Difficile au Mans Classic 2025 évidemment dans cet étalage somptuaire des stars mancelles depuis 1923, de ne retenir que dix modèles.
C’est en quelque sort le ‘Hall of Fame subjectif d’un journaliste plus très jeune qui vit au Mans et qui a passé une grande partie de sa vie entre stands, virages et salle de presse du Mans.
Pour simplifier les choses, j’ai désigné hors-concours, celles-là, trois voitures improbables qui ne connurent pas de gloire sportive au Mans mais qui sont revenues dans la Sarthe, entourées de leurs mystères et de leurs histoires.
Le Top 10 des plus efficaces viendra demain samedi.
Ces trois-là représentent l’audace stylistique, la volonté de sortir des sentiers battus.
Elles furent en leur temps de véritables OVNI automobiles qui même, si elles ne connurent aucune gloire sportive, n’en restent pas moins des repères identifiés dans la légende mancelle.
A Paris un armateur grec, André Embircicos fait carrosser une Bentley par Georges Paulin. Cette voiture est un anachronisme.
Elle sera engagée au Mans en 1950 sans grande réussite à vrai dire.
Face aux Ferrari, Talbot, et autres Cunningham, c’en était fini des espoirs de ces gentlemen constructeurs.
Georges Paulin ne vit pas les exhibitions de cette voiture. Résistant, le peloton d’exécution des nazis l’avait abattu en 1942 lors des exécutions du Mont Valérien.
LE MANS CLASSIC 2025 LE-MONSTRE-CADILLAC Photo Paulo GALEGO
La Cunningham 1950 dite Le Monstre.
LE MANS CLASSIC 2025 LE-MONSTRE-CADILLAC – Photo Willy CHANTELOUP
Briggs Cunningham fut le premier Américain tombé amoureux des 24 Heures du Mans. Il débuta la construction de voitures de compétition en 1940 en associant les meilleurs éléments de la construction automobile de son pays.
Pourtant il n’hésita pas à mettre un moteur Cadillac dans une Cadillac. Il faut dire que les redoutables commissaires techniques manceaux avaient refusés sa « Fordillac », engin hybride il est vrai des deux immenses marques qu’étaient déjà Ford et General Motors.
Briggs, fin renard, confia alors la fin de la réalisation de sa Série 61 à un garagiste manceau. La voiture passa alors les vérifications techniques.
Au grand plaisir des Sarthois qui ne tardèrent pas de l’affubler d’un nom gargantuesque cet immense paquebot à roue :
Le Monstre.
Il faut dire qu’en son temps l’audacieux aviateur Wilbur Wrigth, lui, était appelé « Vieille burette » par les Manceaux toujours prompts à trouver des surnoms originaux.
Le Monstre fit taire les railleurs en terminant onzième de l’épreuve.
LE-MANS-CLASSIC-2025-LE-SACRÉ VOLANT DU MONSTRE-CADILLAC-Photo-Thierry-COULIBALY.
Cunningham se fit un nom à l’international avant de partir sur ses bateaux pour gagner la prestigieuse Coupe de l’America en 1958, grâce à deux ou trois inventions de génie comme ce second hale-bas régleur du point d’amure ! Les marins apprécieront…
La Maserati Tipo 151
LE MANS CLASSIC 2025 – LA MASERATI TIPO 151/4 de 965 – Photo Jean Marie BIADATTI
Bien sûr, il y avait les Ferrari 250 GTO. Mythiques et incontournables. Mais que dire de cette Maserati Tipo 151.
Un capot avant long comme la ligne droite des Hunaudières, un galbe d’actrice de ‘Cinecita, un arrière tronqué à faire pâlir le plus pointilleux des aérodynamiciens !
Et un son de diva ! Hélas ce vendredi 4 juillet elle a pris feu… La belle Italienne
En 1962, c’est une nouvelle réglementation qui conduit les patrons de Maserati, à construire deux Tipo 151.
L’une pour Briggs Cunningham (encore lui) et l’autre pour Maserati France.
Fini la birdcage aux tubes fins et multiples, arrivée du tubulaire plus conventionnel. Le moteur est ramené à 4 litres pour répondre aux normes réglementaires, culasses, à double arbres à cames, carter sec et quatre gros Weber pour étancher la soif de la belle Italienne!
LE MANS CLASSIC 2025. MASERATI TIPO – Photo Thierry COULIBALY
Le cockpit semble repoussé vers l’arrière de la voiture, silhouette étonnante de cet avion de chasse. Plus de 310 kilomètres/heures sur les Hunaudières, les voitures font un malheur aux essais.
Hélas, en course ce sera bien moins brillant. Les deux Tipo abanderont au 62 et 142ème tours, laissant la victoire à la cousine italienne : la Ferrari 33 TR 1 LM.
Trois voitures étonnantes peu ou pas du tout vue au Mans Classic depuis sa création, il y a plus de 20 ans.
Trois preuves de l’audace des créateurs qui font du Mans et des 24 Heures, un formidable terrain pour l’innovation et l’art automobile
Jean-Michel LE ROY
Photos : Thierry COULIBALY – Willy CHANTELOUP – Racingshoots -Paulo GALEGO et Jean Marie BIADATTI – PhotoClassicRacing
Pour vous offrir la meilleure expérience possible, nous utilisons des technologies comme les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations de votre appareil. En acceptant ces technologies, vous nous autorisez à traiter des données telles que votre comportement de navigation ou vos identifiants uniques sur ce site. Le refus ou le retrait de votre consentement peut affecter certaines fonctionnalités.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l'accès technique est strictement nécessaire à la finalité légitime de permettre l'utilisation d'un service spécifique explicitement demandé par l'abonné ou l'utilisateur, ou à la seule fin d'effectuer la transmission d'une communication sur un réseau de communications électroniques.
Preferences
The technical storage or access is necessary for the legitimate purpose of storing preferences that are not requested by the subscriber or user.
Statistiques
The technical storage or access that is used exclusively for statistical purposes.Le stockage ou l'accès technique est utilisé exclusivement à des fins statistiques anonymes. Sans assignation à comparaître, consentement volontaire de votre fournisseur d'accès à Internet ou enregistrement complémentaire auprès d'un tiers, les informations stockées ou récupérées à cette seule fin ne permettent généralement pas de vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l'accès technique est nécessaire pour créer des profils d'utilisateurs afin d'envoyer de la publicité ou pour suivre l'utilisateur sur un site Web ou sur plusieurs sites Web à des fins de marketing similaires.