

Répétition générale avant l’épreuve Sarthoise, Spa et Le Mans :
Deux circuits, deux tracés de légendes de l’Endurance mondiale.
Il y a dans l’histoire de l’endurance, des passages obligés. Le Mans et ses 24 Heures, évidemment. Sebring et sa piste d’un autre âge. Monza et sa Curva grande… Daytona et son banking.
Et il y a Spa !

Naguère, sur le grand circuit Ardennais de Francorchamps, la moyenne au tour … était tout simplement incroyablement plus rapide qu’au Mans !!!
Ce fut d’ailleurs en Ardenne qu’au volant de l’inoubliable Matra V12, le grand Henri Pescarolo y établit le record absolu d’une voiture de course en circuit routier :
3’13’’4, soit à l’époustouflante moyenne de 262,461kilomètres/heure !

Pour qui a, un jour, pris ces routes entre Francorchamps, Masta, Malmédy et Stavelot, il y a matière à s’extasier devant l’extraordinaire courage de cette génération de pilotes qui s’engageaient sur le tobogan Ardennais.
L’ancien quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans, maintes fois lauréat sur tous les circuits, confie :
« J’ai toujours adoré les circuits rapides comme Spa ou Monza. La sensation lorsque l’on passe une courbe rapide en dérive à plus de 300 km/h est incomparable. »
Et il précisait encore :
« J’adore le tracé du Nürburgring qui comprend toutes les difficultés que l’on peut rencontrer sur un circuit, mais j’aimais beaucoup l’ancien tracé de Spa et notamment le virage de Burnenville, qui se prenait à fond de 5ème. »
Auparavant, c’était Jacky Oliver qui détenait la pole mondiale avec un 3’13’’6 sur l’ancien circuit Manceau avant l’apparition de chicanes en 1989.
Soit une moyenne de 250,07 km/h.
Evidemment, les législateurs ne pouvaient longtemps cautionner ces vitesses. Des réglementations techniques plus strictes, mais aussi et surtout des transformations radicales des circuits allaient ralentir le rythme.

Aujourd’hui, la « nouvelle portion » du Mans et les deux chicanes des Hunaudières ont complètement changé la donne même si le record de ce nouveau tracé est l’apanage de Kamui Kobayashi et de sa Toyota LMP1 TS 050 qui a roulé en 3’14’’791… pas très éloigné on le voit, du temps ‘stratosphérique de Jacky Oliver.
A Spa, il fut impossible de maintenir l’ancien tracé. Même si la pression foncière n’était pas incontrôlable, l’extension des petites localités de Francorchamps et Malmédy , mais aussi les nouvelles exigences concernant la sécurité, imposaient une refonte de l’initial tracé vertigineux Ardennais.

Ainsi si l’on conserva des monuments comme l’Eau Rouge ou le retour de Blanchimont, le circuit perdit la moitié de son kilométrage mais il n’en reste pas moins un sacré monstre à se coltiner avec les voitures modernes.
Il existe une évidente analogie entre le tracé Wallon et le circuit Sarthois.
Souvent, très souvent, une voiture qui va bien à Spa va bien au Mans…
Alors forcément, la manche Belge du Mondial WEC, hormis son cadre, reste un passage obligé avant d’aborder Le Mans.
Il existe autant de stratégies techniques que de points scabreux sur ce circuit toujours mythique.

La première portion comporte un virage très lent, celui de ‘La Source, puis une portion légendaire avec l’Eau Rouge et le Raidillon, un passage terrible tout en compression avant de s’élancer dans une ascension sauvage.
A lui seul l’endroit a mobilisé toutes les appréhensions des plus audacieux. Nul ne s’y sent complètement hors d’atteinte des diables de la frousse !
Une suite éprouvante de courbes appartenant au patrimoine de l’automobile : Les Combes, Malmédy, Pouon, les Fagnes, Stavelot et ce avant de s’engouffrer pleines balles dans Blanchimont un autre morceau de bravoure…
C’est long, c’est beau, mais …. Cela demeure extraordinairement dangereux.
Jadis, il fallait des autos fines comme des épées de mousquetaires, désormais, les ingénieurs cherchent le compromis entre la finesse et l’appui avec quelques doses de liaisons au sol en compression ou en détente complètement spécifiques au tarmac Wallon.
La complexité faite compétition fait que rarement les jeunes écuries abordent l’épreuve sans boule au ventre. Viennent souvent aussi, très souvent, des conditions météorologiques très typées « surprise du chef » et voilà qu’il faut jongler avec la drache, voire la neige comme il y a quelques années.
Décidément, Spa, n’a rien d’un endroit comme les autres.

LES TOYOTA ET LES FERRARI FAVORITES ….

Alors, forcément, au jeu des pronostics, les plus expérimentés gardent un immense avantage à Spa.
S’il est un team qui samedi martin partira avec les faveurs des bookmakers, c’est bien l’armada Toyota.
On ne sait rien sur la Balance des Performances (une très mauvaise idée ce secret DE LA BOP) mais ce qui est certain, c’est que tout récemment à Imola, lors de la manche inaugurale de la saison 2026, les deux Japonaises ont démontré leur compétitivité, le travail réalisé depuis la saison dernière semble avoir donné toute satisfaction aux patrons Nippons.
A Imola, les trois Ferrari ont certes connu des fortunes diverses mais toujours les bolides de Modène sont restés dans le rythme.
Elles sont toujours très à l’aise sur le tobogan des Ardennes Belges et dans des conditions difficiles elles seront, comme il en va de leur standing de redoutables prétendants à la victoire.
Derrière ce duo solide, Alpine aura de solides arguments à faire valoir.

A Imola, deux micro faits de courses ont (un peu) retardé les Françaises et bye bye la tête mais les deux ‘bleues, ont démontré une belle vitalité fort bien amenée par des pilotes très homogènes.
Philippe Sinault reste lucide et confesse un choix technique ambitieux
« Les 6 Heures de Spa-Francorchamps sont un rendez-vous particulier. Même s’il s’agit d’une épreuve à part entière, nous aurons déjà un peu le regard tourné vers Le Mans. Spa-Francorchamps est un circuit particulièrement exigeant, notamment sur les pneumatiques avec ses virages rapides et son grip élevé, sans oublier les incertitudes liées à la météo. Imola a également rappelé à quel point la moindre erreur ou le moindre fait de course peut très rapidement nous mettre hors-jeu tant les écarts sont faibles. Nous avons pu le constater avec la pénalité de la N°36, mais aussi avec les deux places perdues par la 35 en étant bloquée quelques secondes par une GT dans les stands. Il s’agira d’un test extrêmement représentatif. L’équipe est bien en place et mobilisée pour cette course qui doit nous permettre d’entrer pleinement dans la dynamique des 24 Heures du Mans. »

Au même titre que les Alpine, on a vu à Imola des Peugeot très en verve aux essais et en début de course. Hélas, et c’est désormais malheureusement une habitude, la gestion de course n’a pas été exempte de tout reproche. Les Lionnes sont compétitives (et là encore on se demande où en est la BOP), mais quelques petits faits de course ont ruiné les chances des Sochaliennes.
Il est temps que le staff, même renouvelé, se penche sur cette approximation. On ne peut en Hypercar, laisser la moindre opportunité à la concurrence de creuser ne serait qu’un écart infime !

Mêmes remarques chez Cadillac avec des voitures compétitives les trois quarts de l’épreuve mais qui se heurtent souvent à des incidents de course dommageables.
S’il est une marque à surveiller dans les Ardennes, c’est bien BMW qui joue quand même à domicile. Les voitures sont, elles, très bien gérées et on sait que Vincent Vosse le patron de cette équipe BMW WRT porte une attention particulière au respect des voitures dont les ateliers sont basés à deux pas du circuit.


Les Aston semblent revenir dans le jeu, quelle magie que le son de leur propulseur dans les sapins de la forêt Wallonne.
Evidemment, ce sera bien plus difficile pour les Huyndai Genesis Magma pour qui ce sera le baptême du feu sur un super circuit.
La marche est certes évidemment haute mais il y a une solide équipe à Signes du côté du Castellet, apte en tout cas à faire évoluer rapidement le prototype franco-coréen.

Une deuxième manche Mondiale WEC somptueuse donc ce samedi à Spa.
Une formidable mise en bouche dans les Ardennes en cette fin de semaine, surtout avant le mois de juin et son monument Manceau, le sommet du calendrier, l’épreuve reine de la discipline, les très prestigieuses 24 Heures du Mans, où Ferrari depuis son grand retour a bilé, décrochant la victoire à trois reprises en 2023, 2024 et 2025!

Et avec ses trois Hypercar, les deux 499P ‘ Officielles les N°50 et 51 en 2023 et 2024 et en 2025, la ‘ privée, la N°83 qui appartient à l’importateur Français, Charles Pozzi, désormais propriété d’Éric Neubauer.
Jean-Michel LEROY
Photos : RACINGSCHOOTS Willy CHANTELOUP – Manfred GIET – Thierry COULIBALY
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