Retour sur cette course historique des 45ème 8 heures de Suzuka, 3ème manche du Championnat du monde d’endurance EWC moto de la FIM, qui nous a tenu en haleine et ce jusqu’au dernier tour, en écrivant l’un des plus beaux chapitres du grand livre du sport motocycliste.9 mois! Oui 9 mois jour pour jour que Johan Zarco n’avait plus pratiqué son célèbre Salto arrière, synonyme de victoire!En effet … depuis le 21 Octobre 2023, jour où Johan remportait son premier succès en MotoGP, sur le circuit de Philip Island en Australie.Lui qui avait déjà auparavant triomphé à 15 reprises en Moto2 avec à la clé deux titres de Champion du monde, obtenu en 2015 et 2016 et une victoire aussi plus tôt décrochée elle en 125cc en 2011 au GP du Japon à Motegi.
En ce dimanche 21 Juillet 2024, Johan exécutait donc 9 mois plus tard, jour pour jour, son fameux et célébre backflip, sa marque de fabrique de grand Champion qu’il est, sur le podium des 8 heures de Suzuka qu’il venait de remporter lors de sa première participation à cette redoutée et redoutable course d’endurance disputée sur l’un des circuits les plus dingues au monde.Les courses à l’autre bout de la planète lui réussissent décidément fort bien. En 2011 on l’a dit, Zarco remportait son premier GP en 125 à Motegi au Japon avant de décrocher deux titres consécutifs de Champion du monde Moto2 en 2015 et 2016, avec 15 victoires au compteur.Dimanche dernier, Johan enflamma le podium de Suzuka sous les regards admiratifs de ses équipiers Japonais, Teppei Nagoe qui remportait aussi sa première victoire à Suzuka, et de Takumi Takahashi qui devenait un pilote de légende, étant désormais le seul à avoir inscrit son nom à … 6 reprises de cette prestigieuse épreuve sur les tablettes!
L’écurie Yamaha YART N°1 seconde et le Suzuki Yoshimura SERT N°12, troisième complétaient ce superbe podium.Ils avaient lutté durant 8 heures avec panache mais en vain contre cette Honda N°30, écarlate dont le numéro rappelait un autre record… Tout simplement celui du nombre de victoires acquises ici par l’équipe Honda HRC.Si mardi dernier 16 Juillet, Johan n’avait pas eu trop le loisir de fêter en grande pompe ses 34 ans sur le circuit, le temps était venu en ce Dimanche 21 Juillet 2024 de lever des toasts, d’étancher sa soif et d’admirer le feu d’artifice qui clôturait cette journée mémorable!
Au soir de cette journée historique Johan confiait:« Je me sens bien car quand tu te fixes cet objectif et que tu remportes la victoire, c’est un grand soulagement. Je me sens heureux, fier et cela me donne une grande satisfaction. J’ai été très impressionné par le rythme de Takumi et son contrôle de la course. Je suis très content des progrès réalisés par Teppei depuis les tests jusqu’à la course. Les trois réunis ont été nécessaires pour cette victoire car avec la chaleur, nous devions tous contrôler l’énergie. »
Zarco, en nouveau premier de cordée, a montré aux autres pilotes du MotoGP, comment gravir la plus haute marche de Suzuka avec l’art et la manière. Nous lui tirons notre chapeau car pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître…Pour en arriver là, il n’y pas de miracle. Johan s’est remis en question en allant chez Honda LCR affrontant les difficultés frontalement, pas à pas. Le travail fini toujours par payer. Les Japonais le savent bien et lui en sont reconnaissant.Il retrouvera le 4 Août prochain à l’occasion du prochain Grand Prix, le British GP, sa RC213V sur le circuit de Silverstone, là où il avait aussi marqué son territoire en réalisant en 2022…le meilleur tour absolu (1’57.767) au guidon d’une …Ducati de l’écurie Italienne Pramac. 
JOHAN ZARCO: AMBASSADEUR DE L’ENDURANCE FIM EWC.
En remportant cette 45ème édition des 8 heures de Suzuka, Johan Zarco devient un formidable ambassadeur pour l’endurance, une discipline ingrate que notre Champion Français a abordé avec humilité face aux spécialistes.Honda avait besoin de lui offrir cette parenthèse dans une saison compliquée en MotoGP, au moment où l’ogre Ducati projette de s’attaquer prochainement à conquérir cet Everest, que sont les 8 heures de Suzuka.
Johan est venu mi-Juin apprendre le tracé qu’il n’avait jamais pratiqué et la CBR1000RR-R SP d’endurance éloignée techniquement des motos de MotoGP.Un investissement personnel qui demanda de gros efforts de concentration assorti d’une hygiène de vie irréprochable, dans un calendrier chargé, car chaque détail compte lorsque vous avez les ingénieurs usine qui attendent beaucoup de vos ressentis techniques malgré le décalage horaire perturbant car important (7 heures).Nous avions déjà vécu cette période faste de ce rendez-vous à part dans le calendrier du Championnat du monde, où les spectateurs Japonais couchaient littéralement devant les portes du circuit !Des tribunes bondées envahies par 220.000 fans devenus hystériques à la rencontre des stars des Grands Prix des années 80/90.Les constructeurs Japonais voulaient tous accrocher ce graal à leur palmarès en engageant jusqu’à trois ou quatre machines avec les Champions de la vitesse qui ne pouvaient refuser cette parenthèse exotique à leurs employeurs nippons.Nous avons croisé à l’époque les immenses Champions du monde, tous gagnants à Suzuka, comme Gardner, Rainey, Lawson, Doohan, Donique Sarron, Rossi et les Roberts, Kato, Ukawa, Schwantz, Stoner, Miller qui n’ont pas gagné eux, mais qui étaient des fidèles de l’épreuve.BMW a compris depuis une décennie l’intérêt commercial d’un engagement en endurance mais aussi la difficulté de gagner et de bien figurer à Suzuka qui exige une préparation spécifique.Les conditions climatiques sont hyper éprouvantes à cette période choisie avec une chaleur et une hygrométrie épouvantables, pour le commun des mortels.Alors piloter sur ce circuit très technique devient un enfer même pour les pilotes Japonais habitués à ce type de climat et au circuit qu’ils ont appris tout jeune.Longtemps les manufacturiers Japonais ont gardé pour eux les secrets de fabrication des gommes spécialement adaptées à la chaleur ou pour la pluie.Les pilotes Européens se faisaient littéralement tourner autour jusqu’au jour, où les pilotes Japonais furent intégrés aux écuries disputant le Championnat du monde. Ce temps-là, est aujourd’hui oublié…Sylvain Guintoli le Français, pilote sur la BMW N°37 précisait à l’arrivée:« Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre car les températures étaient très élevées et nous n’avions pas vraiment fait de tests dans ces conditions avec les pneus que nous utilisions. Mais cela a très bien fonctionné. C’était génial de pouvoir maintenir ce rythme et de rentrer à la maison avec une 5ème place bien méritée car c’était très difficile. Nous sommes tous très fatigués car il faisait très chaud. »
Une collaboration très étroite a été instaurée depuis plus de cinquante ans entre le Japon et les autres continents afin de rester le plus efficace dans les résultats sportifs et économiques.Aujourd’hui, Ducati avait entrepris un partenariat avec l’équipe Kagayama et ce avec pour objectif de préparer le terrain en participant au Championnat Superbike Japonais et aux 8 heures de Suzuka.Les résultats sportifs sont des amplificateurs des ventes. Honda, Yamaha et Suzuki ont devancé Ducati. Oui certes mais pour combien de temps?Paolo Ciabatti va plancher et tout mettre en œuvre pour gagner.L’arrivée de l’usine Ducati est un formidable aiguillon pour tous les constructeurs Japonais et Européens qui ont compris le message et le danger des rouges déjà maîtres en MotoGP et en Superbike.Le renouveau de l’endurance arrivera-t’il, avec la venue de Ducati et … avec des pilotes de MotoGP?Va savoir Charles ….
Rendez-vous en 2025 pour la réponse !D’ici là, la 87ème édition du Bol d’or, nous promet un beau final pour l’attribution du titre de Champion du monde FIM EWC 2024 actuellement détenu par le Yamaha YART et de la Coupe du monde Superstock, sur le circuit Paul Ricard, du 12 au15 Septembre prochains.Souvenons-nous que l’an dernier, Johan Zarco avait donner le départ pour la joie de tous.Que de chemin parcouru depuis…avec cette victoire aux 8 Heures de Suzuka. Texte : Michel PICARDPhotos : FIM GoodShoot et Michel PICARD ]]>










