Eliott Delecour épisode 2
Époustouflant à lasi, le tout jeune padawan se devait de confirmer…D’aucuns se demandaient, s’il n’avait pas bénéficié de cette fameuse chance des débutants selon la formule consacrée…et qui ne repose sur aucun fondement!
Brasov, la dernière épreuve du Championnat de Roumanie, encore sur la terre, lui tendait les bras pour une apothéose?Pour corser l’affaire, le rookie (rappelons que ce n’est que son deuxième rallye) se voit proposer un nouveau défi, une nouvelle marche dans son apprentissage…Exit la Dacia Sandero et bienvenue à la Clio RC5 au sein de la Clio Cup.
Cette fois-ci, impossible de faire le moindre essai, pas le temps, pas le budget…tant pis, il découvrira l’auto au ‘shake down, et dans une épreuve qui lui est totalement inconnue.Pour corser l’affaire, dernière manche du Championnat et de la Cup oblige, les cadors, le vainqueur de la Cup l’année précédente, le vainqueur de l’année qui s’achève et tous ses suivants répondent présents pour disputer la course !Deux simples passages en reconnaissance, encore une fois des spéciales magnifiques au cœur des forêts Roumaines, des discussions avec les autres concurrents aux dires desquels, la Clio nécessite d’être un peu bousculée et ce pour livrer son plein potentiel…
Ce qui interroge déjà, Eliott se caractérisant par un pilotage d’une extrême finesse, très économe de ses gestes, plein d’autorité mais pas brutal et privilégiant la conservation de l’énergie… des qualités que ne renierait pas un pilote de chasse en plein… dog fight!Le ‘shake down pointe déjà le bout de son nez et Delecour Junior découvre alors sa Clio … garantie full specs et donc avec toutes les dernières évolutions proposées par Renault Sport…euh…Alpine!
Et vlan! C’est la douche froide… Encore un ‘shake down en fanfare…mais cette fois-ci à l’autre extrémité du classement!Le premier passage est une calamité, et le jeune pilote est dépité…Deuxième passage…et vlan derechef, encore une rouste et de l’incompréhension, impossible d’aller plus vite, les freins au blocage à chaque virage et pourtant il essaie de demeurer le plus fluide possible!Alors pour le troisième passage, il est demandé à Eliott de changer son pilotage, être plus agressif avec l’auto comme le préconisaient les autres concurrents… et miracle?Yes… enfin un troisième temps dans les roues des deux premiers, mais ça ne va pas malgré tout, l’équilibre de l’auto n’est pas du tout satisfaisant et aucun plaisir de pilotage, l’obligation de se forcer et intuitivement le compte n’y est pas.
Aux grands maux, les grands remèdes et François décide d’essayer l’auto sur quelques centaines de mètres ( pas de budget! 😂) et le verdict est sans appel, un set up incompréhensible, une auto totalement déséquilibrée avec tous les freins sur l’avant… bref une catastrophe!Il est donc décidé de modifier tout cela, un peu au feeling en prévision du lendemain… et Dieu reconnaîtra les siens.
Petite escapade revigorante le soir dans LE restaurant de Brasov, l’Ursul Carpatin tenu par une amie de longue date, ex copilote de rallye, la ravissante Denisa et dégustation des fameux Papanasi roumains, l’incontournable dessert local.Après une nuit réparatrice mais pleine de doutes, un petit déjeuner avec des tas de questions et une seule consigne:« Tu roules et on verra, on fera évoluer la voiture en fonction et si on peut »… de toutes façons, l’équipe compte…un seul mécano avec son pick up!!!
Et c’est parti. Inutile de dire la tension dans l’attente des résultats de la première spéciale, en espérant que les écarts ne soient pas trop conséquents.… et les écarts sont conséquents… encore une rouste!… mais cette fois-ci, c’est Eliott qui crucifie tous ses adversaires en Clio!Et c’est reparti comme lors de l’épreuve de Lasi, le tout jeune débutant aligne les scratchs… tous? … non, il est même corrigé dans une spéciale par les vainqueurs des deux dernières Coupe!Que s’est-il passé? Une faute? Une erreur? Le copilote (ben oui, c’est toujours la faute du copilote n’est-ce pas Mathieu 😂)?Non! Le papa! Pas seul fautif d’ailleurs mais nous ne dénoncerons pas son complice!Au point stop de la 3eme spéciale, ils voient arriver toutes les WRC2 avec une, voire deux crevaisons, à l’exception d’ailleurs notable d’Otsberg et ils préconisent à Eliott d’être très prudent.
*Seulement voilà, aucune 2 roues motrices ne crève, et à l’arrivée l’addition est salée pas loin de 20 secondes et la perte de la tête de la Coupe et de la catégorie 2 roues motrices.Eliott a les yeux clairs, mais à cet instant c’est un sombre orage qui gronde et la foudre s’abattrait volontiers sur les deux coupables!C’est alors que sur la plus longue spéciale, la marque d’un champion en devenir, l’apprenti frappe un grand coup et assomme ses expérimentés adversaires en reprenant quasi son retard.Les autres concurrents déclarent alors qu’avec un tel rythme, il leur est impossible d’aller le chercher.Et le festival des scratchs reprend, la tête étant reprise dès la spéciale suivante.
La nuit arrive et Eliott domine toujours jusqu’à la plus longue spéciale de la soirée, au km 11, un partiel l’annonce 13 secondes plus vite que ses adversaires…et un tirant non renforcé de la voiture cède sur la tôle ondulée du parcours, les préconisations constructeur n’avaient pas été suivie.Quelle déception, quelle frustration!Malgré tout, quelque soit le flacon… la vitesse est là, le mental est là, et une certitude: il reviendra!2023 s’achève. Deux courses, deux démonstrations… vivement 2024 pour poursuivre l’apprentissage et progresser, varier les surfaces et apprendre à gérer un Championnat face à des adversaires chevronnés…Bref… à suivre… Gilles GAIGNAULTPhotos : Gilles VITRY AUTONEWSINFO 










