NATIONAL MOTOS : L’HISTOIRE D’UNE LÉGENDE DE PLUS D’UN DEMI SIÈCLE !
Lorsque Gilles Gaignault, le rédacteur en chef et directeur-fondateur d’Autonewsinfo, m’a suggéré de retracer l’histoire de National Motos, j’ai pris vraiment conscience de m’attaquer à un réel monument de l’histoire de la moto en France…Cette aventure est celle d’un homme, d’une légende, qui n’a laissé personne insensible, tant par son charisme que par sa passion communicative.Tous ceux qui ont connu le pére fondateur l’inoubliable et regretté ” Pipo ” dans son magasin de la Garenne Colombres, depuis 1969, ou sur un circuit depuis 1971, gardent tous de lui, des souvenirs précis et que ses pilotes (dans un article suivant demain 14 avril 2023) nous ont confié sans retenue !Ainsi Stéphane Haddadj, son fils, Guy Bertin, Philippe Bouzanne, Dominique Pernet, Christian Lavieille et Etienne Masson, sont revenus sur ces moments clés de National Motos et nous les en remercions.Nous avions également l’ouvrage de référence ” L’aventure National Motos ” écrit par Pascal Litt qui retrace 45 ans d’endurance moto jusqu’en 2015, pour nous servir de fil rouge, tant il est facile de s’égarer dans toutes ces années de compétition.
PIPO BALDIT : ITINÉRAIRE D’UN PASSIONNÉ DE LA MÉCANIQUE
National Motos c’est donc l’histoire du jeune Ali Haddadj, né le 10 Juillet 1944, passionné de mécanique, qui rejoint Paris en 1962, affublé de ce surnom familier de ” Pipo ” venu de l’enfance passée en Algérie et souvent attribué au petit dernier d’une fratrie.A 18 ans, il entre chez les frères Savoye à la préparation des autos Morgan de circuit et de rallye puis chez Japauto sur les premières petites Honda S800.Un client lui propose de s’occuper de l’atelier de son magasin moto ‘Motor 2000, à la Garenne Colombes, où il fera la rencontre de sa future épouse, Liliane Baldit, dont il reprit le nom de famille et qui le poussera à s’établir à son compte.Liliane a d’ailleurs une part prépondérante qui lui revient dans cette aventure. Elle a toujours, non seulement tenu le cahier de chronométrage et celui des comptes de la concession mais aussi l’intendance qui est loin d’être une part négligeable sur une semaine de course et ce tout en s’occupant de ses fistons, Éric et Stéphane et du café où tout a débuté.Liliane, que nous saluons, a bien mérité un peu de calme et de repos dans l’Aveyron où elle s’est installé aujourd’hui.
Laissons son fils Stéphane Haddadj reprendre le fil de cette époque :STÉPHANE ET ERIC : LA PASSION EN HÉRITAGE
Stéphane et Eric « Je suis né en 1972 dans le magasin, on peut dire ça ! Eric, est mon demi-frère aîné. Nous avons la même Maman Liliane, mais pas le même Papa. Liliane et son frère Roland qui sont à la retraite aujourd’hui, tenaient le café, de leurs parents, qui était à l’époque quelques mètres à côté du magasin, situé 51 Boulevard National. (d’où le nom) Éric était déjà né lorsque mes Parents se sont rencontrés. Il a toujours fait la mécanique aux côtés de Papa et continue de préparer encore les motos d’endurance. Au début, en 1969, National Motos, comme tous ces magasins à cette époque-là, était multimarques, avec un passage comme concessionnaire Kawasaki de 1973 à 1977, puis Yamaha et enfin exclusif Honda motos et scooters depuis 1990 . Roland motard dans l’âme et un ami de toujours, Philippe Leclerc avaient intégré la concession. Philippe est devenu un pilier de l’endurance chez National Moto et continue de venir nous voir car il est en retraite maintenant. » [caption id="attachment_426386" align="aligncenter" width="745"]
1977. 1000 km Paul Ricard Bouzanne-Maingret 1000 Kawa[/caption] Et l’ami Steph poursuit et indique :« En 1997, le nouveau bâtiment actuel a été construit en intégrant le café racheté par Papa avec la licence 4 et transformé en cyber café afin d’y découvrir internet. Durant les travaux, l’atelier a été transféré plus d’un an dans des tentes sur un parking de l’immeuble d’en face ! En plus, il gelait fort avec de la neige et du verglas. Je me demande encore comment nous avons pu faire ! Papa s’est engagé en endurance dès 1971 sans interruption depuis en continuant avec mon frère Eric et moi-même. Nous n’avons pas pu faire le Mans et le Bol en 2016, faute de pneus, car Pirelli nous avait lâché au dernier moment. » [caption id="attachment_426387" align="aligncenter" width="828"]
La concession National Motos Honda à La Garenne[/caption] Stéphane lâche alors« J’ai commencé vraiment à travailler à la concession au début des années 90 en passant par tous les postes. Papa est tombé malade en 2002 et est décédé en 2012 sans plus pouvoir communiquer du tout. Un an après qu’il soit tombé malade, il ne pouvait déjà plus parler car il était ventilé en permanence et ne pouvait plus sortir le moindre son. Il entendait, il voyait et a pu un moment encore communiquer avec les paupières jusqu’à ce que les muscles de celles-ci soient atteints. Il a très bien vu à la télévision notre victoire aux 24 heures du Mans en 2006, sans pouvoir s’exprimer … mais ce fut assurément néanmoins une grande satisfaction pour lui. » [caption id="attachment_426384" align="aligncenter" width="761"]
´PIPO et son fils Stéphane[/caption] Stéphane précise encore :« Cette victoire a été une des dernières grandes joies de Pipo mais la famille le comblait aussi, lui le patriarche à qui il insuffla toute sa vie sa passion malgré des moyens financiers très limités.Et, Stéphane enchaîne : « J’ai deux grands enfants : Luc, le plus grand a 25 ans et il est dans l’événementiel et Nicolas 23 ans, travaille dans les travaux publics mais ils viennent nous aider pour les courses et adorent la compétition. » [caption id="attachment_426390" align="aligncenter" width="728"]
Stéphane Haddadj et son fils Nicolas[/caption] NATIONAL MOTOS : 52 ANS DE COMPÉTITION ET 155 PILOTES ( VOIR PLUS … ) !
[caption id="attachment_426388" align="aligncenter" width="828"]
Bol d’Or 1973 au Mans.[/caption] Quelques-uns de ces pilotes, ces grands témoins qui ont été au cœur de cette épopée de course de plus d’un demi-siècle, nous ont retracé aussi fidèlement que possible et de manière vivante toutes ces années de compétition . [caption id="attachment_426391" align="aligncenter" width="828"]
1974. 24 Heures Barcelone a Montjuic Fougeray – Chemarin[/caption] Après la pole de Bouzanne aux 24 Heures du Mans 79 devant les Honda usine, ” Pipo ” lançait l’œil malicieux une métaphore qui serait aujourd’hui bannie :” Putain je bande ! “Tel était ” Pipo ” parfois gouailleur alors qu’il était plutôt du genre discret et ne levant le nez de son ouvrage que pour saluer les amis, c’est à dire tout le paddock …Du temps a passé depuis cette époque mais ces pilotes se souviennent tous de chaque course avec une précision infinie. C’est très surprenant mais indéniablement National Motos fut un passage qui les marqua à vie. [caption id="attachment_426393" align="aligncenter" width="828"]
1974. 1000 km du Mans. Georges Fougeray[/caption] Sans nostalgie, il est bon de se souvenir que durant ces saisons folles de 1976 à 1979, le Championnat d’Europe d’endurance devenu depuis mondial, comportait jusqu’à sept épreuves avec des enchaînements de dates incroyablement rapprochés et des distances éloignées avec des véhicules moins fiables, plus lents et dépourvus de climatisation.” Pipo ” aimait à dire, malgré tout, que les courses étaient ses vacances !Chez ” Pipo ” passion et travail se confondaient au quotidien !Nous n’avions pas de portable, ni de GPS, mais la CB et la célèbre émission radio de Max Meynier ” Les routiers sont sympa ” nous tenait éveillés de 21heures à minuit car la route des vacances était fort longues ! Texte et Photos : Michel PICARD(A suivre demain : Les témoignages de ses pilotes) ]]>










