
Ferrari, la patte sur la course en entrant dans la nuit mancelle
Le temps de la photo de départ, les Cadillac du Team Jotta ont mené la course. Mais imparablement, avec beaucoup de réactivité, le Français Julien Andlauer et sa Porsche, s’est vite occupée de montrer aux deux américaines que Le Mans était le terrain de chasse des 963 badgées du logo de Stuttgart.Un premier relais très solide permettait aux allemands de poser leurs crocs sur une course qui, on le savait, n’allait surtout pas ²trouver sa conclusion ce samedi.Comme toutes les courses du mondial WEC, elle allait se dérouler selon un scénario désormais coutumier.Une prise de rythme très construite, selon des tableaux de marche d’une rigueur et d’une précision quasi mathématique.Tout ce petit monde croisait entre 3’28 ‘’’et 3’30’’, ce qui serait les temps de base de tous ces protos.Même si c’est très difficile au Mans, les Hypercars s’acquittèrent toutes ou presque relativement bien de cette mise en action.Sauf pour une Peugeot, celle de l’Ecossais Paul Di Resta qui optimiste sur un dépassement au 1 ème tour sortait assez violemment de la piste au Virage Porsche, un endroit à ne pas commettre ce type de faute…Choc avant et arrière, la 9X8 perdait à peine une minute pour changer ses capots avant et arrière. C’était peu mais suffisant pour se trouver relégué en queue du peloton de la catégorie.Tout le monde s’aperçut rapidement que s’il y avait une voiture à suivre, c’était celle de Kevin Estre qui partant en dernière position de la grille des Hypercars, était déjà remonté à la 13ème place à la fin du 1er tour, 10ème au 8ème , 5ème au 15ème, 3ème au 2 ème pour finalement incroyablement passer en tête au 24ème passage !
Un super Laurens Vanthor ensuite faisait littéralement une démonstration de son talent. Il mit à la raison lui aussi tout ce qui se présentait devant lui.Même les pilotes Ferrari pourtant pugnaces et déterminés à ne pas céder à ses coups de boutoir…On sentait que les Porsche tenaient solidement la rampe et la cadence.Pourtant peu à peu, les trois Ferrari mettaient en œuvre leur stratégie implacable elles- aussi.Dans un premier temps, profitant de ravitaillements décalés, c’était la jaune, la N°83 celle de Kubica-Hanson-Yé qui profitait des arrêts des rivales pour se retrouver en tête.Un relais stratosphérique du pilote polonais, un travail très sérieux de Hanson et Yé, lorsque la nuit tomba sur la lande sarthoise.
Implacablement, les deux autres voitures de Modène elle aussi, haussèrent le ton et vers les dix heures du soir alors que la nuit commençait tout doucement à envahir la piste mancelle, c’étaient les italiennes, les deux rouge et la jaune qui occupaient le haut de la grille.La grosse déception de ce début de course fut évidemment le rythme des Cadillac. 
Pendant les premiers tours, les deux ‘Jotta qui s’élançaient depuis le commandement en 1ère ligne, firent illusions mais lâchèrent progressivement prise.Une gestion des pneumatiques bien moins rigoureuse que la concurrence, un rythme inférieur, même si évidemment rien n’était définitif, on était loin de la brillante prestation des essais.A 22 heures, la première américaine pointait derrière les Ferrari, derrière deux Porsche Penske mais aussi derrière les BMW et une Toyota. 

Désillusion aussi pour les deux Alpine, victimes chacune d’un ‘stop and go pour vitesse excessive dans les stands.Quelque chose doit mal fonctionner au niveau du limiteur d’allure automatique. C’est au bas mot une trentaine de secondes, suffisamment en tout cas pour perdre du terrain faces aux leaders.Une bonne surprise est venue d’une des Peugeot, celle de Duval-Vandoorne-Jakobsen qui au gré des ravitaillements décalés pointait quelquefois en tête.
Même si sa véritable place était aux environs du 14ème rang à égalité de passage aux ‘puits comme on dit au Québec où se déroule ce week-end le GP du Canada de F1 !.En fait, sans doute beaucoup d’efforts pouvaient être anéantis par la sortie d’un toujours possible safety car mais même en fin de soirée, les Porsche aux gyrophares n’étaient encore jamais sorties de leur parking.En tout cas, avant de s’avancer plus dans la terrible nuit sarthoise, on comptait seize Hypercars dans le même tour, c’est dire l’homogénéité du plateau, mais aussi la fragilité de ce classement très intermédiaire. Jean-Michel LE ROYPhotos : Thierry COULIBALY Willy CHANTELOUP – Stéphane CAVOIT 











