RENAULT-TALISMAN. Carlos GHOSN- Photo-Gilles VITRY[/caption] Dans un entretien ‘au vitriol’ qu’il a accordé au début du week-end, le samedi 12 février 2022, depuis Beyrouth où il s’est réfugié en décembre 2019, lui, l’homme aux … multiples nationalités et passeports assortis (Libanaise-Brésilienne et Française) à nos confrères du quotidien ‘Le Parisien’, l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, donne et fournit quelques tuyaux sur les circonstances de sa rocambolesque évasion du Japon, son amertume vis-à-vis du gouvernement français mais aussi et surtout sur l’actuelle situation concernant la firme au losange, le constructeur Renault qu’il a longtemps dirigé.Questionné tout d’abord en préambule sur les détails de l’évasion, camouflé et planqué dans une malle comme un vulgaire malfrat puis transporté ensuite dans la soute d’un avion privé, Carlos Ghosn confie des détails croustillants sur cette fuite qui a passionné le monde entier fin décembre 2019 :« J’étais recroquevillé, dans l’obscurité. Mais à l’écoute, je savais à quelle moment prévis du plan je me trouvais. Dans la soute, je n’ai pas eu peur de manquer d’oxygène, il faisait un peu froid, mais par rapport à ce que j’avais vécu, ce n’était pas cela qui allait m’inquiéter. J’étais tellement outré de la façon dont j’étais traité qu’il n’y avait pas de place pour la crainte ».Concernant l’attitude du gouvernement français, l’ancien patron de Renault, l’accuse de l’avoir lâché et abandonné !Et il explique sa rancœur au sujet de Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et de finances : «C’est lui qui a donné une consigne claire à deux membres du conseil d’administration de Renault, leur intimant les instructions à suivre: « On abandonne Carlos Ghosn, on ne peut plus le soutenir ».Et l’homme d’affaires de préciser :« Ces deux membres clairement identifiés étaient bien présents dans son bureau, ils m’en ont parlé. Est-ce que Bruno Le Maire a pris la décision seul ? Est-ce qu’il a reçu des ordres ? Je n’en sais rien. Mais il est au centre de toute cette affaire. Ce ne sont pas des accusations, ce sont des faits, avec des témoins. Les langues vont se délier avec le temps et nous saurons pourquoi la France m’a lâché ».L’ancien patron en profite pour rappeler qu’il a reçu chez lui au Liban, à Beyrouth la visite d’un ancien Président de la République…Sans préciser son identité … Nicolas Sarkozy ou François Hollande ?Selon les rumeurs qui circulaient à l’époque, il semble bien qu’il s’agisse de Nicolas SarkozyCarlos Ghosn confie à nos confrères du Parisien :« Vous savez ce qu’il m’a dit ? »… « Si j’avais encore été Président, j’aurais envoyé le premier ministre à Tokyo. Et, il n’aurait pas quitté le Japon sans que vous ayez embarqué avec lui dans l’avion ! » Néanmoins, si Carlos Ghosn se montre amer avec les autorités françaises, cela ne l’empêche nullement d’espérer revenir en France de qu’il en aura la possibilité« Pour l’instant, je ne peux pas revenir. Il y a une notice rouge d’Interpol – demande d’arrestation – qui m’en empêche, et effectuée à la demande du Japon. Je la combats avec mes avocats. Je suis Français, j’ai été éduqué en France, j’ai vécu en France, j’ai une attache très profonde. La France est là, elle reste, les gouvernements, eux, passent. Bien sûr que le jour où je pourrai, je reviendrai en France.»Puis, interrogé sur les sommes que lui réclame l’administration fiscale, Carlos Ghosn reste évasif : « Je ne veux pas parler de chiffres. Mais je le répète, pas un sou n’a manqué à l’État français, toutes les déclarations ont été parfaitement faites. L’administration fiscale, d’ailleurs, a accepté mes impôts sans un mot pendant des années. Quand a-t-elle rouvert le dossier ? Lorsque j’étais en prison au Japon…»Du coup, l’ancien patron de Renault, souhaite vraiment avoir la possibilité de défendre son dossier devant la justice française.En venant à la situation actuelle du Groupe Renault qu’il a longtemps dirigé, et qui a indiqué au cours du mois de janvier que ses ventes avaient considérablement baissé en 2021, avec près de 2,7 millions de véhicules écoulés dans le monde (- 4,5% par rapport à 2020), Carlos Ghosn, fait savoir qu’il ,e se sent partiellement nullement responsable de ces résultats, bien au contraire, lâchant :« Punaise ! J’ai fait la croissance de Renault pendant treize ans, l’État français était présent chez Renault, j’ai obtenu des résultats exceptionnels et aujourd’hui, certains ont l’indécence de dire que les résultats minables de 2019, 2020 et 2021, c’est à cause de moi ?»Et Carlos Ghosn d’indiquer sèchement :« L‘ancien numéro 1 mondial (Renault-Nissan) est devenu un petit constructeur fragile, tenu en laisse par le ministère de l’Économie et ce en raison du PGE qui lui a été octroyé pour faire face à la crise du Covid. »Et il ajoute encore et précise :« Avec un management qui, trois ans après, attribue toutes ses difficultés à une soi-disant course aux volumes. Ils auraient pu trouver des attaques un peu plus fines. Franchement, je trouve cela indécent »Enfin, au sujet de l’Alliance, entre les trois constructeurs, Carlo Ghosn, confie :« Renault n’a aucune influence sur le conseil d’administration de Nissan, c’est manifeste. Monsieur Senard (Jean-Dominique, l’actuel Président de l’Alliance, ex Michelin) a bien tenté de devenir le Président du conseil d’administration de Nissan, ce que j’étais, et ils ont dit non. Et la volonté de travailler ensemble, franchement ! Des gens à l’intérieur de l’Alliance me disent qu’il ne se passe plus rien.»Voilà ce qu’avait à dire plus de deux ans après l’affaire, Carlos Ghosn.Que dire ? Qu’ajouter ?Chacun appréciera…Entre vérité, amertume, vengeance ! Gilles GAIGNAULTPhotos : Gilles VITRY et Philippe GENET [caption id="attachment_316786" align="aligncenter" width="828"]
CARLOS GHOSN- Dans son vignoble Libanais IXIR- Photo: Philippe GENET.[/caption] ]]>
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