Circuit de Charade. Clermont Ferrand. Dimanche 2 juillet 1972
Sur la grille de départ, une animation particulière règne autour de la Tyrrell Ford ELF ‘bleue, flanquée du N°8.A son volant, le régional de l’étape Mondiale Française 1972, le jeune Clermontois Patrick Depailler, lequel se prépare à disputer son premier Grand Prix de F1 !L’objectif de toute une vie … Qui plus est dans son jardin de Charade !!!Pour les passionnés Auvergnats de sport auto, c’est un rendez vous que personne naturellement, ne voulait manquer.C’est grâce à l’intervention de son sponsor, le pétrolier ELF que le Clermontois se retrouve installé dans le baquet de la troisième Tyrrell engagée! Aux côtés de celles de l’Ecossais Jacky Stewart et de son compatriote François Cevert . Un Grand Prix de France qui laissera des souvenirs mitigés…
Le Grand Prix « des crevaisons « multiples, et dont Helmut Marko, aujourd’hui manager de Red Bull Racing en F1, se souviendra… L’Autrichien perdant l’usage d’un œil, causé par la projection d’un caillou qui a transpercé sa visière et le malheureux pilote devenu borgne, devra du coup, abandonner définitivement la compétition!Le héros du jour en ce dimanche 2 juillet 1972, se nomme… Chris Amon ! Titulaire de la Pole position et du record du tour , aux commandes de sa Matra, il terminera pourtant – malheureusement pour le brillant Néo-Zélandais – seulement P3 après une remontée remarquable, suite à une crevaison, ayant enthousiasmé le très nombreux public présent (55.000 spectateurs) dans sa lutte contre la Matra de Jacky Stewart et la Lotus d’Emerson Fitipaldi mais devant la seconde Tyrrell de François Cevert!
Pour Patrick Depailler, ce premier Grand Prix restera bien sûr « le premier « mais pas le meilleur ! La piste, ‘SA piste de Charade, ne lui a pas vraiment porté chance …17éme aux essais, il découvre la Tyrrell 004 et à 28 ans, en ce temps là, à l’époque on débutait souvent tard en F1 et c’est sa première expérience au volant d’une monoplace de GP !La course sera laborieuse… Après une crevaison au 13éme tour, Patrick repart en 21éme position. Au 29éme des 38 tours que comporte l’épreuve, c’est une rotule avant cassée, qui l’oblige à rentrer à nouveau au stand…Il retournera en piste au 33 éme tour, pour terminer finalement non classé… Tout comme Niki Lauda ou CarLos Pace. Alors que cinq pilotes, dont Henri Pescarolo avec une March, Derek Bell avec une Tecno, Howden Ganley et Peter Gethin, avec une BRM, ne se sont pas qualifiés!Mais pour le petit Clermontois, le pied est dans la porte… Il accède à la F1 car ELF, est derrière lui ! Et sa carrière devant. !!!
C’est cette belle histoire que la Galerie « N0 Brand « de Clermont Ferrand et que dirige Mathieu Graille, situé rue des Salles, nous raconte !
A travers de nombreux objets réunis, combinaisons des différentes périodes de la carrière de Patrick (Alpine-Tyrrell- Ligier) des casques GPA et de très nombreuses photos dont certaines inédites, réunis donc par Matthieu Graîlle, l’exploitant de la galerie, avec la collaboration active de Loïc Depailler, le fils du regretté pilote, emporté par sa passion le 1er août 1980, lors d’une session d’essai privé à Hockenheim, avec son Alfa Roméo F1
Ce Grand Prix de France 1972, restera la première épreuve pour Patrick en F1 mais aussi malheureusement la dernière pour Charade !Car dés 1973, la manche Française du Championnat du monde F1, prenait la direction du nouveau circuit Paul Ricard au Castellet dans le Var. Texte : Didier MALGAPhotos : Archiv’ELF- Didier MALGA 










