1er JUILLET 1979 : JOUR DE GLOIRE DE JEAN-PIERRE JABOUILLE AU GP DE FRANCE F1
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F1-1er juillet 1979- GP de FRANCE à Dijon-Prenois- 1ere victoire RENAULT en G -avec Jean-Pierre JABOUILLE-devant Gilles VILLENEUVE second et René ARNOUX. Photo / Bernard ASSET[/caption] Jean-Pierre Alain Jabouille est décédé ce jeudi 2 février 2023 à 80 ans, il était né à Paris le 1er octobre 1942Une très triste nouvelle que nous redoutions depuis plusieurs mois, et son hospitalisation au printemps dernier à la clinique du Val d’Or à Saint-Cloud en région Parisienne. Puis dans un Centre Epidaure à La Celle-Saint-Cloud où est également hospitalisés notre amie Jacqueline Cevert-Beltoise.
JPJ fut l’un des meilleurs pilotes français des années 70-80, s’illustrant en monoplaces d’abord : en F3, puis en F2 et enfin en F1. Mais il brilla aussi en endurance !De 1975 à 1981, Jean-Pierre jabouille a participé à 55 Grand Prix de Formule 1 au cours desquels il a décroché deux victoires (France 1979 et Autriche 1980), gravi deux podiums supplémentaires, et signé six pole positions, totalisant 21 points au Championnat du monde. A l’époque, ’attribution des points était la suivante : 9-6-4-3-2-1 aux six premiers.COCORICO
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GP de FRANCE – Dijon 1er juillet 1979- Victoire HISTORIQUE pour JABOUILLE et RENAULT[/caption] Mais le GRAND EXPLOIT de Jean-Pierre restera à jamais son succès HISTORIQUE : la première victoire de Renault en Formule 1, le 1er juillet 1979, au rand Prix de France F1 sur le circuit de Dijon-Prenois.Un triomphe 100% tricolore au Grand Prix de France : pilote, châssis et moteur Renault, pneumatiques Michelin !!! [caption id="attachment_136718" align="aligncenter" width="700"]
RENAULT-JABOUILLE- GP DE FRANCE 1979- Dijon- Photo-Bernard ASSET[/caption] D’origine creusoise, fils d’un architecte comme son ami disparu le clermontois Patrick Depailler, et titulaire d’un diplôme d’ingénieur, Jean-Pierre Jabouille a effectué ses débuts en sport automobile en 1966, en participant à l’inoubliable Coupe Renault 8 Gordini.En 1967, il débute en monoplace dans le Championnat de France de Formule 3. Vice-champion en 1968 derrière un autre illustre pilote Français, le regretté François Cevert, il est recruté par Jacques Cheynisse, le patron sportif de la firme Alpine, qui en fait son pilote d’essai et de développement. Puis il le sera ensuite recruté par Matra. [caption id="attachment_51211" align="aligncenter" width="700"]
24-H du Mans-1974-Ravitaillement-Jabouille-Matra-670B-05-MS73-P3-avec-Migault-Photo-Michel-PICARD[/caption] Les années suivantes, Jabouille mène de front un programme en Endurance avec Matra. Il roule notamment aux 24 Heures du Mans mais aussi en monoplace avec Alpine, motoriste dans le Championnat d’Europe de Formule 2.En 1974, Jean-Pierre découvre l’univers des Grands Prix et de la Formule 1. Mais au Grand Prix de France, comme sept autres pilotes – parmi lesquels deux autres tricolores, José Dolhem et Gérard Larrousse -, il ne parvient pas à qualifier l’Iso de Frank Williams parmi les 26 meilleures monoplaces retenues.Il n’a pas plus de réussite quelques semaines plus tard au Grand Prix d’Autriche, cette fois au volant d’une Surtees. [caption id="attachment_97514" align="aligncenter" width="700"]
F2 1976- Jabouille-Arnoux-Leclerc-Tambay – Photo : Manou ZURINI [/caption] Ce n’est que l’année suivante, en 1975, que Jean-Pierre Jabouille va enfin participer à son premier Grand Prix, le 6 juillet lors du GP de France au circuit Paul Ricard, se classant 12e avec la troisième voiture de l’équipe Britannique de Ken Tyrrell.Cette année-là, en endurance il remporte avec Gérard Larrousse les 1 000 kilomètres de Mugello au volant de l’Alpine Renault Turbo.Et en 1976, Jabouille devient Champion d’Europe de Formule 2. [caption id="attachment_299573" align="aligncenter" width="700"]
F1 Jean Pierre JABOUILLE – La RENAULT F1 victorieuse du GP de FRANCE le 1er juillet 1979 Photo Bernard BAKALIAN [/caption] Jabouille se voit confier par ELF et Renault le développement du moteur turbo 1 500 cm3, avec lequel Renault s’apprête à révolutionner le monde de la Formule 1… et il tourne fréquemment sur le circuit de Jarama près de Madrid.La Renault F1 turbo effectue ses grands débuts en Championnat du monde lors du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, le dimanche 16 juillet 1977: Jean-Pierre abandonne au 16ème des 68 tours, tout comme son pote, Patrick Depailler au volant d’une Tyrrell. [caption id="attachment_176531" align="aligncenter" width="700"]
1ere RENAULT F1 en 1977 au volant Jean Pierre Jabouille : Photo Bernard ASSET[/caption] Les casses moteurs s’enchaînent au fil des Grands Prix, et la Renault jaune dont le moteur casse a qui mieux mieux en fumant… Elle s’attire rapidement le sobriquet de “Yellow Tea Pot”, en français la théière jaune que lui a donné Ken Tyrrell, pour sa propension à terminer ses courses dans un nuage de fumée blanche… Mais, Grand Prix après GP, la Yellow Tea Pot progresse, d’abord en qualifications où la Renault F1 Turbo affiche son potentiel. [caption id="attachment_237590" align="aligncenter" width="700"]
JABOUILLE-au volant de la Renault-RS-01 pour son 1er GP de F1 à Silverstone 16 juillet 1977 ©Manfred-GIET.[/caption] Jabouille va devoir patienter jusqu’à la fin de la saison 1978 pour mettre fin à une impressionnante série d’abandons et marquer enfin ses premiers points, grâce à une quatrième place à l’arrivée du Grand Prix des États-Unis Côte Est, à Watkins Glen.En 1979, la Renault brille au Grand Prix de France à Dijon-Prenois, où Jean-Pierre connaît enfin une course sans problème, et s’offre sa première victoire en F1, tout en offrant à la motorisation turbo de Renault, son tout premier succès en Formule 1. [caption id="attachment_136719" align="aligncenter" width="700"]
F1-1980-Team-RENAULT- Jean Pierre JABOUILLE- Gerard-LARROUSSE et René ARNOUX.[/caption] Mais cette victoire réellement historique dans le monde de la F1, sera hélas en partie occultée par le duel inouï de René Arnoux, son coéquipier chez Renault, face au pilote canadien Gilles Villeneuve pour le gain de la deuxième place, finalement obtenu par la Ferrari. [caption id="attachment_419329" align="aligncenter" width="828"]
Au Grand Prix de Monaco Jean-Pierre Jabouille au volant de la Renault F1 Turbo.[/caption] Jean-Pierre Jabouille devra patienter jusqu’au dimanche 17 août 1980 pour triompher à nouveau, lors du GP d’Autriche à Zeltweg, où il l’emporte devant la Williams-Ford Cosworth du futur Champion du monde, l’Australien Alan Jones !Malheureusement, en fin de saison, au GP du Canada il est victime à Montréal d’un grave accident, suite à une rupture de suspension qui le projette dans les rails, et le laisse les jambes brisées.Avant ce drame il savait que Renault avait engagé le jeune espoir Français Alain Prost et il s’était tourné vers l’autre écurie tricolore Ligier, avec laquelle il avait signé pour la saison 1981. [caption id="attachment_237593" align="aligncenter" width="700"]
Jean-Pierre-Jabouille-Talbot-Ligier-1981 © Manfred-GIET-[/caption] Malgré les doutes sur les capacités de Jabouille à revenir au plus haut niveau, Guy Ligier lui conserve sa confiance.Et Jabouille “Le Grand blond” retrouve la compétition sur une F1 Talbot-Ligier le 12 avril 1981, à l’occasion du Grand Prix d’Argentine à Buenos-Aires où, comme quatre autres pilotes, il loupe sa qualification.Hélas pour lui, il s’avère que Jean-Pierre ne retrouve pas toutes ses capacités physiques, et à mi-saison il décide de mettre un terme à sa carrière de pilote en Formule 1.Fort heureusement, compte tenu de ses qualités exceptionnelles de metteur au point, Guy Ligier le nomme Directeur technique… Après avoir viré l’ingénieur Gérard Ducarouge, parti chez Alfa Romeo, puis chez Lotus et enfin chez Larrousse. [caption id="attachment_82697" align="aligncenter" width="700"]
La PEUGEOT 505 de Jean Pierre JABOUILLE, préparée par Joseph Le BRIS[/caption] Parallèlement, Jean-Pierre Jabouille poursuit sa carrière de pilote dans le Championnat de France de Supertourisme
A l’hiver 1984 il participe au Paris-Dakar avec son ami le chanteur Michel Sardou, aux commandes de l’une des Lada Niva du Team officiel de l’importateur français Jean-Jacques Poch. [caption id="attachment_45902" align="aligncenter" width="700"]
DAKAR-1984-LADA-NIVA-JEAN-PIERRE-JABOUILLE-MICHEL-SARDOU[/caption] Et quelques années plus tard, très proche de Jean Todt, patron de Peugeot Talbot Sport, comme auparavant pour Renault en F1, il devient à partir de 1990 l’homme providentiel et l’indispensable testeur du programme Peugeot 905. [caption id="attachment_237595" align="aligncenter" width="700"]
Jean-Pierre-Jabouille-Peugeot 905- 24 Heures du Mans 1991 © Manfred GIET.[/caption] En juin 1993, après un sensationnel triplé des Peugeot 905 et une 3ème place sur le podium aux 24 Heures du Mans en compagnie de Philippe Alliot et de Mauro Baldi, Jean-Pierre est désigné pour remplacer Jean Todt – enrôlé par la Scuderia Ferrari F1 – afin de diriger Peugeot Sport.Il est chargé de préparer l’arrivée du constructeur sochalien en Formule 1.
Mais deux ans plus tard, après les débuts peu convaincants de Peugeot dans la discipline reine qu’est la F1 – rupture de contrat avec McLaren et mauvais partenariat avec Jordan, Jabouille est remplacé.En 1997, il participe à la naissance de l’écurie JMB Racing en compagnie de Jean-Michel Bouresche, avant de se retirer après les titres obtenus en Porsche Supercup et en FIA ISRS.Jean-Pierre fera aussi courir avec succès en 2009 des Morgan Aero Super Sport en FIA GT3, dans son écurie Auto GT Racing basée à Houdan prés de Dreux, [caption id="attachment_171023" align="aligncenter" width="700"]
1er titre de CHAMPION du MONDE ALAIN PROST 6 Octobre 1985 – Devant CHATEAU YQUEM le 9 Octobre avec LAFFITE et JABOUILLE / Photo : Bernard BAKALIAN.[/caption] Avec la disparition de Jean-Pierre Jabouille, après celles de François Cevert (1973), puis de Patrick Depailler (1980), de Didier Pironi (1987), de Johnny Servoz Gavin (2006), de François Migault (2012), de Jean-Pierre Beltoise (2015), de Jean Pierre Jaussaud (2021), de Patrick Tambay et de Philippe Streiff (2022), c’est une nouvelle page de l’album des superbes années 70-80 des pilotes Français qui se referme !A titre personnel, j’ai toujours entretenu d’excellents rapports avec le Grand Blond, qui autrefois m’invitait souvent chez lui rue de l’Oratoire, face aux Jardins des Tuileries à Paris. Et plus récemment encore à Méré, prés de Montfort L’Amaury. [caption id="attachment_217312" align="aligncenter" width="700"]
Alain PROST CHAMPION du Monde avec la WILLIAMS à moteur RENAULT et Jean Pierre JABOUILLE, le 1er vainqueur au volant d’une RENAULT ELF au GP de FRANCE de F1 le 1er juillet 1979 à Dijon – Photo : AUTONEWSINFO[/caption] Jean-Pierre Jabouille ? Une personnalité discrète alliée à un charisme reconnu à l’unisson, qui contribuèrent très certainement à la sous-estimation rampante qu’on lui témoignait généralement !Pour moi, JPJ restera un pilote attachant et assez secret.Jabouille a été marié avec Geneviève Cottin, qui a longtemps tenu le Restaurant “Café de Mexico”, à Paris au Trocadéro, et qui désormais dirige La Méditerranée place de l’Odéon. Il fut longtemps le beau-frère de Jacques Laffite qui avait épousé sa sœur Bernadette, devenue plus tard Madame Alain Prost.Hier soir encore, mercredi 1er février 2023, ses potes Jacques Laffite et Philippe Monneret étaient à ses côtés en compagnie de son fils Victor Jabouille. Gilles GAIGNAULTPhotos : Bernard ASSET – Bernard BAKALIAN – ARCHIV’ELF – Manou ZURINI -Manfred GIET -Jeff THIRY [caption id="attachment_124590" align="aligncenter" width="700"]
RÉTROMOBILE-STAND RENAULT-AVEC JABOUILLE – Photo Bernard BAKALIAN[/caption] ]]>











