LA VOITURE ELECTRIQUE DISJONCTE
Avec le risque de pannes de courant, le pire va –t- il arriver pour les automobilistes qui se sont rués cette année sur les voitures électriques (+32% avec 100 000 immatriculations) en pensant réaliser une bonne affairepour rouler moins cher et plus écologique ? [caption id="attachment_404800" align="aligncenter" width="659"]
Carlos TAVARES – Photo : Gilles VITRY Autonewsinfo[/caption] Déjà, en privé, certains constructeurs ne cachaient pas, à l’instar de Carlos Tavares, le big boss du Groupe Stellantis – lequel comprend notamment les marques Françaises DS, Citroën et Peugeot – qui a tiré maintes fois la sonnette d’alarme, que la voiture électrique n’était pas la panacée. Mais avant tout une nécessité pour eux s’ils voulaient échapper aux méga-malus amendes de Bruxelles en réduisant drastiquement leurs émissions de CO2…Carlos expliquant : » Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant.Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge?Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ?Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ?Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ?Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ?Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ?Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétal pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ?Je m’inquiète en tant que citoyen, parce qu’en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible.
Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. Autre avis, celui de Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)Le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique. Le subventionner n’a pas de sens! Alors que le bilan carbone global est loin d’être vertueux si on le prend depuis la chaine de production avec l’exploitation à outrance des terres rares qui représentent localement un désastre écologique, mais loin de chez nous, en Chine ou en Amérique du sud. Autrement dit, qu’on se le dise… on ferme les yeux alors que notre problème de pollution des villes est simplement déplacé à l’autre bout de la planète!
Et en condamnant à mort les moteurs à explosion pour 2030, les écolos dogmatiques à courte vue de Bruxelles n’ont rien voulu entendre aux autres solutions techniques actuellement en développement. Comme les carburants verts émettant zéro C02 déjà à l’essai chez Porsche, et permettant de faire encore tourner les bons vieux moteurs thermiques. Et même l’hydrogène déjà utilisé dans certains pays dans des moteurs à explosion sans forcément servir à alimenter un moteur électrique via une pile à combustible.Emmanuel Macron a beau jeu d’annoncer gravement « la fin de l’abondance ». La faute à Poutine ? Pas seulement. C’est lui, avec Elisabeth Borne alors ministre de la transition écologique, qui a fermé la centrale nucléaire de Fessenheim pour caresser ses électeurs écologistes dans le sens du poil. Une décision purement politique qui oblige aujourd’hui la France à importer d’Allemagne de l’électricité produite au charbon…bonjour les dégagements de CO2 !
Et à remettre en service en catastrophe, pour compenser le manque de courant, la centrale thermique au charbon de Saint Avold fermée en mars dernier.Dans ce scénario catastrophe, se rajoute l’arrêt forcé de 32 réacteurs nucléaires (près de la moitié du parc !) pour défauts de corrosion qui accentue les risques de pénurie de courant et de rationnement. D’où cette question anxiogène : les 800 000 voitures électriques en circulation en France pourront elles se recharger pour continuer à rouler ? Et les files d’attente aux pompes à essence du premier choc pétrolier de 1973 vont elles resurgir cette fois autour des bornes de recharge ? Avec des automobilistes obligés de pousser leur voiture en panne pour se réapprovisionner… Rien n’est moins sûr, car parfois l’Histoire bégaie…Et quand bien même aucune coupure de courant ne nous mettrait dans une fâcheuse situation, une autre menace se profile : Si le prix du kilowatt continue de grimper en flèche selon l’estimation des experts, se déplacer en voiture électrique risque de ne plus être avantageux. Et reviendra plus cher à ce rythme que de rouler à l’essence…Un mirage technologique qui tournerait à la supercherie. Ce qui serait le comble !Conclusion… La voiture électrique a un bel avenir : on nous annonce qu’on va commencer par éteindre l’éclairage des villes pour passer l’hiver 🤣🤣Sans blague ! Philippe GENETPhotos : Gilles VITRY’]]>










