Des années durant, à la grande période, ou le pétrolier Français ELF était bien présent en Formule 1, acteur incontournable surtout depuis le milieu des années 60, finançant d’une part écuries et pilotes mais offrant bien évidemment aussi ses produits – lubrifiants et carburants – soumis à d’intenses recherches chez ELF au labo de la raffinerie de Feyzin avec Jean-Claude Fayard, puis Gilbert Chapelet, aux différentes équipes utilisant le moteur Renault, Renault bien sûr mais pas que, car au fil du temps et des années, successivement Lotus, Ligier, Benetton, Williams et même Tyrrell, équipant leurs monoplaces, du moteur ‘Made in France !Et, d’autres encore, tel Arrows, le Team de Tom Walkinshaw.ELF a ainsi fourni, outre le Renault, ses produits a beaucoup de différents moteurs (Judd-Ford Cosworth-Illmor).Et pour contrôler la bonne utilisation et le bon fonctionnement des lubrifiants, chez ELF, on avait confié la mission, le job donc… à une technicienne, en la personne de la Grenobloise Valérie Jorquera !Première femme à jouer un rôle technique dans ce milieu totalement masculin et depuis toujours !!!
UN PEU D’HISTOIRE…
C’est par la moto à 20 ans – son père Antoine étant un motard passionné – que Valérie débute en sports mécaniques, au Moto Club de Grenoble et à l’Automobile Club.Valérie entame ensuite sa carrière en octobre 1967 au sein du Groupe ELF, nouvellement créé, comme commerciale à Grenoble, ville dont elle est originaire.Le 1er mai 1976, elle rejoint Paris, où Valérie intègre la direction lubrifiants ELF, où elle effectuera des stages à l’IFP (Institut Français du Pétrole), à Rueil-Malmaison, prés de Paris.Puis, elle est en charge des tests huile, au labo situé à Buc prés de Versailles.Son parcours va la mener d’abord aux très réputés 24 Heures du Mans 1976, puis assez vite ensuite jusqu’aux Grands Prix de Formule 1, où elle débutera un an plus tard.1976, effectivement où elle découvre pour le pétrolier ELF, le monde et l’univers enivrant s’il en est de la compétition, en étant d’une part envoyée en juin, aux 24 Heures du Mans, où elle travaille dans les stands de l’équipe Renault et ensuite au cours de l’été sur les Grands Prix Motos du Championnat du monde de vitesse.Effectuant sa toute première mission aux cotés du pilote Français Michel Rougerie – déjà multiple vainqueur en GP – cette même année 1976, et ce à l’occasion du lointain Grand Prix de Finlande, disputé à Imatra, localité pas très éloigné de la frontière Russe. Le motard de Rosny sous Bois, roulant sous les couleurs ELF.
Il lui faudra Valérie patienter jusqu’en 1977, où elle débarque en GP F1… lors du plus prestigieux des GP, celui de Monaco, qu’elle suit dans le stand Ligier et ses deux pilotes qui brillent en ce début de saison, Jacques Laffite et Patrick Depailler ayant remporté trois des cinq premiers Grands Prix (Argentine-Brésil- Espagne) les deux autres revenant à la Ferrari du Canadien Gilles Villeneuve !A partir de 1979, Valérie suit la débutante – 1ère sortie au British GP 1978 – équipe Française Renault-ELF. Et ensuite, au fil des contrats et partenariats, elle sera affectée dans tous les Teams qui portent les couleurs ELF, dont outre Ligier et Renault, Lotus, Benetton, Williams et Tyrrell, où elle officie comme assistante technique pour le pétrolier.En charge de l’intendance, effectuant les rapports techniques sur les incidents et les prélèvements pour les analyser ensuite en laboratoire à Paris.Valérie à son arrivée dans ce département, dépendait du boss du service des lubrifiants, Jean-Claude Nativelle, puis d’André Duval pour les carburants.
Coté compétition, où elle fut affectée début 1989, elle faisait partie du service de l’incontournable ‘ grand patron, le très apprécié, l’inoubliable François Guiter, l’homme qui grâce à ELF a permis de relancer en France, la course, les écuries et les futurs pilotes de renom (Alain Prost-Jacques Laffite-Patrick Depailler-Didier Pironi-Jean Pierre Jabouille-René Arnoux et Henri Pescarolo, entre autres).C’est à partir de là, qu’ELF récupère un spectromètre, utilisé dans les sous -marins par l’US Navy, la marine Américaine, pour analyser sur place, les métaux d’usure de l’huile. Après François Guiter, le poste de Directeur marketing ELF France en charge de tout le tout le sponsoring mondial, verra l’arrivée de son successeur, le discret Antoine Vuillaume qui lui succède, lors de sa retraite fin 89.Le service course ELF, était à l’origine dirigé par Jean-Marie Dumazer, puis à sa retraite par Dan Trema, Valérie quittant son bureau d’Issy les Moulineaux pour intégrer le siège à la Tour ELF, situé au cœur du ‘ Manhattan Parisien, dans le quartier de la Défense.
Véritablement toujours très appréciée de tout le paddock, pas seulement des Français, à une époque où il n’y avait pratiquement aucune femme, exception de quelques rares attachées de presse et journalistes, Valérie Jorquera a officié sur les GP, jusqu’à sa retraite, qu’elle a prise en 2002.Quittant alors Paris pour revenir dans le Dauphiné et retrouver sa bonne ville de Grenoble.Ou, pour s’occuper et faire bénéficier de ses solides connaissances, compétences et bien évidemment de son immense expérience, elle s’est rapprochée de l’Automobile Club Dauphinois de ses débuts et qu’elle retrouvait.Conservant naturellement les contacts avec le milieu au travers des réseaux sociaux, cultivant ainsi ses relations.
Valérie dit avoir vécu une merveilleuse expérience malgré une réticence bien masculine au départ, mais elle rappelle qu’il est important de sa battre pour aller au bout de ses rêves ! Dans sa jeunesse, la Grenobloise reconnait encore, qu’elle n’avait jamais imaginé, outre tous les pays Européens, se retrouver un jour… en Amérique du sud, au Brésil ou en Argentine, ou au lointain Japon.Ni, non plus en Australie, à Singapour ou bien encore en Chine ou en Inde, autant de destinations qui lui ont permis en couvrant les Grands Prix de Formule1, d’assouvir ses passions… la course et les voyages.Valérie, nous rappelant qu’au cours de sa carrière, avec et grâce à ELF, a fait 17 fois le Tour du monde !!! Gilles GAIGNAULTPhotos : Archiv’ELF – Bernard ASSET – Ercole COLOMBO










