Cette réalisation hétéroclite représente parfaitement l’imagination incarnée dans l’air du temps durant les années ’70 qui ont vu se succéder des constructions bizarroïdes comme la LOTUS 56B à Turbine, la MARCH 711 avec son nez en forme de pelle, la LIGIER JS35 avec son imposante boîte à air, la TYRRELL P34 à 6 roues, la BRABHAM BT 46B et son diffuseur arrière en forme d’aspirateur,la LOTUS 80 à effet de sol, la FITTIPALDI F 6A et son museau style Concorde ou encore la ENSIGN N179 avec ses radiateurs frontaux en forme d’escaliers !!!Tout cela à une époque où l’analogique primait encore en F1, que les souffleries n’étaient pas encore à l’ordre du jour et sans recours à la dynamique d’ordinateurs ultras-puissant comme outils de simulations permettant des projections infinitésimales.Incontestablement les années ’70 resteront gravées comme riches en designs de toutes sortes et peu de monoplaces de Formules 1, se ressemblant en raison d’une réglementation technique permissive.
TEAM EIFELLAND ET STOMMELEN LE RÊVE ALLEMAND.
C’est probablement, la proximité du circuit du Nürburgring qui en 1970 donna envie aux frères jumeaux Günther et Heinz HENNERICI établis à MAYEN à 20 Km du majestueux circuit allemand où ils construisaient des caravanes dans leur propre entreprise sous l’appellation ‘’EIFELLAND WOHNWAGENBAU’’ de réaliser leur rêve en créant en parallèle une écurie de course automobile.Dès 1970, en effet sous le nom de leur propre entreprise des voitures de F3 ont couru et gagné ce qui dans la lancée incita les frères HENNERICI à passer à l’étape suivante de l’antichambre de la F-1,la F-2 allant même jusqu’à engager la bagatelle de… cinq voitures pour l’épreuve ‘’at home’’au Nürburgring en 1971 pour Hannelore WERNER (MARCH 712), Hans-Joachim STUCK (BRABHAM BT30),Dieter QUESTER (MARCH 712), Rolf STOMMELEN (BRABHAM BT36) et Willi DEUTSCH (MARCH 702).De ce quintet, Rolf STOMMELEN pilotait également une SURTEES-FORD en F1 mais sans grand succès ce qui fouetta manifestement la fibre nationale des frères HENNERICI décidés de créer leur propre Team de F1 avec Rolf STOMMELEN, comme fer de lance pour combler un vide datant de 1961 avec PORSCHE et Hans HERMANN.Günther HENNERICI, l’homme-orchestre du Team EIFELLAND, décida fin 19, de s’établir dans la catégorie reine en rachetant un châssis MARCH 721 avant de se laisser convaincre par le designer Berlinois Luigi COLONI, connu pour ses approches audacieuses en matière de design industriel.A la base, la MARCH 721 possédait un aileron avant monoplan elliptique déjà vu sur la MARCH 711 que COLANI s’appliqua à remplacer rapidement par un capot avant plongeant doté d’une partie aérodynamique entièrement revue avec une prise d’air inhabituelle à hauteur du cockpit et un rétroviseur central unique en forme de périscope qui donnait à l’ensemble une ligne futuriste.Certes COLANI faisait partie du Gotha des designers de l’époque et même s’il était devenu un maître de l’ergonomie entre concevoir du mobilier ou des ustensiles révolutionnaires et rendre une F-1 aérodynamiquement efficace, il y avait de la marge…Mais ce champion de l’esthétique parfois fantasque ? outre son coup de crayon magique n’était pas avare de déclarations fracassantes comme à ses débuts en F1, en tant que designer lorsqu’il s’était attaqué à transformer radicalement une ancienne MARCH 721 en EIFELLAND F1 Type 21 en déclarant au grand désarroi d’écuries établies comme Mc LAREN, TYRRELL ou BRABHAM que la majorité des voitures de F1 ressemblaient à de vilaines boîtes à œufs ! FIN DE L’AVENTURE APRÈS 8 GP !
Le premier engagement de cette nouvelle écurie eut lieu au GP d’Afrique du Sud à Kyalami en 1972 mais en l’absence du patron Günther HENNERICI retenu à Mayen où un incendie avait détruit une partie de ses ateliers juste avant de partir en Afrique du Sud, où le pilote maison Rolf STOMMELEN parvint à qualifier cette voiture à la robe avant-gardiste en 25ème position sur la grille de départ composée de 27 partants et terminer ensuite 13ème à deux tours du vainqueur HULME(Mc LAREN) et juste derrière la FERRARI de Clay REGAZZONI.La suite se résumera à un échec puisque STOMMELEN sera confronté en permanence à une voiture récalcitrante à cause d’une carrosserie trop enveloppante qui provoqua une surchauffe chronique obligeant l’équipe technique de modifier régulièrement l’ensemble d’un point de vue aérodynamique et optique, faisant de l’EIFELLAND E31 et que COLANI avait défini comme ‘’révolution aérodynamique’’ … déjà une simple pièce de musée !Au total, Rolf STOMMELEN a disputé 8 Grands Prix à son bord, avec comme meilleurs classements 2 dixièmes places à Monaco et à Brands Hatch en Angleterre, tandis que les GP d’Espagne,d’Allemagne et d’Autriche se soldèrent par autant d’abandons suite à des problèmes moteur ou électrique.Suite à des turbulences financières obligeant HENNERICI à revendre sa société à la mi-saison 1972 les nouveaux acquéreurs eurent tôt fait d’en rester là, provoquant du coup la fin de cette aventure en F-1 à l’ambition obsessionnelle et qui malheureusement s’est terminée avec le goût amer de l’échec. Manfred GIETPhotos : PUBLIRACING ]]>










