Après la première semaine, ses six étapes et ses huit jours de course au total depuis le prologue d’AlUla, la 46éme édition du Dakar et ce comme chaque année, a connu des révélations, des confirmations, des défaillances, des rebondissements, des revanches et des surprises sur les pistes et dans les dunes d’Arabie Saoudite!Pour ponctuer cette première semaine, le format inédit de la tant redoutée ’48h chrono, qui éparpillait les pilotes et copilotes dans l’Empty Quarter, a répondu à toutes les attentes car presque toutes les catégories ont changé de leader à la sortie des dunes, juste avant la journée de repos de ce samedi à Riyadh!
Exactement à mi-parcours avec encore 2384 kilomètres de spéciales tout de même à disputer sur des terrains tout aussi variés, les patrons de la course se lancent maintenant le défi de viser le chemin du retour pour atteindre Yanbu en vainqueurs :Ricky Brabec et ses coéquipiers de chez Honda ont pris une option en moto, les Audi de Carlos Sainz et Mattias Ekstrom mènent la danse devant un Sébastien Loeb, placé en embuscade au troisième rang provisoire et qui rêve de remporter en fin son premier Dakar, lui le nonuple Champion du monde des rallyes WRC, victorieux à huit reprises entre autres du très prestigieux Monte Carlo!
Sans oublier non plus, Eryk Goczal qui survole la catégorie Challenger et en dominant les SSV, Yasir Seaidan qui console les Saoudiens de l’abandon du leader avant la spéciale des ’48h, Yazeed Al Rajhi et enfin, Martin Macik qui atteint la capitale en chef de meute, lui des camions!Au total, 291 véhicules sur les 330 partants ont bouclé cette première séquence, dont 111 motos (pour 122), 8 quads (pour 10) pour les engagés FIM, 59 Ultimate (pour 70), 40 Challenger (pour 42), 30 SSV (pour 36), 3 Stock (pour 3) et 40 camions (pour47).La course de régularité du Dakar Classic étant quant à elle dominée par le pilote Espagnol Carlos Santaolalla.
MOTOS : AVANTAGE HONDA

Il y a quatre ans, Ricky Brabec avait remporté le Dakar en s’offrant deux victoires d’étape. Et si l’Américain ajoutait cette année une deuxième étoile à son palmarès en rejouant la carte du pilote discret ?Sans tambour ni trompette, en évitant les erreurs et en jouant à chaque fois placé pour tailler sa route sans avoir à prendre trop de risques, Brabec s’est en tout cas installé aux commandes du rallye au soir de la sixième et dernière étape.Dans le trio de tête depuis la première journée, le pilote Honda est sorti du bois en prenant l’ascendant sur ses adversaires dans les dunes de l’Empty Quarter. Bien évidemment, avec encore six longues journées à avaler, son avance de moins d’une minute sur le rapide Botswanais Ross Branch est loin de lui garantir le succès espéré…
D’autant que d’autres pilotes restent dans le coup pour la gagne. Ainsi, Adrien Van Beveren a-t-il profité de la longue étape de 48 heures dans le sable Saoudien du Rub Al Khali, pour recoller au groupe de tête. Troisième du classement général à 9’21’’, le Français a préservé toutes ses chances pour la seconde semaine.Tout comme le Chilien Nacho Cornejo, vainqueur des étapes 2 et 4, qui ne compte que quatorze minutes de retard sur son coéquipier et leader Californien. Un peu plus loin, Toby Price et Kevin Benavides, les deux meilleurs représentants KTM, demeurent eux aussi candidats avec moins d’une demi-heure de retard sur Brabec.L’Australien attend son heure pour passer à l’attaque, alors que l’Argentin de retour à la compétition, qui paie encore visiblement les séquelles de sa fracture de la jambe, monte en régime.Cette première semaine de course aura en revanche été fatale pour plusieurs prétendants à la victoire. Tosha Schareina, le jeune espoir Espagnol recruté par Honda, s’est cassé un poignet dès la première étape alors qu’il avait remporté le prologue. Skyler Howes a lui perdu beaucoup de temps sur les premières journées avant d’abandonner dans les dunes de l’Empty Quarter sur problème mécanique.Toujours chez Honda, alors qu’il était bien installé dans le groupe de tête, Pablo Quintanilla a été victime d’une panne d’essence, là-encore durant la difficile sixième étape, qui l’a fait plonger dans le classement général.Abandons également pour Sam Sunderland sur problème mécanique lors de la troisième étape, pour Lorenzo Santolino qui portait les espoirs de Sherco et pour Joan Barreda qui disputait son premier Dakar avec l’équipe Hero.
De fait, Ross Branch se retrouve sans coéquipier pour attaquer la deuxième semaine du rallye, après les départs prématurés sur chute de Joachim Rodrigues et de Sebastian Buhler.Face à l’impressionnante armada Honda, le Botswanais devra aussi compter sur la chance pour passer au travers des inévitables embuches qui vont se présenter jusqu’à YanbuDu côté des Rally2, c’est l’épatant Jean-Loup Lepan qui a pris la tête de la catégorie au soir de la sixième étape. Très solide depuis le coup d’envoi du Dakar, le Français s’est offert deux succès lors des journées 2 et 6. Cerise sur le gâteau, il occupe la dixième place au classement scratch à une heure et demie de Ricky Brabec.Deuxième au général, son compatriote Romain Dumontier a longtemps mené la danse, mais une panne d’essence durant l’étape 6 lui a valu de lâcher 50 minutes à Lepan. Souffrant d’une côte cassée, le vainqueur de la Coupe du Monde de Rallye-raid 2023 va devoir serrer les dents jusqu’à Yanbu pour espérer finir sur le podium final.D’autant que Arith Noah, Paolo Lucci et Bradley Cox se tiennent en embuscade à moins de 30 minutes du leader. A surveiller également le jeune Tobias Ebster, neveu de Heinz Kinigadner. Leader de la classe Original by Motul, l’Autrichien s’est offert le luxe de décrocher une victoire en Rally2 lors de l’étape 5. Un garçon qui n’a pas fini de faire parler de lui.
Chez les quads enfin, Manuel Andujar et Alexandre Giroud, les deux vainqueurs des trois précédents Dakar sont, on les connait, du genre diesel. Et le système de préchauffage du Français a été plus long que celui de l’Argentin. Pendant que les spécialistes du Dakar prenaient leur rythme de croisière, le Brésilien Marcelo Medeiros a démarré au rythme de la samba en prenant les commandes des deux premiers jours.Andujar, sur le podium de ces étapes, a porté l’estocade dans l’étape 4. En s’imposant ce jour-là, l’Albicéleste s’est installé aux commandes du Dakar en même temps que le Français, double tenant du titre, se plaçait dans son sillage. Andujar compte 20 minutes d’avance sur Giroud et trois quart d’heure sur Medeiros.CHEZ LES AUTOS… AUDI, ENFIN MAIS 3éme, LOEB VISE LA VICTOIRE !

Le désert enseigne l’humilité, autant aux pilotes qu’aux pronostiqueurs. Après six étapes mais au total sept jours de course qui comptent, les profils présentés comme les plus « à risques » se distinguent comme les plus résistants aux aléas, pendant que les habitués des oscars de la fiabilité ont commis des erreurs qui ne leur ressemblent pas.Carlos Sainz connaît la formule gagnante sur le Dakar, il l’a prouvé à trois reprises (victorieux en 2010-2018-2020). Mais il est tout autant réputé pour sa capacité …à parfois saborder son talent!Le penchant à l’empressement de l’Espagnol, ajouté aux difficultés de l’Audi RS Q e-Tron à tenir la distance au plus haut niveau, ne le plaçait pas comme le grand favori de l’édition 2024. Il est pourtant bel et bien au sommet du classement général provisoire à mi-parcours, comme lors de ses succès en 2010 et en 2020.
La performance se conjugue au pluriel chez Audi puisque la deuxième ligne est occupée par Mattias Ekstrom. Le Suédois montre depuis AlUla, qu’il est parfaitement en mesure de poursuivre son ascension, après avoir terminé neuvième en 2022, et apporte à la marque aux anneaux, la force du nombre pour résister à leurs poursuivants.Et il y a de quoi se méfier de leur rival le plus direct. Car pour Sébastien Loeb, une petite demi-heure de retard n’est pas un obstacle insurmontable quand tout fonctionne.
Il a fait comme les Audi le pari osé de perdre volontairement du temps avant de s’engager dans les sables de l’Empty Quarter. Après avoir passé sans trop de dégâts l’étape des pierres volcaniques, c’est précisément sur la terrible et piégeuse ’48h chrono, que l’Alsacien a remporté sa première spéciale en 2024, la 25éme de sa carrière, et redonné du brillant à son Hunter BRX en vue d’une première victoire.
Le vainqueur de l’étape reine a fait étalage de son sang-froid, il en aura à nouveau besoin pour conquérir le sommet, et contrôler ses deux poursuivants directs, le Brésilien – unique chance de l’armada Toyota bien décimée – Lucas Moraes en position de terminer à nouveau sur le podium s’il bénéficie du jeu des éliminations, et le Belge Guillaume de Mevius, déjà vainqueur de sa première étape et 5éme de la hiérarchie à 1h09’. 
Yazeed Al Rajhi et Nasser Al Attiyah possèdent quelques points communs dans leurs trajectoires de pilotes de tout premier rang. L’un comme l’autre ont commencé leurs carrières sur le Dakar en faisant forte impression par leur rapidité, mais aussi par leur tendance à transformer de façon un peu trop radicale le design de leurs autos, si vous voyez le tableau.Les deux ont aussi acquis avec les années une réputation de pilotes toujours en contrôle et peu exposés à la panique. Cette maturité a été récompensée au total par cinq titres pour Al Attiyah, et son alter ego Saoudien semblait en bonne voie pour débuter sa moisson.Al Rajhi a même entamé en leader du classement général, la 448h chrono, qu’il n’aura connu … que pendant 51 kilomètres, le temps de partir en tonneaux et d’abandonner pour avoir été trop gourmand!
Dans la même étape mais le lendemain, Nasser a lui aussi montré un peu trop d’enthousiasme à revenir dans le match, au point de maltraiter une roue et de perdre plus de 2h30’ sur l’incident avant de pouvoir réparer et repartir.Les grands Champions ne sont décidément pas à la fête cette année car ‘Monsieur Dakar avec ses 14 victoires, le Français Stéphane Peterhansel, en convient aisément après avoir lâché plus de deux heures sur une crevaison qui a mal tourné, le cric et tout le système hydraulique ayant lâché dans les dunes de la même étape 6.
Enfin un autre tricolore, Guerlain Chicherit comptait trouver avec son nouveau Toyota Hilux, l’outil qui lui manquait pour connaître la stabilité sur le Dakar, mais il a été contrarié par la mécanique et se retrouve relégué à 1h58’. C’est lui qui ferme le Top 10, juste derrière un sensationnel Mathieu Serradori, superbe neuvième au volant de son buggy Century et leader des deux roues motrices.
Ce dimanche des l’aube et le lever du jour, moteur pour entamer la deuxième semaine de course laquelle devrait surement nous offrir à nouveau de sacrées surprises !! Gilles GAIGNAULTPhotos : ASO – DPPI – RED BULL – TEAMS ]]>










