
Comme pour toutes les épidémies, on croit s’en être débarrassé, mais voilà, les germes pathogènes sont tenaces et leur éradication peut s’avérer difficile…
C’est exactement ce qui se passe à la FFSA (Fédération Française du Sport Automobile) depuis quelques semaines, où le retour de l’inoxydable ‘JR, alias Jacques Régis, président de fait de la fédération depuis… 1996 jusqu’à l’élection en 2024 de Pierre Gosselin, entouré de ses fidèles affidés, remet en question le fonctionnement et surtout la crédibilité de notre fédération.
Depuis de nombreuses années, la gouvernance de la FFSA pose problème :
Sa gestion dans la plus grande opacité au profit de quelques-uns mais surtout au détriment de notre sport et des licenciés, a été dénoncée par plusieurs collectifs, en particulier le collectif « Pour une nouvelle FFSA », présidé par l’ancien brillant rallyman Bernard Darniche, précédé par le collectif « pour l’Avenir du Sport Automobile et Karting ».
Leur but a toujours été de mettre en lumière et de dénoncer les scandaleuses et frauduleuses pratiques des dirigeants de la fédération avant l’arrivée de Pierre Gosselin, qui, au cours des années, ont multiplié les manœuvres pour dissimuler une gestion et une comptabilité opaques, un bilan marqué par le déclin de la France, tant sur le plan national qu’international, les manipulations de tous ordres, allant jusqu’à des interventions musclées pour faire taire les opposants, le tout sous la chape d’une omerta entretenue par les pressions, chantages et menaces diverses.
La liste de ces traficotages et magouilles en tous genres est malheureusement longue…
Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est simple :
On s’entoure d’une équipe de personnes prêtes à tout pour conserver leurs petits avantages, prébendes, etc. que l’on va maintenir en place par le biais de statuts « ciselés » pour ne permettre aucune intrusion étrangère à même de bousculer ce bel édifice.
Les statuts de la FFSA prévoient une Assemblée Générale composée de deux représentants par ligue régionale (on voit mal déjà comment ces binômes pourraient ne pas voter la même chose), Assemblée Générale qui élit le Comité Directeur, dans les faits composé des mêmes délégués.
Ajoutons l’élection d’un 4président-marionnette aux ordres, LE factotum de Jacques Régis, Nicolas Deschaux, la boucle est ainsi bouclée, on reste entre soi et du coup tout est permis.
Cette dérive produit des résultats intéressants pour les heureux élus :
C’est ainsi que la carrière automobile de Jacques Régis, qui a débuté autrefois dans un tout petit garage d’un quartier modeste de Nîmes, avant qu’il ne se lance dans l’organisation d’abord du Tour Méditerranéen puis du rallye des Garrigues, se prolonge encore et toujours aujourd’hui dans une magnifique propriété d’un lointain paradis fiscal, l’ile Maurice.
Le destin s’est montré particulièrement généreux pour celui qui n’a pas hésité à priver la France de son Grand Prix de Formule en vendant lors d’une réunion dans les bureaux Londonien de Jean Paul Driot, sa date pour la somme d’un million de dollars, somme qui, curieusement, n’apparaît pas dans les comptes de la fédération, et les exemples de ce genre de « transactions » ne manquent au demeurant pas !
Mais rions un peu pour changer … pour préserver sa réputation Jacques Régis n‘a pas hésité à créer un Comité d’Ethique (mais oui !) rattaché au Comité Directeur, qu’il s’est empressé de présider lui-même, la réalité dépasse la fiction !
C’est tout cela, et beaucoup plus encore qui a motivé la création des collectifs mentionnés ci-dessus, dont les actions se sont malheureusement heurtées à des tribunaux qui se sont déclarés incompétents, et dont les alertes auprès des ministres des sports successifs, Roxana Maracineanu, Laura Flessel, Amélie Castéra-Oudéa n’ont pas reçu de réponse.
Pas plus de succès en ce qui concerne la modification de la loi régissant le sport, pour laquelle il était proposé l’élargissement de la base électorale des fédérations au niveau de chaque association sportive locale voire de chaque licencié, seule solution permettant de vraies campagnes électorales assurant une vraie diversité.
L’élection de Pierre Gosselin à la présidence de la FFSA en 2024 a suscité un grand élan d’enthousiasme, la fin du « système Régis » tant attendue.
Homme intègre et courageux, apprécié de tous dans le milieu automobile, n’abandonnant rien aux principes fondamentaux d’une gouvernance ouverte, transparente et respectueuse des textes, lois et statuts, il est vite apparu comme la personne idoine pour remettre la fédération sur le doit chemin.
C’était sans compter avec les « éléments pathogènes » mentionnés ci-dessus qui ont compris qu’il leur fallait faire vite pour l’abattre avant que tout le mécanisme particulièrement dévoyé mis en place au profit de quelques-uns depuis des années, n’apparaisse au grand jour, s’agissant de processus pour certains condamnés par la loi.
C’est pourquoi certains présidents de ligues régionales devant une fidélité inconditionnelle à Jacques Régis ont obtenu le quorum suffisant pour convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire dont le seul objet est la destitution de Pierre Gosselin, et dont la date est fixée au 24 mars.
C’est évidemment une attaque inadmissible contre un président qui a … les cuisses propres, lui et qui fait son travail avec la plus grande probité, honnêteté, travail dont le but est de remettre la FFSA en ordre après ces années d’errements, de la rendre à ses licenciés, dans le respect de la loi et aussi du contribuable qui finance les dotations d’argent public attribuées aux fédérations sportives.
Cette manœuvre se heurte toutefois à un double écueil :
D’une part, enfin le ministère des sports vient d’exiger la mise en conformité des statuts de la FFSA avec la loi du sport en supprimant certains comités satellites comme par exemple le Sénat, organisme ne servant à rien sauf à assurer à son président, toujours le même… Jacques Régis, un confortable salaire.
Faut-il y voir enfin la volonté du ministère de remettre de l’ordre dans la fédération, en allant par exemple jusqu’à la mettre sous tutelle ?
Nous ne pouvons que l’espérer, le retour aux anciennes pratiques ne pouvant que finir de détruire la FFSA.
Le deuxième écueil est la réaction de l’immense majorité des licenciés au travers de leurs associations sportives locales (ASA) qui attendent depuis trop longtemps le changement que Pierre Gosselin a commencé d’imposer.
Dans les ligues dont les présidents ont voté la convocation de l’AG extraordinaire , ils sont chaque jour de plus en plus nombreux qui exigent que leur volonté soit respectée et se traduise par un vote de leur ligue contre la destitution du président de la FFSA.
Seront ils entendus ?
Compte tenu des pratiques en cours on peut en douter, mais voilà qui promet à nouveau un sacré rififi dans le sport automobile Français qui a besoin de tout sauf de ça.
Vu l’importance de cette situation INADMISSIBLE, les grands medias, tels MEDIAPART sans oublier Le Figaro et L’Équipe enquêtent !

Yvon LÉON (Ancien président de la Fédération Internationale de Karting) et auparavant pendant trente-cinq ans Secrétaire général de la FIA (Fédération Internationale Automobile)
Photos / AUTONEWSINFO
UN EXXEMPLE DE L’AVIS D’UNE PERSONNALITÉ DU MONDE AUTOMOBILE












