

Si le site du Circuit de Spa-Francorchamps fait partie de ceux qui ont vu se disputer un GP la première année du Championnat du Monde F1, créé en 1950, la piste Ardennaise où se déroulera le prochain GP de Belgique ce week-end, a dû céder son privilège parfois avec d’autres pistes, telles Zolder dans le Limbourg ou Nivelles, aux portes de BRUXELLES et ce pour diverses raisons.
Ainsi en 1980, lorsque le tracé long de 14 Km 100 qui empruntait des routes nationales dans un triangle composé de trois entités formées par les villes de Stavelot, Malmedy et le village de Francorchamps, jugé trop dangereux par l’association des pilotes de GP sous l’impulsion de Jackie STEWART et Jean-Pierre BELTOISE , se trouvait en pleine phase de rénovation avec la construction d’un tout nouveau parcours et une longueur réduite de moitié pour passer avec son nouveau graphique à 6,949 Km.
Du coup, ce furent les circuits de Nivelles-Baulers à 35 Km au sud de Bruxelles et le circuit de Zolder en plein cœur des pinèdes Limbourgeoises, qui prirent la relève pendant 10 ans, de 1972 à 1974 pour Nivelles et en 1973 ainsi que de 1975 à 1982 pour Zolder.
Au cours de cette saison 1980 qui vit Alain PROST débuter en F1 chez Mc Laren-Ford et au cours de laquelle 47 pilotes et 20 écuries officielles et privées se sont battus pour les points sur des voitures pas toujours faciles à piloter équipées de moteurs atmosphériques 3.000 cm³ V8 Ford ou V12, tels Ferrari et Alfa Romeo, voire turbo compressés de 1500 cm³ comme l’écurie RENAULT qui misait depuis 1977 sur ce type de propulseur.

Et enfin récompensé en tant que pionnier par une première victoire du pilote tricolore Jean-Pierre JABOUILLE et ce… au Grand Prix de France à Dijon le 1er juillet 1979.
A l’époque l’autre grand espoir Français, Didier PIRONI faisait équipe avec Jacques LAFFITE chez LIGIER pour disputer la saison sur des LIGIER-FORD JS 11 et JS 15 animé de grosses ambitions parmi un imposant plateau de 47 pilotes qui allaient disputer cette saison.
Et où figuraient à l’époque… sept pilotes tricolores mais dont disparaîtra malheureusement en cours d’année, Patrick DEPAILLER suite à un accident tragique lors de tests pour le Team Alfa Romeo à Hockenheim, le 1 août 1980.
Si dès le 5ème GP de la saison, le GP de Belgique à Zolder, Didier PIRONI connaissait son heure de gloire en remportant le premier GP de sa carrière en menant souverainement cette épreuve disputée sur la distance de 72 tours du départ à l’arrivée, la suite allait lui donner pas mal de fil à retordre…
Lorsqu’il dut se mettre à l’évidence qu’ incontestablement son équipier chez LIGIER, Jacques LAFFITE, avait le statut de 1er pilote, une situation qui n’arrangeait rien certes mais heureusement sans altérer leur bonne relation.
Un chassé-croisé permanent entre eux deux qui se clôturera en fin de saison par une victoire pour chacun et respectivement 34 points engrangés pour LAFFITE contre 32 à PIRONI qui leur vaudront les rangs de 4 et 5 au classement pilotes du Championnat du Monde 1980.
Si cela arrangea les affaires de LAFFITE, PIRONI par contre dans l’entre-saison répondit favorablement au chant des sirènes de Maranello, où il figurait dans le petit ‘’calepino’’ d’Enzo FERRARI pour remplacer Jody SCHECKTER parti à la retraite !

Une offre prodigieuse à laquelle Didier PIRONI n’eut même pas besoin de temps de réflexion, surtout venant du Vatican de la F1 !
AVEC LE TITRE MONDIAL COMME OBJECTIF !

La suite toutefois fut loin d’être un Eldorado pour lui car chez FERRARI, il dut se coltiner à Gilles VILLENEUVE considéré par Enzo FERRARI comme son fils spirituel…
Tandem qui se termina en rivalité farouche avec la suite que l’on connait et où ils n’ont plus été les maîtres de leur destin à partir d’un certain GP de Saint Marin à Imola le 25 avril 1982, lorsque PIRONI ‘chipa la victoire pour certains à VILLENEUVE dans les derniers mètres, ce que Villeneuve considéra comme trahison.
Une histoire pas très claire au sein même de la Scuderia et à laquelle le patron de la gestion sportive de l’époque, Marco Piccinini, n’eut jamais de réponse claire et franche, sur l’ordre ou pas… de laisser gagner VILLENEUVE, mieux placé en tête à l’entame du dernier tour !!!
Deux semaines plus tard lors de la dernière session des qualifications au GP de Belgique à Zolder, le samedi 8 mai 1982, le pilote Canadien trouvait la mort lors d’une dernière tentative pour ravir la pole que détenait Didier PIRONI, passé entretemps … de rival, à ennemi !
Et comme si leurs destins avaient été scellés, à peine trois mois plus tard, le samedi sept aout 1982 à Hockenheim, au Grand Prix d’Allemagne, PIRONI aux essais libres du samedi matin, voyait à son tour sa carrière brisée d’un coup, comme ses deux jambes d’ailleurs, broyées dans un accident survenu sous des trombes d’eau, avec la RENAULT d’Alain PROST.
Drame qui l’obligea à mettre un terme définitif à sa carrière en F1, alors qu’il était en tête du Championnat du Monde ‘’pilotes’’ avec 9 points d’avance sur l’Irlandais John WATSON à mi-saison.
Titre qui lui échappera en toute fin de saison au profit du Finlandais Keke ROSBERG, finalement sacré avec 44 points, contre 39 à PIRONI, qui avait loupé … cinq GP (Allemagne-Autriche-Suisse sur le circuit de Dijon Prenois-Italie et USA à Las Vegas) !

Mettant sous chappe également ses derniers espoirs de remporter un jour le titre Mondial mais en évitant de toute justesse la Grande Faucheuse et en gardant après bien des opérations chez le ‘ sorcier des sportifs, le regretté professeur Emile LETOURNEL, fort heureusement l’usage de ses deux jambes.
Reconverti après une très longue convalescence, il se lançait alors dans les courses de bateaux ‘’Offshore’’ en 1986, aux côtés de Jean Pierre FRUITIER, le seul pilote Français de cette discipline
Et dont il avait fait la connaissance en novembre 1985 lors de la finale des Championnats du monde organisée à Key West au sud de Miami en Floride, où il avait été convié par Gilles GAIGNAULT et Philippe STREIFF, deux amis intimes du pilote tricolore de Offshore.
Ayant ensuite participé à la saison 86, avec JP FRUITIER, Didier décidait alors de se lancer seul pour la campagne 1987.

Et ce avec l’aide de Philippe MIDY, le patron d’un groupe alimentaire qui finançait sa saison sous les couleurs de l’une de ses firmes, la marque COLIBRI.
Victorieux de la course d’HARENDAL en Norvège, en juillet, Didier PIRONI allait hélas se tuer quelques semaines plus tard, le dimanche 23 août 1987, au sud de l’Angleterre, lors d’une compétition disputée au large de l’Île de Wight.
Il disparaissait en compagnie de ses deux équipiers, le journaliste TV, Bernard Giroux et l’ingénieur de F1, Jean-Claude GUENARD.
Et ce en ayant vécu sa passion de toujours, la vitesse !
Didier PIRONI vivait à l’époque avec la journaliste Catherine GOUX. Laquelle donnera naissance en janvier 1988, après sa mort à deux héritiers, deux garçons qu’elle nommera… Gilles et Didier.
Après avoir entamé une carrière d’ingénieur chez MERCEDES en F1, Didier PRONI Jr, a été recruté et enrôlé par .. FERRARI et il bosse désormais à MARANELLO !
Didier, installé à Londres, lui, exerce dans le milieu de la finance.
Manfred GIET
Publiracing Agency et Bernard BAKALIAN












