Les Six heures de Spa-Francorchamps sont traditionnellement le meilleur indicateur pour avoir une idée de ce qui va se passer au Mans.Elles se disputent annuellement un mois avant la grande épreuve mancelle et les voitures et équipes pour cette troisième épreuve du Championnat du monde d’endurance WEC après Sebring et Portimao, sont maintenant rodées et dévoilent leurs performances.
On avait entendu parler d’un changement de la balance de performances à la suite de la domination des Toyota à Portimao… Il n’en a finalement rien été.Comme prévu initialement, cette BoP en principe définie pour Spa et Le Mans, est restée en place en terre Ardennaise.Toyota peut s’en réjouir. C’est peut-être une bonne chose pour le respect de l’équité sportive, mais sans doute au détriment du spectacle !
Les conséquences des pneus froids en sortie des stands…
Autre sujet pour cette épreuve, la mise en évidence de la difficulté de gérer des pneumatiques froids en sortie des stands, depuis la décision de faire disparaître les armoires chauffantes en début de saison.Car il faisait froid en Belgique ce week-end, et même très froid, avec une température extérieure ne dépassant pas les 10° et pas plus de 13° en course de température de piste elle-même.Des valeurs à rapprocher de celles que l’on peut trouver entre 2 heures et 6 heures du matin en juin au Mans !Pourtant prévenus, de nombreux pilotes se sont fait piéger, avec comme exemples principaux le pourtant très expérimenté Néo-zélandais Brendon Hartley chez Toyota en qualifications ou encore Antonio Fuoco pour Ferrari en course, tous deux allant abîmer leurs voitures respectives en sortie des stands, l’un en haut du raidillon, l’autre juste avant, dans la descente en face des anciens stands.Et on pouvait constater que beaucoup de voitures n’arrivaient pas à tourner dans la sortie des stands, à la Source et étaient incapables de respecter la ligne de sortie des stands, tombant ainsi sous le coup de pénalités !Mais pour être précis il faut ajouter dans le cas des sorties de route de Toyota et Ferrari qu’ils avaient choisis le spec de pneus faites pour plus de 25 degrés pisteLa sortie de route n’est donc pas due au règlement mais a un choix de pneus risqué!!!
De plus, les voitures mettaient plus de deux tours, voire trois, pour réussir à obtenir un tant soit peu de températures dans les pneumatiques.Près de trente secondes perdues dans le premier tour, puis une dizaine dans le deuxième et encore deux à trois dans le troisième tour.Avec un tour de 7 km ! C’est beaucoup… et même dangereux. A voir surtout les LMP2 et même les GT dépasser les Hypercar qui sortaient des stands, avec un différentiel de vitesse impressionnant, on a parfois (pas toujours) évité l’accrochage de justesse dans le raidillon, la ligne droite de Kemmel et les virages des Combes.Qu’en sera-t-il au milieu de la nuit au Mans, dans la chicane Dunlop, puis dans les esses de la forêt, ou encore au freinage des chicanes ?Car il sera difficile de chauffer les pneus sur ce circuit ou les lignes droites sont longues et des virages finalement assez lents entre elles.Faudra-t-il également 2 tours de 13 kilomètres pour arriver à chauffer les gommes ?C’est tout aussi grave en GT, ou, de plus, les pilotes ne sont pas tous des professionnels… 
Paradoxalement, les LMP2 ont parues moins sensible à ce phénomène, sans que l’on sache si cela est dû aux caractéristiques des Oreca 07 ou à une meilleure mise en régime des pneus Good Year, les équipant, car ce sont des Michelin dans les autres catégories ?Vas savoir Charles ….Toujours est-il que des voix se sont élevées dans le paddock pour réclamer le retour des armoires chauffantes pour Le Mans. Il y aurait même une pétition qui circulerait !La politique s’en mêle…Affaire à suivre… Toyota : mais qui pourra les battre ?
Ne nous voilons pas la face. La voiture domine outrageusement, l’équipe Nipponne et son organisation aussi managée de main de maître par le Français Pascal Vasselon, auparavant un ancien de chez Michelin.Comme me le soufflait l’ami Gilles Gaignault, la firme Toyota est présente en Mondial WEC depuis la création et la naissance de cette discipline en 2012… Douze ans à courir des épreuves de Six, Huit, Dix, Douze ou 24 Heures, ça compte !C’est la raison pour laquelle on ne voit pas comment les Japonais pourraient être battus au Mans. Une course qu’ils connaissent par cœur et que Toyota a remporté ces cinq dernières années !Une révision de la BOP, même légère, permettrait de rendre la compétition surement plus intéressante, mais il faut reconnaitre que Le Toyota Gazoo Racing mérite amplement ses lauriers.Pas d’erreurs stratégiques, des voitures devançant les autres de près de 2 secondes au tour en course, certes sur un grand circuit (7 km), mais Le Mans est encore plus long…pratiquement le double !!!
Et même quand un pilote fait une faute comme à Spa aux débuts des essais qualificatifs, et renvoyant la N°8 en dernière ligne sur la grille de départ – à la manière de la Red Bull de Max Verstappen parfois en F1 – elle remonte et finit la course deuxième, à 11 secondes de la voiture-sœur la 7 qui s’est élancé depuis la pole, elle , mais surtout elle termine avec près d’une minute d’avance sur sa plus proche poursuivante, à nouveau l’une des Ferrari, la N° 51 !La première heure, avec des conditions de piste séchantes, avait pourtant maintenu du suspens…Mais après 1 h 30 de course, les Toyota GR010 se sont envolées pour ne plus être revues. Ferrari : encore une stratégie à revoir
Les nouvelles Ferrari 499P sont cette année, véritablement la deuxième force du plateau, aux essais chronos à 24/1000 de la pole position de la Toyota N°7. Comme ensuite en course !Malheureusement, la décision de prendre le départ sur piste séchante avec des pneus pluie sur les deux voitures alors que tous les autres maintenaient les pneus slicks (sauf Peugeot) leur coutait un arrêt anticipé.Mais en performances pures, les belles Italiennes confirment vraiment être les seules à pouvoir contester l’ordre établi.Les anciens brillants pilotes des Ferrari GT, se sont parfaitement adaptés aux Hypercar et à la bagarre en tête, mais il faut vraiment maintenant pour contester le pouvoir, assurer durant toute une course de six heures et non plus sur la moitié de la course.Et en outre, au Mans, ce sera 24 Heures et non six ! Porsche et Cadillac toujours un cran en dessous
Comme déjà vu à Portimao, ces deux voitures, l’Allemande et l’Américaine restent un ton en dessous un peu derrière les Ferrari.A voir comment en fin de course, la 499 SP remontait sur la 963 Allemande à coup de 3 ou 4 secondes au tour pour lui ravir la troisième place dans la dernière boucle, on sent que le potentiel de l’Allemande n’est pas encore au zénith.Il lui manque de la performance. Elle est sans doute aussi plus agressive sur ses gommes et cela se paie en fin de relais.Enfin aussi et surtout sa fiabilité ne semble pas exemplaire…Une panne électronique subite a immobilisé la N° 6 sur la piste, devant les stands, sans que son pilote arrive à la remettre en route, et sans pouvoir communiquer non plus avec le stand : plus de jus du tout à bord !
Le Team privé Jota, avait enfin touché, lui sa 963 et la découvrait tout au long du week-end. Une approche studieuse, sans exploit, mais efficace en finissant 6ème à 1 tour, mais avec un chrono en course meilleur que celui de la N°5 de l’usine de plus d’une seconde… prouve le sérieux de l’équipe Britannique habitué jusqu’alors de la catégorie LMP2 et qui à Spa découvrait son HypercarPour la marque Américaine, rien n’est allé dans le bons sens. La venue d’une deuxième voiture engagée par la très réputée écurie US du Chip Ganassi, pour préparer Le Mans, a été particulièrement désastreuse.
Incendie lors des premiers essais libre et très gros shunt de Render Van der Zande dans le raidillon alors qu’il ferraillait avec les deux Ferrari.Heureusement les Hypercar ou LMDh sont solides. Seule lumière dans cette obscurité, le 5ème temps en qualifications, mais à 1’’ de la voiture N°2 régulièrement engagée en Mondial WEC.Reste à connaitre les raisons de cet accident. Faute de pilotage, bris de suspension dans la compression qui commande le raidillon, où le pneumatique arriére gauche, subit 1,5 tonne de pression à 280 km/h, selon les mesures de Michelin, panne de l’assistance de direction comme l’avançait le team ?Attendons d’en savoir plus.Pour la seconde Cadillac V-LMDH, la N° 2, l’habituelle concurrente elle du WEC, si à l’issue des qualifications elle ne rendait que 0.231 à la Toyota, sa course, par contre, fût relativement anonyme, un peu noyée dans le peloton et elle finissait à une lointaine cinquième place à 1 tour. Peu enthousiasmant… Et direz-vous, quid des Peugeot, les 9X8 ? Cela ne vient toujours pas !
Bon, ne rêvons pas. Il faudrait des circonstances particulièrement chaotiques pour pouvoir envisager une hypothétique victoire de Peugeot au Mans. Même un podium ou un Top 5 !La prestation Spadoise, loin de rassurer, ne fait que nous inquiéter encore un peu plus…Dans aucun compartiment du jeu, l’équipe Française n’a semblé à l’aise :Que ce soit aux qualifications avec la N°93 seulement neuvième, et derrière la Glickenhaus US qui roule pourtant sans moyens, et avec 2.405 secondes de retard sur la Toyota !Que ce soit sur la stratégie en décidant de partir avec les deux voitures en pneu pluie au lieu d’éventuellement panacher ou de partir en slicks, la piste séchant !
Que ce soit en terme de progression en course, avec une voiture peinant lamentablement même face aux plus rapides des LMP2, soit une bonne demi-douzaine d’Oreca 07, ne parvenant pas à mettre ses pneus en température, et finissant à une bien modeste et lointaine 14ème place, toujours derrière la Glickenhaus et pas moins de six LMP2 !!!Et le meilleur tour de l’auto est à 1’9 du meilleur tour de la Toyota N°7…Franchement il y de quoi après sept courses (4 en 2022 et trois en 2023) s’inquiéter !Que dire de plus. La piste est réputée comme la plus représentative par rapport au Mans. Ça ne va pas être la joie en Sarthe pour les deux lionnes…Tenue de route, vitesse de pointe, moteur, il manque de tout… comme si le programme du retour de Peugeot était loupé, un fiasco qui s’annonce aux 24 Heures du Mans 2023, face à une concurrence qui débarque cette saison en Mondial WEC (Cadillac-Ferrari-Porsche), alors que Peugeot a débuté en juillet 2022 à Monza !!! Glickenhaus et Vanwall
Avec ses petits moyens, l’Américain Glickenhaus si brillant en 2021 et 2022, continue à reculer dans le classement.Les pilotes tous de grands professionnels avec un palmarès bien garni en endurance, se démènent pourtant au volant, mais rien n’y fait.Il y a un an, cette Glickenhaus se mesurait aux Toyota, maintenant curieusement cette année, elle navigue à plus de 2 secondes au tour !
Pour Vanwall, encore des frais à venir… Après la sortie de route de Portimao, c’est le même Jacques Villeneuve – l’ancien Champion du monde de F1 sacré en 1997 – qui s’accroche avec une GT dans Blanchimont.Bilan un abandon, de la carrosserie et peut- être une boite ou le différentiel touché ?Les LMP2 : ça bastonne dur.
Les LMP2 sont toujours un régal à regarder. Des bagarres homériques, des dépassements dans tous les sens, des pilotes sans peur, même si pas toujours sans reproches !A Spa, le WRT, l’écurie Belge de Vincent Vosse, le régional de l’étape, est resté prophète en son pays… Brillant lauréat des 24 Heures du Mans en 2021 !On retrouve derrière WRT, United Autosport, Inter Europol et Prema qui se sont battues à coup de secondes durant six heures.
A noter la performance de la jeune Française Doriane Pin, sur l’une des deux Oreca Prema qui rend la voiture en tête de sa catégorie pour le dernier relais et dont le copilote fait une erreur derrière le safety car et prend une pénalité : 3 minutes de stop & go ! Quel dommage,un gâchis …Autant dire un renvoi en fin de classement dans cette catégorie. Mais quelle prestation de Doriane ! Respect
Enfin, que se passe-t-il pour Alpine ?L’équipe Signatech de Philippe Sinault est réputée et performante. Elle l’a prouvé en LMP2 auparavant et en Hypercar l’an passé, avec un châssis Oreca qui devait beaucoup à la 07 de LMP2.Mais pourtant rien ne va cette année, nin à Sebring, ni à Portimao ey toujours pa à Spa. Pas de performance aux essais avec les deux derniers temps à plus de 1.1 seconde de la tête (un gouffre dans cette catégorie tellement disputée), une course difficile avec seulement des modestes et 7ème et 8ème places à l’arrivée…La compréhension des pneus Good Year serait-elle difficile à acquérir ? Ils ne semblent pourtant pas plus compliqués que les Michelin, mais ils restent les mêmes pour tous les concurrents, contrairement à l’Hypercar ou l’on pouvait choisir entre deux ou trois définitions de pneumatiques disponibles.Espérons que tout rentre dans l’ordre pour les 24 heures du Mans. Une course ou les troupes du père Sinault ont souvent triomphées…EN GT, victoire d’une fille ! La Française Lilou WADOUX
C’est fait, une fille est montée sur la première marche du podium en GT !
Lilou Wadoux, une autre jeune Française qui avec Doriane Pin, marque les esprits, comme elle les avait déjà marqués par ses performances en LMP2 l’an passé, en compagnie du trés véloce Charles Milesi et de Sébastien Ogier, au volant de l’Oreca 07, de l’équipe du Ricard Mille, gérée par Signatech.
Bien assistée par ses coéquipiers Luis Perez Compenc l’Argentin et Alessio Rovera l’Italien, c’est même avec un écart … de 18 secondes sur la Corvette officielle ‘ usine’ qu’elle franchi le drapeau à damier.
Cette Corvette qui aura vécu, elle la dernière heure de course dans une bagarre intense avec l’Aston Martin du ORT by TF.Jamais l’Aston ne trouvera l’ouverture. De telles bagarres, spectaculaires et très propres, on en redemande. Aucun coup de roues ou de spoiler, pas de coups fourrés entre Nicky Catsburg sur la Corvette et Mike Eastwood sur l’Aston. Quel spectacle…A retenir que moins d’une semaine avant la course Spadoise, Paul Dalla Lana le Canadien, figure de l’endurance et client fidèle d’Aston Martin, avait décidé de raccrocher son casque et avait cédé l’engagement de sa voiture à l’équipe D’Station Racing.L’écurie et ses pilotes étaient vraisemblablement insuffisamment entraînés pour faire une telle course.Ce fut un festival de bévues et de visite dans les bacs à graviers.Espérons que l’expérience suffira pour Le Mans, sinon on risque les ‘Slow Zones sur les 13 km du circuit du Sarthois ! Patrick MARTINOLIPhotos : Gilles VITRY – Arthur LACROIX – Willy CHANTELOUP ]]>











