Départ finale course mort subite
Notre troisième volet de ‘Jeunes dans la course’, va s’intéresser à des collégiens et lycéens de toute la France construisant et préparant tout au cours de l’année scolaire, des modèles réduits appelés à se confronter en performances, lors de rencontres régionales permettant d’effectuer des sélections en vue de la finale nationale.Nous avons eu la chance de pouvoir suivre de manière privilégiée, cette épreuve grâce à l’invitation de Dassault Systèmes, coorganisateur de ce challenge original, avec Renault.C’est dans le cadre prestigieux du grand Hall de l’École Polytechnique à Palaiseau que les 24 équipes représentant les Académies étaient donc regroupées à l’orée du grand week-end de la Pentecôte. Chacune d’elle avait opté pour un nom de Team, présentait un stand pour mettre en valeur la thématique selon laquelle elle avait souhaité aborder ce challenge et bichonnait sa voiture de course, appelée à disputer des runs tout au long de la journée.Avant d’aller à la rencontre des concurrents, situons un peu cette vaste opération qui associe dans un partenariat étroit DASSAULT Systèmes, RENAULT et la Direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Éducation nationale.
Pierre-Jacques BAUER

Quelques machines
Maintenant passons à la matérialité des choses. Notre bolide sera réalisé en fonction de normes très précises ainsi la longueur est fixée à 290 millimètres au maximum, la largeur à 113 millimètres. La hauteur à 90 millimètres alors que le poids peut osciller entre 650 gammes et 900 grammes, moteur et batterie en place, tandis que la garde au sol doit être comprise entre 1 et 5 mm.Sachant que les voitures sont obligatoirement à propulsion arrière, que la piste de course présente une surface assez lisse, on imagine bien que les élucubrations vont bon train pour passer la puissance de la meilleure façon aux roues arrière. Il faut effectivement se pencher sur la question pour passer sans encombre le contrôle technique très pointu. Les quatre roues doivent comporter une jante et un pneu. Les diamètres des roues peut varier entre 40 et 50 mm, alors que les roues arrière sont acceptées entre 48 et 56 mm. La largeur de contact avec la piste sera comprise, entre 22 et 27 mm pour l’avant et 26,5 et 29 mm pour l’arrière. Illusion d’optique voiture Lycée C. Renouvier Prades
A la lecture de tous ces paramètres obligatoires, il est loisible de constater que le travail dévolu au côté technique est loin d’être simple. C’est d’ailleurs tout l’intérêt du projet même si, on va le voir, le classement final de cette épreuve nationale ( comme les éliminatoires académiques d’ailleurs) prend en compte et pour des attributions de points beaucoup plus importante, une foule d’autres aspects sur lesquels nous allons revenir.En effet, comme les organisateurs ont eu la gentillesse de me permettre de suivre cette finale de manière très « intégrée » j’ai pu accéder aux divers documents permettant de noter les prestations et j’ai pu également assister en direct à la présentation de certaines équipes de leur projet, face à un jury de soutenance. Jury soutenance
Ce jury composé de personnalités de Dassault et de Renault, mais aussi de représentants des centres de ressources académiques et des membres de l’association ‘Course en cours’, est amené à entendre une présentation de l’équipe, au cours de laquelle les points précis suivants vont être notés. Les élèves, durant les 8 minutes imparties pour cette épreuve, abordent de manière libre (support projeté bien souvent mais obligation de remise d’un dossier écrit), une présentation de leur démarche, sachant que le jury va évaluer en fonction d’une grille de critères attendus : la conception et la fabrication, l’innovation technique, la collaboration interne et externe, l’Eco design et la qualité de la présentation elle-même. 135 points peuvent être attribués lors de ce passage. Il faut les mettre en regard des 140 autres qui pourront être obtenus après le passage d’un autre jury sur chaque stand.Stand très technique Lycée J. Haag de Besançon
Celui-ci s’intéressera à la qualité perçue de la voiture, à l’identité dégagée par l’équipe et son stand, aux aspects environnementaux mis en œuvre, à l’innovation marketing, à l’utilisation des techniques d’information et de communication dans l’ensemble du projet et à la qualité de la présentation de la démarche consignée dans le portofolio.La conformité technique de la voiture, peut rapporter 25 points mais tout petit écart par rapport aux normes est sanctionné par une pénalité, pouvant aller de 1 à 5 points. L’épreuve de CAO, en situation de pit stop, peut rapporter au meilleur équipier 20 points, alors que les épreuves de piste avec la voiture, peuvent rapporter 100 points au meilleur Team (temps de course, temps de réaction et finale par élimination directe étant pris en compte). On l’aura compris, pour sortir vainqueur d’une finale nationale, il ne faut déjà pas se rater à la soutenance et à la présentation du stand.Après avoir présenté les règles générales de ce concours fort bien cadré, nous allons – chers lecteurs d’autonewsinfo– vous faire vivre maintenant de l’intérieur, cette grande journée pour les quelques 140 jeunes et leurs nombreux accompagnateurs (professeurs, parents, chefs d’établissement, étudiants tuteurs..)Quand nous arrivons dans ce hall immense, monumental, nos yeux sont immédiatement attirés par les deux pistes à deux voies sur lesquelles sans bruit, foncent de très belles machines. Comme en F1, nous identifions les personnels d’un même Team, souvent impeccablement vêtus, très solidaires de leur camarade en charge du départ de leur voiture. Les exclamations fusent d’un côté, le dépit se lit sur d’autres visages selon que l’on a gagné ou que l’on est battu .Tout cela se joue en moins de trois secondes et l’on a travaillé toute une année scolaire pour cette course implacable !Rien d’étonnant qu’en bord de piste, les accompagnateurs soient aussi tendus que les élèves et que les conseils ne manquent pas quant à la programmation de la cartographie du moteur électrique à optimiser entre les essais et la course. Oui, je vous le disais, nous sommes bien dans la course, sauf que pour favoriser l’adhérence on voit certains mécaniciens, essuyer consciencieusement avec un chiffon imbibé de, je ne sais quel produit magique, les roues arrière d’une machine dont on attend des miracles. Épreuve de CAO
L’entrainement à l’épreuve CAO (changement virtuel des 4 roues sur une F1), nous étonne également en ce sens que certains concurrents sont tellement entrainés qu’ils nous sembleraient capables d’effectuer l’opération quasiment les yeux fermés. Là aussi les performances tombent. Elles sont très inégales puisque l’on descend, à 43 secondes, alors que d’autres ne réussissent à boucler l’opération, qu’en plus de 2 minutes !Peu importe, nous dit- on, nous sommes en finale nationale et pour arriver là, il a fallu triompher d’une concurrence rude dans chaque académie. Julien Durand, vainqueur du Pit Stop CAO
La visite des stands, est tout aussi instructive, quant à l’implication des équipes et à la qualité des présentations. On le sait, une thématique doit être choisie par les Teams et la plus grande cohérence est à retrouver, entre le thème et la démarche, entre le thème et l’aménagement du stand et à ce petit jeu, il faut bien dire que l’équipe « Les jamais contents » du lycée ‘La Baronnerie’ d’Angers, a su se faire particulièrement remarquer. Lorsque, nous avons recueilli les points de vue d’Antoine BROQUIN, chef de Projet et Jean Paul MAUBOUSSIN, Professeur, nous ne connaissions pas les résultats qui ont consacré cet établissement par une seconde place au classement général.Antoine nous présente l’originalité du projet en ces termes :« Le Lycée La Baronnerie participant depuis 3 ans à Course en cours, l’an dernier en seconde j’ai pu découvrir comment participer à ce concours, mais du coup cette année on s’est investi à 100% dans ce projet. On a projet vraiment original, on se démarque de toutes les autres équipes plutôt tournées vers des options futuristes. Notre démarche fait référence au passé avec ‘La jamais contente’, la première voiture à avoir franchi les 100 kilomètres/heure en 1899, avec un moteur électrique. Toute notre thématique tourne autour des années 1900 et sur cette voiture historique. »Effectivement, le stand évoque un Paris rétro et les membres de l’équipe (en classe de première Sciences de l’ingénieur) arborent des tenues évocatrices de cette époque que les familles ont ressorties des greniers et complétées en venant faire des travaux d’aiguille au lycée ! Antoine Broquin stand Les jamais contents
Nous demandons à Antoine de nous préciser les options techniques retenues pour le projet. Il répond en ces termes :« Pour notre voiture nous n’avons pas trop travaillé sur l’aérodynamisme, privilégiant le côté esthétique. D’ailleurs nous n’atteignons pas des vitesses qui puissent être réellement influencées par l’aéro. Nous avons opté pour des gommes tendres, en mousse relativement peu salissantes et relativement efficaces sur la piste. Pour la programmation du moteur, il faut y aller doucement, essayer de ne pas brusquer la voiture. Avec nos tests au lycée et lors de la finale académique, nous avons une base de données que nous exploitons à partir des essais d’aujourd’hui. »Antoine, nous confirme au passage sa passion pour la compétition automobile et se verrait très bien, ingénieur dans ce milieu là que, ‘Course en cours’, lui a permis de découvrir avec les divers aspects, marketing, design, innovation, technologie. Il lui tarde même de passer dans le réel de la course automobile…en Formule 1 ! Programmation moteur
Jean Paul MAUBOUSSIN professeur au lycée’ La Baronnerie’ complète le point de vue de l’élève, à propos de la participation des élèves à Course en cours :« Ces élèves de première S normalement n’ont pas accès aux ateliers… Grâce à ce projet là, on peut conduire les élèves vers du concret. Du point de vue technologique, on a eu recours à un châssis en aluminium qui va porter la voiture et une coque thermo formée ressemblant à une voiture classique avec un châssis et une carrosserie. Les véhicules des autres concurrents ont une coque pleine. Notre choix est délibéré pour les raisons suivantes : en un, ça nous laissait de l’espace et nous permettait de déplacer la batterie comme nous le souhaitions ; en deux, nous souhaitions que les élèves aient une vision de tous les procédés d’obtention possibles, ils ont vu l’usinage, le prototypage et surtout le thermoformage. »Le professeur insiste pour souligner les aspects innovant et motivant d’un tel projet, précisant au passage que les élèves travaillent en plus sur le volet communication et design, normalement absent du cursus habituel. Nous n’oublions d’évoquer au passage le volet financier de ce projet, une obligation étant faite de présenter un budget limité à 1000 euros. Nous apprenons dans le journal de 10 pages édité par les « Jamais contents, toujours insatisfaits pour progresser » que les recettes de 820 € excédent les dépenses qui se montent à 634,20 € seulement !Parcourant les deux allées des stands, notre attention de tourangeau est attirée par le Team RINZLER du Lycée Vaucanson de TOURS. Nous connaissons cet établissement très engagé depuis des années dans la promotion de la culture scientifique sous toutes ses formes et vainqueur à bien des reprises de prestigieux concours. Dernièrement, ce lycée a encore été primé au concours Sciences à l’Ecole parrainé par la Fondation C. génial, tout comme aux USA par le Programme I-SWEEEP d’avenir durable avec le projet Tourne-sol (travaux sur les ballons solaires, véritable spécialité du lycée depuis 2007).L’équipe du Lycée Vaucanson
Lionel BESNARD, Professeur de mécanique, nous indique qu’en seconde avec option ‘Sciences de l’ingénieur’ un projet fait partie des obligations pédagogiques. Comme ‘Course en cours’ avec les finales régionales et la finale nationale, mobilise bien les élèves, Vaucanson participe depuis trois ans à ce concours. Mr BESNARD, complète son propos par ces mots :« On a commencé voici 3 ans, nous avions terminé seconds à la finale régionale, même résultat l’an dernier, alors cette année, j’ai dit à mes élèves deux fois ça suffit, cette année avec nos 7 équipes au lycée, nous devons être premiers académiques (il y avait plus de 100 équipes dans l’académie) et disputer la finale nationale… Dans ce challenge, j’y vois plusieurs intérêts. Course en cours c’est un moyen de motiver les élèves. Ils s’intéressent beaucoup aux moyens numériques et là avec la CAO, ils sont gâtés. Ils se sentent valorisés par le fait de concevoir eux mêmes la voiture, les roues et le stand de présentation. Enfin, l’opération présente un intérêt pour l’orientation des élèves qui découvrent en partie divers métiers tout au long de la réalisation du projet. »Gwenaël, élève du lycée Vaucanson, confirme bien aimer tout le projet technique avec la conception de la voiture et apprécier un travail collectif avec ses amis. Il se réjouit du temps réalisé en piste mais ne sait pas trop où se situer quant à la soutenance et la qualité du stand, inspiré d’un dessin animé. Pour notre part, ce stand justement, n’était pas à la hauteur d’autres prestations beaucoup plus abouties et étonnantes d’originalité.Poursuivant notre visite et avant d’entrer dans une salle de jury pour assister à une soutenance, nous avons la chance de pouvoir échanger avec Camille FONTBOSTIER, concurrent en 2006 et maintenant titulaire d’un DUT de génie mécanique, étudiant en école d’ingénieur et membre du jury de cette finale ‘Course en cours’.Écoutons, son point de vue sur ce concours hyper motivant :« J’étais assez jeune quand j’ai participé à Course en Cours avec le lycée technique Jean Rochefort de Mantes la Jolie. Nous étions en Zone d’éducation prioritaire et nous avons ainsi pu utiliser des logiciels comme CATIA, qu’on n’aurait pas pu avoir en temps normal. Nous avons pu vraiment rentrer dans l’ingénierie de haut niveau et de vivre des expériences extraordinaires comme cette visite à Dassault Systèmes. Ce que je retiens de cette participation c’est d’avoir pu travailler avec cet esprit de compétition, en équipe, avec un peu de piment dans un travail scolaire souvent un peu fade. Nous en tirions tous des conclusions à savoir que pour gagner il fallait travailler et acquérir des compétences. » de d à g Camille Fonbostier et Stéphane Caltayries
Après ce point de vue de l’ex-élève (étudiant certes mais aussi sportif de haut niveau en rugby au Paris Metro Racing) nous demandons à garçon ouvert et sympathique de nous délivrer son point de vue, de l’autre côté de la barrière, maintenant qu’il fait partie du jury. Il ne se fait pas prier et nous déclare :« C’est la première année où je fais partie du jury et je suis très étonné du développement qu’a pu prendre cette compétition. Depuis 2006 bien des innovations techniques ont été apportées et c’est bien normal, mais alors que de mon temps le challenge était ouvert aux élèves de terminale, maintenant on voit des collégiens participer avec un niveau technique incroyable. Je suis très impressionné par le niveau atteint, par la réflexion également à propos de l’écologie, thème totalement intégré à la démarche actuelle. »Et pour gagner alors, qu’est ce qui selon vous pourra faire la différence ?« En fait ce qui me parait déterminant c’est d’avoir quelque chose de cohérent entre la soutenance, le stand, la piste… Il faut avoir bien bossé partout. Ensuite ce qui est le plus important, c’est la chaîne numérique qui doit avoir apporté une plus value à la voiture. Ceux qui gagneront seront ceux qui auront eu les meilleures innovations, les meilleures idées et qui auront pu expliquer concrètement pourquoi leur stand et leur projet est meilleur que celui des autres. »Comme en écho à ces propos, nous avons eu l’illustration de ce présage lors de la soutenance de l’équipe du Lycée Paul Constans de MONTLUCON. Les équipiers ont bien présenté leur thème de l’Espace pour justifier leur nom de guerre : SPACE TEAM, ils ont passé trop de temps à décrire leur démarche plutôt qu’à mettre en avant les justifications à leurs choix technologiques et le couperet du temps est tombé, sans qu’ils aient pu aller au bout d’une démonstration que leur voiture – au demeurant fort réussie- possédait des atouts au plan de l’innovation.Nous gardant bien de leur faire part de notre sentiment, nous les avons retrouvés ensuite sur leur stand et Julien JALIGOT, chef de projet, a bien voulu nous faire part de son intérêt pour Course en cours :
Photo : Belle réalisation du Lycée Paul Constans
« Je suis entré dans ce projet parce qu’il est super intéressant avec plein de choses à découvrir comme le logiciel CATIA, la fabrication concrète et la compétition , tout ça on l’a trouvé , c’est complet, ça développe l’autonomie, ça nous fait nous impliquer dans la vie. On a beaucoup travaillé y compris en dehors des cours, à la maison, nos familles nous ont soutenus, on en avait besoin et on est fier à Paul Constans lycée de Montluçon dans l’Allier de représenter toute l’académie de Clermont Ferrand. Vous voyez notre stand, on a mis toute notre énergie, on n’a pas fait de sous-traitance, on a tout fait par nous-mêmes. Pour la voiture par contre on a sous traité le prototypage. Maintenant on va tout donner en espérant que ça fonctionne bien. »Monsieur Jean Luc DUTHEIL, Professeur de mécanique au lycée Paul Constans, complète les propos de l’élève en ces termes :« Pour ma part je suis habitué à m’inscrire dans des projets avec des élèves, j’avais participé au concours de robotique E= M6. Quand on vu Course en cours on s’est dit qu’il y avait quelque chose à jouer avec des jeunes. Depuis deux ans on participe, on a monté une classe avec une option Course en cours et qui comporte 6 équipes. Tous les ans on a emmené 35 élèves aux finales académiques et c’est la première fois que nous sommes en finale nationale. Notre but c’est véritablement de conduire tous nos jeunes au bout de leur projet. Course en cours, c’est vraiment un projet où le champ de compétences est le plus ouvert. On remarque également que cette opération modifie le savoir être de ces jeunes qui travaillent en équipe. Quant au savoir faire, le logiciel CATIA et le tutoriel qui permet d’avancer très vite, apportent beaucoup aux élèves. Dans notre cas, nous avons un partenariat avec une entreprise qui a assuré le prototypage de la voiture et, les élèves ont pu constater que c’est directement à partir des données de leurs fichiers que les compagnons ont réalisé le véhicule que vous voyez sur notre stand. » Prêts, Partez
Au cours de l’après – midi, les clameurs du grand hall, résonnent de plus en plus fréquemment, en bordure de piste. On assiste aux finales des courses par élimination directe, et les supporters donnent de la voix pour encourager et féliciter les vainqueurs. Pourtant, tout le monde commence à démonter les stands et personne ne veut être en retard pour regagner l’amphi Arago, où vont être annoncés les résultats. A ce propos, il faut tirer un grand coup de chapeau à l’association’ Course en cours’ et à l’animateur- coordinateur, le jovial et dynamique Stéphane GALTAYRIES, Professeur au Lycée Jules Richard à Paris, pour cette super organisation et cette magistrale coordination des épreuves selon un timing serré et parfaitement respecté. Nous rendant, nous même à la cérémonie de remise des Prix, nous demandons à Monsieur Claude CRINCKET, Professeur d’IUT et centre ressources de l’Académie de Lille, de nous parler de l’intérêt de ce concours et de son évolution présente et à venir. Voici les réponses :« L’intérêt que l’on voit dans cette opération Course en cours c’est de faire venir des jeunes vers les filières scientifiques et technologiques. Nous défendons aussi fortement la notion d’égalité des chances, ainsi pour l’académie de Lille nous allons emmener nos 150 finalistes aux journées World Séries by Renault…Ces dernières années nous assistons à une évolution continue mais il est difficile de réellement innover. Peut être faudrait-il chercher à innover dans le conceptuel par exemple. On a vu par exemple une équipe (Les chefs Toqués académie de Reims) qui parlait de cuisine, ce serait alors de voir une analogie avec la formule 1 dans la rapidité à réaliser des recettes, expliquer qu’il y a un cahier des charges similaire et s’inspirer de ce qui se fait dans une cuisine pour peut être avoir une idée pour la Formule 1, on ne sait jamais ! »L’amphi est bond , les résultats se font un peu attendre, les discours des divers représentants, de Renault comme Dassault, insistent sur la nécessaire consolidation et professionnalisation du programme, de son ouverture réaffirmée pour favoriser l’égalité des chances et se félicitent de la qualité et de l’intensité des liens avec la Direction générale de l’Enseignement scolaire.Les jeunes applaudissent mais piaffent dans l’attente des résultats. En amuse bouche, ce sont les nombreux prix annexes tant pour la catégorie collèges que celle des lycées qui viennent récompenser :La voiture la plus rapide, l’innovation, le marketing-sponsoring et l’épreuve CAO – pit stop sur CATIA.Les lauréats sont salués par des tonnerres d’applaudissements et le suspense, est bien entretenu pour lâcher enfin les résultats du GRAND PRIX des lycées et collèges 2012.Les jeunes sont très sensibles à la présence de Margarita TORRES, Ingénieur motoriste chez Renault F1. Ils apprécient également, les propos de Laurence BARTHES, Directrice générale adjointe des Ressources humaines de chez Dassault Systèmes, qui louant leur énergie, leur motivation pour un concours passionnant et dynamisant, leur lance :« vous êtes une vraie force de conviction.. . Ne vous donnez pas de limites, si vous êtes convaincus que le rêve est possible, alors vous pouvez changer le monde. On a besoin de jeunes comme vous ! »Un podium virtuel est projeté et sont successivement appelées les équipes suivantes :Team Innova six 3ème classement général
3ème : Innova’Six, du Lycée Pierre et Marie Curie SAINT LO pour l’académie de Caen
2ème : Les Jamais contents, du Lycée La Baronnerie d’ANGERS pour l’académie de Nantes
1er : Mach III Révolution, du Lycée Charles Jully de SAINT AVOLD pour l’académie de Nancy- Metz Les vainqueurs du Lycée Charles Jully
Les Prix attribués, font saliver les heureux gagnants et rêver tout haut de nombreux concurrents. Qu’on en juge plutôt !Pour la troisième place, 2 journées à Paris, avec visite d’un musée scientifique et chez Renault F1.
Pour la seconde place, Rencontre avec Renault F1 et week-end sur le circuit du Castellet avec Renault Sport.Enfin, pour les premiers, fourniture d’un ordinateur portable individuel et fourniture des logiciels techniques de Dassault Systèmes durant toute la période d’étudiant.Il est difficile de mettre fin aux effusions de toute l’équipe du Lycée Charles Jully de SAINT AVOLD, tant la joie est démonstrative et fusionnelle entre ces jeunes. Nous kidnappons presque le chef d’équipe, Natanaël BAPST, pour recueillir quelques mots en réaction à cette belle victoire :« C’est génial parce que l’année dernière en arrivant deuxième à la finale nationale, on n’avait pas l’impression d’être arrivé au bout de cette expérience, il fallait vraiment qu’on refasse.. Là on a l’a fait, on a réussi, c’est génial… avec exactement la même équipe, au collège c’était un projet dans les cours de technologie et en seconde avec l’option création et innovation technologique. On a beaucoup travaillé l’image de l’équipe, au niveau du stand. On a bien réussi la soutenance orale, on était bien organisé, par contre au niveau de la voiture on a connu quelques petits soucis et notre voiture était à peine assez performante…Enfin on a gagné et je pense que l’on va être félicité par l’équipe de direction qui comptait bien sur nous. »Alors que leur professeur, Pierre HENRION, semble savourer intérieurement la victoire de son équipe, les autres membres du Team Mach III Révolution, ont tenu à nous glisser dans l’oreille : « Nous voulions tous vraiment gagner, nous n’avons rien négligé, à fond pour tout, toute l’année. Perdre pour 7 points l’an dernier c’était dur, mais cette fois- ci, nous gagnons avec une différence nette de 25 points, il n’y a rien à dire… »Si justement, certaines équipes, contestaient dans notre dos, la participation non stop durant trois années d’une équipe absolument semblable dans sa composition, du collège au lycée. Un podium très attendu
Quoiqu’il en soit, il est certain que le cru 2012, était d’un très haut niveau comme nous le faisait remarquer en conclusion de cette journée, Monsieur BAUER, représentant Dassault Systèmes et par ailleurs, très impliqué dans l’association ‘Course en cours.’Les observations remontées des académiques et les constats effectués en finale, vont venir alimenter un séminaire de réflexion en vue de l’écriture du règlement de ‘Course en cours’ 2013.En termes de participation, l’association ne peut, sans ressources financières complémentaires, ouvrir plus grand, les vannes et l’on compte bien sur une régulation naturelle des inscriptions, pour éviter l’inflation. Il ne serait sans doute pas inutile, de trouver un moyen pour que les établissements classés en zones sensibles soient plus représentés, afin de faire jouer à plein, ce critère de l’égalité des chances.En tout état de cause, ce concours avec des jeunes immergés totalement dans le monde de la course, a atteint une maturité étonnante et dépasse sans aucun doute les objectifs qu’il s’était assigné. En effet, nombre de jeunes accrochent véritablement aux sciences et techniques, beaucoup rêvent de se former pour intégrer réellement cet univers de la compétition automobile, et nous avons été frappés de voir, combien ces élèves développaient toutes sortes de comportements positifs et de qualités au travers de ce formidable aiguillon de la COURSE.Nous avons rencontré des jeunes, ingénieux, motivés, enthousiastes, passionnés, responsables, solidaires, organisés, créatifs, généreux, dynamiques, astucieux, ambitieux, volontaires….Pas étonnant que tous les adultes présents, membres du jury ou accompagnateurs, déclaraient aimer participer à ces compétitions de ‘Course en cours’ pour leur côté rafraichissant et dynamisant.‘Course en cours’ offre bien cette part de rêve (accessible) dont tout jeune a besoin pour se construire et autorise les organisateurs à penser qu’ils préparent bien une relève à la hauteur d’une compétition de haut niveau dans un monde en pleine évolution technologique.Et cela, croyez-moi, c‘est rassurant.
Texte et Photos : Alain MONNOT Voir nos deux articles précédents « Jeunes dans la course » à partir des liens suivants :
https://autonewsinfo.fr/2012/05/22/jeunes-dans-la-course-les-eleves-du-junior-team-le-mans-sud-suzuki-48425.html https://autonewsinfo.fr/2012/05/15/jeunes-dans-la-course-les-etudiants-de-la-joliverie-et-leur-microjoule-47613.html ]]>










