Les légendes mancelles s’affichent à Rétromobile : Nous nous sommes tant aimés !
Allez, je vais vous l’avouer, jusqu’à cette édition 2025, je n’étais pas un fan inconditionnel des salons consacrés aux voitures anciennes.Trop de vis et boulons me faisaient plus penser à une casse automobile des années 70, qu’à un musée ou une galerie d’arts mécaniques…Et puis beaucoup trop de Messieurs sans doute riches, en petits vestons anglais et gilets en pur duvet de canard siglés d’une marque très confidentielle.Avec dans le regard ce que chacun déteste avant tout quand il n’a pas gagné sa Rolex après cinquante ans, une morgue et un regard très distant sur ce qui fait notre vie et notre passion : la course automobile !!!J’avais l’impression d’être plus dans un salon de thé pour vieux aristos décadents que dans un espace consacré à l’histoire de la production automobile.
Mais cette édition 2025, m’a assez rapidement fait changer d’avis. Sans doute parce que le temps me fait entrer moi aussi dans la catégorie des ‘old timers, sans doute aussi parce que peu à peu, le monde de l’automobile entre dans une nouvelle aire.Evidemment, les ‘pseudo spécialistes de la modernité se gausseront de l’approche très nostalgique de ce monde envahi par les bagnoles pétaradantes mais j’ai trouvé une atmosphère différente à la Porte de Versailles, alors que je m’aventurais au milieu d’une belle ribambelle de trésors et de page entière de l’histoire de ces fantastiques objets de liberté que furent les automobiles mais aussi les motos des cent dernières années.En fait, c’est surtout le plaisir de retrouver les acteurs et actrices de toute une vie consacrée essentiellement à la course automobile qui envahit un cerveau mis sous tension par tant d’images qui défilent.Des confrères plus vraiment tout jeunes, des amis qui furent d’extraordinaires attachés de presse, des patrons d’écurie au palmarès plus que chatoyant, des organisateurs et officiels toujours aussi passionnés et passionnants mais aussi et surtout des pilotes tout heureux eux aussi de se replonger dans leurs grandes heures.
Tels ce mercredi 5 février 2025, Gérard Larousse, Jean Claude Andruet, Max Mamers, Alain Gadal, Pierre et Marcel Ragues, Philippe Alliot, Yvan Muller, René Arnoux et bien d’autres, autant de noms qui s’étalaient sur les pages des quotidiens et journaux spécialisés qui n’avaient pas encore pris parti, contre la mobilité sportive automobile, surtout parce que le ballon rond n’avait pas encore envahi les colonnes des journaux sportifs et d’actualités. 
La Rondeau victorieuse au Mans en 1980 à vendre

En tant que manceau, je ne pouvais pas traverser ces pages d’histoire automobile sans faire mon petit palmarès des voitures du Mans présentes à ce salon.Au premier rang évidemment la voiture victorieuse des 24 heures du Mans en 1980, l’inoubliable M379 Rondeau noire, bizarrement flanquée pour le coup du numéro 16 et non du 20 de la victoire Sarthoise!Cette voiture ‘historique … est à vendre et j’avoue que j’ai été un peu surpris pas le manque total de motivation des deux ou trois petits marquis préposés plus à la coupe de champagne qu’à la défense de leur produit.Visiblement, aucun d’entre ces jeunes n’avait un jour ou l’autre était concerné par l’aventure de la bande à Jean.Une question me taraude toujours, est-ce vraiment la voiture qui a franchi la ligne d’arrivée devant la Porsche de Jacky Ickx ?Nous sommes quelques-uns en Sarthe à nous poser la question de l’origine de cette voiture puisque nous avons le souvenir du démontage totale de celle-ci, dès le lundi 16 juin 1980 au lendemain de la course…D’autant que la 15, en tout point identique, elle, a totalement disparue de la circulation !Elle avait abandonné bien tôt et avait ainsi perdu toute sa valeur.
Une Ferrari 250 LM (elle non plus pas vraiment certain qu’elle fut la voiture victorieuse) elle, a été vendue cette semaine aux enchères pour la bagatelle s’il en est de … 31 millions d’€ !C’est dire combien désormais pèse une ancienne victoire au Mans.
Au hasard des allées, on rencontre une Pescarolo, une Zytek, des Porsche mancelles, une Audi, une Alfa Roméo, des Ferrari, une autre Rondeau 379, une Sauber Mercedes, des Ford GT 40, des Aston Martin bref un véritable et imposant peloton digne des plus beaux plateaux du Mans Classic !
On imagine combien la grande épreuve historique mancelle a dû influencer le marché de la revente des modèles ayant une histoire dans la Sarthe.Mais évidemment, bon nombre d’entre elles, ne sont sûrement que d’habiles reconstructions de voitures accidentées ou pour certaines ayant carrément brulées !!! voire tout simplement des copies… car ce marché existe et prolifère au fil des ans !!!On connaît le talent pervers des négociants de ces modèles pour extraire des comptes en banques des passionnés nostalgiques d’énormes sommes pas toujours justifiées.L’heure est la réalisation de colossales affaires, sans doute à la mesure de la déflagration qui attend le monde de l’automobile des prochaines années. Jean Michel LE ROY (ex directeur des Automobiles Jean-RONDEAU) et journaliste à OUEST France)Photos / Patrick MARTINOLI – Thierry COULIBALY – Bernard BAKALIAN 












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