VICTOIRE au DAKAR 1983 avec le Japonais MASUOKA[/caption]
« Les rallyes Africains nous ne savions pas d’où ça sortait chez nous à Pont De Vaux ! »
Bernard Maingret poursuit : « Quand mon père est parti à la retraite en 76, dans ces eaux là, j’ai pris le manche. Nous étions agent Renault et Christian avait aussi son atelier de préparation motos pour les Grands Prix, la MORACO. Nous travaillions tous ensemble, où il y a la pizzeria maintenant ! Parce que nous avions des références de préparateur nous avons été sollicité par Yamaha pour faire le rallye Cote d’Ivoire-Cote d’Azur, Abidjan -Nice, le premier rallye Africain que tout le monde découvrait. Avec notre expérience de préparateur ce fut payant d’entrée. Nous avions un petit local en face où nous pouvions y mettre quatre , cinq voitures mais nous faisions avec pas grand-chose.»
En 1977, Jean-Claude Olivier alias ‘JCO’ le boss de Sonauto-Yamaha, s’engage via la Moraco dans les rallyes africains sur le second Abidjan Nice et remporte les deux premières places avec Gilles Comte (XT500) et Christian Rayer (DTMX400) .Christian Maingret nous précise :« JCO ne m’avait pas laissé tomber en GP et m’a proposé de prendre en charge les rallyes Africains. Nous gagnons l’Abidjan Nice donc c’était bien et puis ensuite nous faisons trois Dakar. Le 24 décembre 1978 est donné le départ du premier Paris-Dakar à Paris dans les jardins du Trocadéro. Quatre Yamaha XT500 Sonauto sont préparées par la Moraco. Gilles Comte s’adjuge la seconde place. Au second, ça s’est embrouillé avant le départ avec JCO qui me dit ” Honda se retire donc nous ne nous engageons pas officiellement et vous les Maingret comme vous êtes bien connus, vous ne venez pas ! Et comme vous ne venez pas, on va réduire le budget ! ” Alors que les Range Rover avaient été déjà préparés. Il y avait une XT500 pour Cyril Neveu qui était assisté par son père et il gagne à nouveau, donc nous sauvons l’honneur mais la moto seule avait été juste préparée à Pont De Vaux. Tout le reste a été cassé par des gens qui n’y comprenaient rien, les roues de secours perdues… La leçon servira bien par la suite avec Mitsu.»Et Christian Maingret, précise:« Mitsubishi arrivera ensuite chez Sonauto avec la stratégie de développer un réseau multi-marques en France. Le marketing au Japon décidera de s’aligner au Dakar sachant que l’image était internationale. J’ai demandé à Bernard si l’offre de Sonauto pouvait nous intéresser. J’ai collaboré au début pour réparer ce que je n’avais pas compris lorsque j’étais en moto. J’étais trop crédule sachant qu’il fallait mettre la barre plus haut avec un esprit automobile. Il fallait mettre le taquet au bon niveau !» L’AVENTURE MITSUBISHI
Bernard nous explique les débuts de sa collaboration avec Mitsubishi :« Un jour, on a reçu un coup de fil dʼUlrich Brehmer, le boss de Mitsubishi en France, nous demandant de nous rencontrer. Fin juin 82, début juillet, un matin en arrivant à lʼatelier, je le découvre avec mon frère stationné devant un Pajero. Cʼétait le tout premier en Europe. Il était venu par la route depuis Genève. Pourtant nous nʼavions rien encore conclus avec lui. Dans la foulée, le lendemain nous avons eu une réunion à Pont de Vaux avec Ulrich Brehmer et le pilote Écossais Andrew Cowan. Finalement, on sʼest mis dʼaccord pour tenter lʼaventure. Et afin de voir ce dont était capable ce Pajero, nous avons loué à lʼété 82, la piste de Mauléon prés de Lourdes, dans les Pyrénées et où sʼétaient déroulées les 24 H 4X4. Pour nous, il sʼagissait de réaliser un test afin dʼétudier la fiabilité de cet engin inconnu en Europe. Cowan a parcouru 2500 kms sans rencontrer aucun pépin. »
Les ateliers de Pont De Vaux vont tourner à plein régime pour aligner quatre Pajero au départ du Dakar 83 dans la catégorie Marathon des T1 que Cowan et Malkin remporteront. Mitsubishi réalisera même le doublé avec Debussy et Delaval en prenant les 11 et 12 ème place au général. Bernard Maingret assure l’assistance rapide et terminent avec Louis Blin 30ème et 5ème en T1. Pour 1984, une version T2 (moteur préparé, boîte renforcée) est développée au volant de laquelle Cowan-Syer et Rigal-Fourticq prennent les 3ème et 7ème places au général. Sonauto décide alors que le temps des ” camionnettes ” est terminé et confie à Bernard Maingret, l’élaboration d’un véritable prototype pour le Dakar 1985.
C’est à cette époque que Bernard crée sa société SBM et est alors bien aidé par le maire de Pont De Vaux Henri Gagnière :« Quand j’ai démarré avec Mitsu, je louais un petit local en plus du garage. Henri Gagnière qui n’habitait pas bien loin et qui avait d’ailleurs une R16 me dit : ” Pourquoi tu ne fais pas un atelier relais ? ” Cela m’a permis d’acheter de l’outillage car j’avais des aides de l’Europe avec des remises de l’ordre de 15 à 20% et la construction de l’atelier était du format que l’on voulait avec un remboursement à la commune sur 15 ans. j’ai pu démarrer tout de suite avec de l’outillage pour construire des voitures. j’avais déjà l’expérience des préparations des Toyota, Range Rover et Mercedes d’assistance pour Sonauto Yamaha avec la Moraco de Christian qui n’a pas voulu prendre le virage auto avec Mitsubishi. Vu l’expérience acquise donc, les Mitsubishi Marathon ne demandaient pas de la finesse au niveau préparation car nous ne touchions pas au moteur, ni à la boîte et au pont qui devaient rester d’origine. Nous intervenions sur la fiabilité et la sécurité. Nous sommes montés petit à petit en puissance jusqu’au proto et d’emblée nous faisons un nouveau doublé en 85 avec Zaniroli-Da Silva et Cowan-Syer!»
Bernard Maingret poursuit et enchaîne :« Avec mon équipe, nous avons gagné 9 Dakar sur les 12 victoires Mitsu. J’ai vendu la société en 2002 à Mitsubishi Motorsport mais ils m’ont demandé de rester 18 mois de plus et j’ai pris ma retraite en 2004. Ils ont continué dans le bon sens en reprenant les murs et le personnel. Nous étions 35 et ils sont montés tout de suite à 50. Quand une marque gagne tout le temps, ça finit par lasser le monde et la fédération en libérant les Diesel, y a mis un coup d’arrêt. Audi est arrivé mais Mitsubishi n’avait pas de gros moteur diesel de course. Dominique Seryes dirigeait le team et Thierry Viardot était directeur technique avec ‘Snoopy’ Jean-Marc Bonnay, qui les secondait.»
Après 26 participations et 12 victoires (un record face aux 7 succès de Peugeot) Mitsubishi décide brutalement, en Février 2009, d’arrêter la compétition en rallye raid, face à une conjoncture délicate qui précipita d’autres constructeurs à les imiter.L’histoire n’étant qu’un éternel recommencement, voici quelques jours Mitsubishi a pris cette fois la décision inverse en décidant de revenir en championnat du Monde des rallyes tout-terrain d’ici deux ans avec des véhicules propulsés par des énergies à faible émission (Dakarfurture).« Nous verrons bien! lance Bernard un peu dubitatif sur ce retour!!!Comment ne pas avoir une pensée pour Daniel et Dominique, alias ” Babar ” les petits derniers de la fratrie, qui au début de l’aventure, avaient rejoints Bernard pour développer les activités liées à la logistique, l’assistance et la préparation des rallyes .Bernard se souvient avec émotion de ses deux frangins aujourd’hui disparus :« Daniel était maître d’hôtel à l’Ambassade d’Australie à Paris après être sorti de l’école hôtelière et il prenait ses vacances pour venir travailler à l’atelier et comme nous commencions à avoir une réputation sur la région, les gens venaient pour demander des préparations de 4X4. J’ai crée ainsi Maingret ToutTerrain avec Daniel qui est arrivé pile-poil, pour s’occuper de la préparation des T1 pendant que je construisais les protos. Nous ne mélangions pas les deux affaires ainsi. Malheureusement, il est vite tombé malade et est décédé à notre retour du Dakar 94 … et il a fallu arrêté cette activité. C’est dommage mais que veux-tu …»‘Babar était ‘freelance à la Moraco et aidait Christian dans la préparation des Yamaha de vitesse puis en rallye raid. ‘Babar suivi également le Suisse Philippe Bouzanne sur le Continental Circus comme mécanicien.Très adroit de ses mains dans bien des domaines, il ne rechignait ni à la tâche, ni aux pitreries qui nous font encore rire et il abattait un travail monstrueux ensuite chez SBM, tant à l’atelier que sur les terres en latérite.Pourtant, voici déjà douze ans, le 22 Août 2010, ‘Babar n’a plus fait rire personne car une crise cardiaque l’emportait lors de la 24ème édition du Mondial de Quad, malgré une intervention immédiate du Samu en place pour l’épreuve… L’ÉPOPÉE DONKERVOORT
Bernard Maingret est encore à l’initiative :« Ça c’est encore une sacrée aventure. J’ai acheté en Hollande, la première Donkervoort en 81, 82 que j’ai assemblée et mis 4 ans pour l’homologuer en France avec deux crash tests et nous avons vendus les premiers véhicules à partir de 88. C’était un peu une danseuse ! J’en ai tout de même vendu environ 160 jusqu’en 2001. Aujourd’hui, c’est du haut de gamme à plus de 200.000 €» PONT DE VAUX CAPITALE DU QUAD
Nous en sommes donc à la 35ème édition de cette manifestation unique qui vit le jour le 10 Août 1986 : Le super Trike ShowEn 1987, bien avant l’apparition des quads tels qu’on les connaît aujourd’hui, c’est d’abord avec les ATC trikes, tricycles motorisés et quelques Quads, que débute l’aventure. L’année suivante en 1988, il s’agit bien d’une épreuve dédiée aux quads.L’événement devient très vite international et des équipes venues d’Angleterre s’inscrivent en nombre vite rejointes par des équipes allemandes, espagnoles, italiennes, belges et néerlandaises. En 1992, les USA font concourir plusieurs équipes.Les années 1990 et 2000 voient aussi le passage d’équipes sud-africaines et australiennes (l’Australie qui revient d’ailleurs pour l’édition 2019). En 2008, c’est la moto qui apparaît dans le paysage du Mondial avec des sprints, de 2009 à 2011.La course est alors une endurance de six heures, puis de huit heures en 2012. Après une absence de six ans, la moto réapparaît dans le programme de la manifestation en 2018 et confirme son retour en 2019 avec L’Ainduro.La 22éme édition accueille le ‘Kenny Quad Contest qui, depuis remporte toujours un grand succès et confirme son rôle d’antichambre des 12heures. En 2014, est ajoutée l’épreuve du ‘Kids Quad, réservée aux 9-15 ans.En 2019, des jeunes concurrents tchèques s’ajoutent aux huit nations représentées dans cette course. Là aussi, il s’agit de coureurs prometteurs puisqu’en 2019, deux jeunes pilotes du ‘Kids Quad 2018, Tony de Palma et Louis Constant, s’inscrivent directement à l’épreuve du Mondial. Le père de Tony de Palma avait d’ailleurs eu un podium plusieurs fois à Pont-de-Vaux. Dernière épreuve inscrite au programme de ces quatre jours, l ‘endurance SSV, qui marque une pause en 2022.
Au terme de notre saga, vous en savez dorénavant beaucoup plus sur cette fratrie Maingret! Lorsque certaines personnes interrogent Bernard, l’aîné, qui se dépense toujours sans compter, comme au guidon de ses machines de course qu’il continue de restaurer avec passion, minutie et talent : Pourquoi faîtes – vous ça ? Bernard répond modestement :« C’est pour le rayonnement de notre belle région!Chapeau bas, Messieurs ! Texte Michel PICARDPhotos Archives MAINGRET et Michel PICARD [caption id="attachment_404923" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE de SHINOZUKA au DAKAR 1997[/caption][caption id="attachment_404928" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE de ZANIROLI au DAKAR 1985[/caption][caption id="attachment_404929" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE d’Hubert AURIOL au DAKAR 1992 au CAP[/caption][caption id="attachment_404927" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE de Bruno SABY au DAKAR 1993[/caption][caption id="attachment_404931" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE de Stéphane PETERHANSEL au DAKAR 2004[/caption] [caption id="attachment_404926" align="aligncenter" width="828"]
VICTOIRE au DAKAR 2006 de Luc ´Lucho ALPHAND[/caption]https://autonewsinfo.fr/2022/08/26/la-saga-maingret-un-siecle-de-passion-2eme-episode-404083.html]]>










