F1-LOTUS-88-©-Manfred-GIET[/caption] Il s’agit de la LOTUS 88 qui au départ était un chef d’œuvre de créativité mais qui restera dans les annales, comme la plus F1 la plus éphémère, puisque à peine terminée et quelques séances d’essais au compteur, elle fut tout simplement interdit, car déclarée non conforme par la FISA(Fédération Internationale du Sport Automobile) récupéré ensuite par la FIA (Fédération Internationale Automobile) et ce naturellement au grand dam du staff technique LOTUS !A noter que cela se passe à l’époque, en plein conflit que se livraient la FISA, la plus haute instance du sport automobile, et la FOCA, l’Association des Constructeurs en F1, où d’un côté cette dernière voulait faire interdire les moteurs Turbo, alors que la FISA avait comme intention d’interdire les jupes latérales qui équipaient les monoplaces dites à effet de sol.Profitant de cette situation, Colin CHAPMAN décida de frapper un grand coup pour contourner le règlement technique qui prévoyait que les monoplaces de F1, devaient afficher une garde au sol de 6 cm afin de bannir l’effet de sol en vigueur sur ce que l’on définissait comme voitures ‘’wing cars’’ entre 1979 et 1982.Avec la mise en chantier de la LOTUS 88 à Hethel, petit village du Norfolk, où l’écurie avait ses bases, les concepteurs sous les ordres de CHAPMAN, Peter WRIGHT, Tony RUDD et Martin OGILVIE s’aventurèrent jusque … dans les zones grises du règlement et ce pour concevoir un bolide non conventionnel et qui se démarquait totalement de la concurrence.
BATMOBILE.
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F1-LOTUS-88- L’exemplaire destiné à Elio de ANGELIS, tel que l’on peut encore l’admirer lors de courses historiques-©Manfred GIET[/caption] L’astuce consistait à imbriquer deux parties de châssis l’un dans l’autre, pour faire gagner beaucoup de motricité à l’ensemble, dont la robe avait plutôt l’aspect d’une BATMOBILE.Cette originalité que d’aucuns qualifièrent de ‘double châssis’ avec une partie supportant l’ensemble coque-moteur et suspensions, tandis que la seconde partie se superposait à la première, partie pour constituer uniquement la carrosserie.Le principe de cette ingéniosité technique, avec deux châssis distincts, mis au point par les concepteurs, permettait l’utilisation d’une partie primaire, comprenant tous les éléments aérodynamiques et une partie secondaire, pour les parties mécaniques !L’ensemble de ces deux châssis imbriqués l’un dans l’autre, permettait de garder une assiette aérodynamique efficace.LEVÉE DE BOUCLIERS
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F1 – LOTUS-88-©-Manfred-GIET[/caption] Après des premiers tests effectués par Nigel MANSELL et Elio de ANGELIS, les deux pilotes maison sur un ‘’étalon’’ siglé LOTUS 86, lui-même dérivé de la LOTUS 81 à châssis monocoque aluminium sur , lequel fut adapté un système à grande échelle, rappelant les petits amortisseurs généralement utilisés sur les hayons arrières des voitures de série, et rendant possible un amortissement rapide en compression et lent en détente.Cette subtilité permettait au châssis primaire de s’abaisser rapidement sous l’effet des forces aérodynamiques générées et de remonter lentement tout en continuant de racler le sol lors des freinages.MANSELL et de ANGELIS testèrent … en toute discrétion, la LOTUS, ainsi équipée sur le circuit de Jarama près de Madrid en Espagne, où la nouvelle se répandit comme une onde de choc auprès de la concurrence qui craignait de se retrouver à la traîne, face à ce système révolutionnaire même si cette LOTUS 86 était conforme au règlement mais au détriment de l’esprit. [caption id="attachment_384300" align="aligncenter" width="828"]
F1- Colin CHAPMAN décédera un an après son coup de génie, avorté avec la Lotu -88 © Manfred GIET[/caption] Quant à Colin CHAPMAN, il n’en avait cure, persuadé qu’il était que son système était parfaitement légal et du coup fit construire deux exemplaires siglés LOTUS 88 dotés de châssis en fibre de carbone/kevlar qui furent présentés en grande pompe à Londres en février 1981.A la suite des premiers tests effectués ensuite au Circuit Paul Ricard, en avant-saison ‘81 où était également présent le Team ALFA ROMEO avec ses 179 et ses pilotes Bruno GIACOMELLI et Mario ANDRETTI, il était difficile de tirer une première conclusion sur le comportement de cette LOTUS T88 révolutionnaire.Afin de pouvoir se jauger par rapport à cette voiture inédite, ALFA ROMEO prit le relais à la fin de la séance d’essais LOTUS avec un verdict sans appel en faveur de la LOTUS T88 plus rapide d’une seconde au tour.Cette suprématie insolente avérée par la suite, mobilisa la concurrence au point d’en devenir une affaire juridique entre la Commission Sportive et Technique, la FISA, Ecclestone à la double casquette en tant que patron de la FOCA et propriétaire du Team BRABHAM dont les BT 49C présentaient pourtant aussi pas mal de zones d’ombre, et les Constructeurs.Lors des trois premiers Grands Prix de la saison 1981, l’imbroglio fut total, au point que la LOTUS 88 prise en étau, entre les décisions des Commissaires Techniques locaux et des Commissaires Sportifs et dont les avis divergeaient en permanence, fut donc à chaque fois interdite de roulage obligeant du coup MANSELL et de ANGELIS, à se rabattre sur des LOTUS 81B.Une dernière tentative avec une LOTUS siglée 88 B, légèrement modifiée eut lieu lors du GP d’Angleterre de la même année, mais en dépit des arguments avancés par Colin CHAPMAN et l’appui du Royal Automobile Club Anglais (RAC) les Commissaires Sportifs de la FISA ne se laissèrent pas infléchir, si bien qu’au décompte final, chez LOTUS, on dut se rabattre sur un châssis T87 peu performant pour terminer la saison tandis que celle qui aurait dû être l’arme fatale en 1981,la LOTUS 88 se retrouvait définitivement au Musée ! Manfred GIETPhotos : Publiracing Agency ]]>










