle ne reprit la piste que pour boucler son dernier tour et être classée… dernière de cette édition !!! bonjourPour des deux dernières voitures du Team Penske, la n°5 de Cameron, Christensen et Makowiecki, et la n° 6 de Estre, Lotterer et Vanthoor, ce fut une lente descente aux enfers, sous l’œil noir et peu amène du boss le patriarche Roger Penske present au Mans a 86 ans’´!!! .Erreurs de pilotes, pannes diverses et variées, manque de chance dans les arrêts aux stands, les Porche auront tout cumulées.Certes les 16ème et 22ème places de la n°5 et de la n°6 ne reflètent pas le réel niveau des 963, toujours est-il qu’elles n’auraient pas pu faire mieux que 5ème à la régulière derrière la Ferrari, la Toyota et les deux Cadillac restantes.Châssis ? Moteur ? Un peu tout sans doute. La 963 n’était pas particulièrement rapide dans les Hunaudières : trop d’appui, pas assez de chevaux ?On doit plancher sur le sujet chez Porsche et chez Penske. On est à mi saison, et il faudrait de belles performances d’ici la fin de l’année pour redorer des blasons ternis chez Porsche et Penske. Il faut sauver le soldat Glickenhaus
Comme l’an passé et l’année d’avant, les deux Glickenhaus sont restées à leur place cette année. Mais si cette place représentait un podium pour l’une d’elle en 2022 derrière les intouchables Toyota, elle n’offre qu’une 6ème et 7ème position cette année.Car hélas pour Glickenhaus, l’arrivée de Ferrari, Cadillac, Peugeot et Porsche a considérablement relevé le niveau.Et de plus, les Glickenhaus, ont régressé : meilleur tour de la 007 LMH aux essais de 2021 en 3’25’’639. Meilleurs temps cette année en 3’28’’497!Pourtant peu touchées par la BOP, il est difficile d’expliquer cette différence de performances. De même en course, avec un meilleur tour en 3’29’’577, on reste en retrait du record de 2022 de plus de 1’’3.En plus de cela, le chemin des 007 LMH a été émaillé d’incidents, les deux voitures ayant dû refaire de la carrosserie, à la suite de sorties de routes de pilotes qui ne nous avaient pas habitué à cela…Jim Glickenhaus n’a pas manqué durant les essais et la course de manifester haut et fort son mécontentement.Il représente une petite équipe privée, comme autrefois l’écurie Pescarolo qui fait au mieux avec ses moyens, dont les voitures ont la faveur du public, et fidèle aux Hypercar depuis ses débuts.Et pourtant, avec des performances en retrait par rapports aux autres constructeurs, il ne bénéficie d’aucune mansuétude de la BOP qui lui permettrait au moins de jouer au plus près des autres compétiteurs au lieu de se retrouver complètement largué…Les ingénieurs du WEC et de l’ACO devraient redonner à Glickenhaus la seconde qui lui manque.L’ACO a été bien contente de trouver ces voitures aux débuts de l’Hypercar. Aujourd’hui il y a beaucoup de marques présentes, mais resteront-elles longtemps ?Il faut permettre à Glickenhaus d’être compétitif, sinon il rentrera chez lui et un jour, les organisateurs pleureront son départ… car de tous temps cc sont les équipes privées qui ont constituées l’essentiel des plateaux !Ses résultats Sarthois 2021: P4 and P5
2022: P3 and P4
2023: P6 and P7 Vanwall, chronique d’un désastre annoncé.
On connait le Dr Kolles depuis des années… Et pas forcément en bien !Budget dérisoire, toujours à la recherche de 90 centimes pour faire un Euro…Ses propres voitures n’ont jamais été performantes. Il a parfois utilisé des châssis célèbres (des Audi en particulier) sans arriver à faire aussi bien que les autres écuries privées avec les mêmes modèles.Et d’une manière générale ses préparations sont synonymes de manque de fiabilité.Cette année encore la preuve a été donné de ces errements. La Vanwall est une belle voiture, mais cela ne suffit pas à la rendre rapide.Elle était très en retrait en termes de performances… Quinzième et dernier temps des essais qualificatifs en 3’29’’745, à 4’’3 seconde de la Ferrari, et abandon au bout de 165 tours, moteur cassé.Avec comme conclusion, le départ annoncé apres l’incroyable licenciement de l’ancien Champion du monde de F1 avant Le Mans, l’annonce ce vendredi 16 juin de son pilote metteur au point, depuis plusieurs années, le Français Tom Dillmann quj a son tour quitte l’equipe et cette fois de sob propre chef!!!.La question est maintenant… reverra-t-on la Vanwall en mondial WEC lors de la prochaine étape à Monza en juillet ?Rien n’est moins sûr… Patrick MARTINOLIPhotos : Thierry COULIBALY – Stephane Cavoit – Willy CHANTELOUP – Gilles VITRY ]]>










