La quatrième version de la Kia Picanto arrive sur le marché. Elle propose de sympathiques prestations pour une citadine polyvalente. Mais les coréens trop pragmatiques, se sont un peu planté sur le prix catalogue.Le segment A n’a plus la cote, comme le segment D, celui des berlines quatre portes. En fait, c’est une tendance lourde de l’offre automobile, il ne fait pas bon vouloir adapter son achat à ses besoins, les logiques industrielles de rationalité et de profit impliquent une forte diminution des gamme quitte à multiplier à l’envi, l’utilisation customisée de plates-formes uniques.Les catalogues des constructeurs débordent de SUV, électriques ou hybride. L’argument officiel c’est :
« Les clients n’en veulent plus »
Simpliste évidemment d’autant que l’on connaît le talent des barons du marketing pour imposer des produits irréalistes, inutiles, à l’encontre totale des réels besoins de la population :Les gros SUV prétentieux, bodybuildés, bouffeurs d’énergie et d’espace de roulement. Les rues des villes en sont saturées. Les écolos ont beau jeu de montrer du doigt ces gros cubes souvent trop vides. Mais comme les entreprises sont dirigées par de très bons créateurs de profit, le concept s’est imposé à grand coup d’injonctions publicitaires vantant les mérites très cachés de ces nouvelles camionnettes inutiles.Exit les petites citadines pas trop chères, bonjour les grosses bestioles pataudes et très chères. Nous vivons l’époque d’un marché totalement inféodé aux exigences industrielles et comptables, surtout pas adapté aux besoins et aux désirs des consommateurs totalement formatés par le lavage publicitaire des cerveaux.Les petites voitures, une demande pourtant évidente
Mais la demande subsiste. Evidemment. Les jeunes tout d’abord qui peuvent accéder à la propriété automobile sans casser leur premier plan épargne, les plus anciens qui renâclent ou ne peuvent se déplacer grâce à la multitude de l’offre des transports publics (humour !) et aussi toute une catégorie de néo ruraux qui investissent les trente kilomètres autour des métropoles de développement mais qui ne peuvent faire coexister l’accession à la propriété immobilière et la possession d’un SUV dispendieux.Restent les petites berlines, celles des segments A et B.Le segment A est en net baisse de fréquentation. Non pas que la demande se rétrécisse mais l’offre globale proposée par les constructeurs diminue à vue d’œil. Ne restent sur le marché que les mini modèles du groupe Renault (Twingo Phase 3 et Dacia Spring), l’inépuisable Fiat 500, la Toyota Aygo X, la Suzuki Ignis.Et sans oublier les cousines très proches coréennes : la Hyundaï I10 et la Kia Picanto qui évidemment profitent de l’espace libre laissé par …Peugeot et Citroën !Les dirigeants de ces deux marques de Stellantis ont conclu qu’il n’était plus l’heure du volume d’affaire et que les riches accédants aux Premium électrifiés ou non, retenaient toute l’attention des services commerciaux des marques sœurs françaises.C’est audacieux dans un premier temps. L’avenir dira si elles n’ont pas coupé une des branches de leur construction du chiffre d’affaire !!!Lorsque les voitures coréennes sont arrivées en Europe, après les japonaises, elles étaient essentiellement des 4X4 assez novateurs. Le Sorento a permis à Kia, une des marques du géant Hyundai Motors de se positionner comme originale et novatrice. C’était au début des années 2000, une goutte en comparaison des concurrents européens, américains ou nippons.Intégrée au conglomérat Hyundai, Kia a eu toute liberté concernant le style et les choix de gamme. Très impliquée évidemment sur les marchés asiatiques, là où la petite voiture est une obligation économique, Kia a repris la plateforme de la I 10 de la société sœur pour en faire la Picanto, en Europe.Une citadine très bon marché aux prestations certes modeste mais tout à fait honorable sur un marché européen et français qui ne boudait pas encore les héritières des petites voitures qui avaient colonisé l’espace urbain et ses périphéries.Face aux Fiat 500 et aux Twingo, la petite asiatique ne connut pas des jours très fastes mais avec le virage des industriels européens, tout cela pourrait changer puisque on l’a vu, désormais il faudra compter sur la proposition coréenne.La version 2024 de la Picanto arrive donc sur le marché, précédé désormais de la belle réputation de ses trois modèles aînés, bien accepté dans notre paysage automobile. Le design, une constante Kia
Depuis son apparition en France, la marque coréenne a su sortir des sentiers battus dans le paysage automobile. Le design est souvent assez radical avec quelques audaces, pas toujours assimilable par l’utilisateur Européen moyen mais impossible de ne pas trouver un attrait esthétique à la production d’extrême orient.La Picanto dernière génération n’échappe pas à la tradition, avec en prime comme c’est souvent le cas chez les designers, la défense d’un concept assez « fumeux » :L’Opposite United (l’alliance des contraires). Pour tout vous dire, n’ayant pas suivi de master en discours marketing designer (oui je sais, le français est une belle langue qu’aiment massacrer les spécialistes de la spécialité automobile), je suis infoutu de dire ce que c’est.A vrai dire, un peu comme une abstraction artistique, quelques-unes vous parlent. C’est un peu ce qui arrive avec la Picanto. Nous sommes assez loin des petites voitures de la concurrence avec des audaces qui passent bien.La signature lumineuse, des nervures de carrosseries assez bien fichues, un diffuseur arrière donnant un look malicieux à la petite auto, et des teintes inédites (Bleu Denim, Bleu Azur, Rouge Grenadine, Beige Latte, Vert Lichen), tout cela confère à la Picanto une bouille sympathique qui la démarque dans le flot des outils ennuyeux. Un équipement au dessus de la concurrence
Dans sa finition GT Line, la petite coréenne coche le maximum de cases. Tout ou presque est proposé à l’acquéreur. Un écran tactile de 8 pouces gère GPS et une série de mise en marche/arrêt des équipements de sécurité (Reconnaissance des panneaux de vitesse, gestion des feux de route, alerte vigilance, régulation de vitesse, système freinage d’urgence autonome, assistance active à la conduite…), caméra de recul et radars de parking, tout cela est évidemment très rare sur ce segment.C’est sans doute là que Kia Picanto fera la différence avec la concurrence. Dans un marché en recherche d’identité, le choix du ‘’comme un modèle Premium’’ peut faire la différence à l’heure de signer le chèque.Des performances très modestes pour une caisse plus ambitieuse
C’est une citadine certes mais désormais le client est habitué à trouver un peu de ‘peps dans ces petites voitures-là. Mais le législateur est passé par là et le choix des ingénieurs Kia a été de rester absolument dans des normes écologistes progressistes.Pas question de diesel tout d’abord, seulement deux motorisations sont proposées : la 1 litres 63 ch. Nous n’avons pu l’essayer. Sans trop de regret puisque sur notre voiture d’essai, une 1.2 litres, le groupe moteur semblait un peu en retrait de ce que fait la concurrence qui souvent propose des petits trois cylindres dynamiques sans forcément être non plus très performants.C’est un choix stratégique qui traversera désormais toutes les propositions des constructeurs.Qu’ils viennent d’Europe ou de l’est de l’univers.En ville, la petite Kia se débouille néanmoins très bien. C’est son domaine de prédilection et avec un tel équipement, j’en connais beaucoup qui n’hésiteront pas à l’heure du choix entre confort et performances.Evidemment, si audacieux que vous êtes, vous choisissez Picanto pour aller en vacances à la montagne, vous goûterez au plaisir de monter en tête les cols où il est impossible de doubler. Comme un parfum de nostalgie lorsque les 2 chevaux de Citroën étaient les reines obligées de la route.Si vous en avez la possibilité, évitez les jantes de 16 pouces, elles imposent une monte pneumatique à bas flancs ce qui dégrade l’amortissement. Par ces temps de gendarmes assis-couchés de plus en plus délirants, il est fort utile de disposer d’un bon accord amortisseur/pneumatiques, ce qui n’est pas vraiment le cas avec les belles mais inconfortables jantes de 16. Une belle alternative aux géants du segment
En résumé, cette petite coréenne a des beaux arguments à faire valoir. Un seul petit bémol ; son prix (il faut compter plus de 20 000€ pour la GT line) rude morceau à avaler par les temps qui courent… Jean-Michel LE ROYPhotos : CONSTRUCTEUR ]]>










