TEROL OFFRE A BRNO SA … 276éme VICTOIRE A APRILIA


LA MARQUE JAUNE
En Europe, dans les années 80, en fait à partir de 1975, la moto japonaise a tout raflé. Le marché, les compétitions, les brevets, les réseaux. Seule, et encore s’agit-il surtout de son marché intérieur, la moto italienne a résisté, avec aussi quelques maniaques de la moto allemande. Le reste est balayé par le tsunami des quatre grands nippons, Honda, Yamaha, Suzuki, Kawasaki. Ce qui caractérise cette domination est d’une part la technologie, à chaque nouveau modèle c’est une révolution ou presque, et le prix des machines, considéré comme attractif par rapport aux désuètes motos européennes. C’est aussi la taille d’usines japonaises gigantesques qui fabriquent, en 1980, sept millions de motos quand l’industrie européenne avait des objectifs de vente de quelques milliers d’unités.Et puis… On a déjà raconté ici qu’en matière de sport, l’Europe a d’abord réagi sur le tout-terrain, les motos suédoises, autrichiennes, allemandes, d’Europe de l’est, d’Italie, d’Espagne relèvent la tête en enduro, trial et motocross.En revanche, sur les GP de vitesse, il était tout bonnement impensable d’aller défier la technologie et les montagnes de dollars des usines japonaises. Quand à imaginer aller chercher les géants nippons sur le marché commercial, là c’était du délire.Pourtant…FURIA ITALIANA


IL RISORGIMENTO- LA RENAISSANCE
On fait un grand saut et en 1985, la marque Aprilia, devenue importante (au niveau européen !) se lance, c’est insensé mais bien réel, dans les GP de vitesse. En cylindrée 250. Première victoire, avec Loris Reggiani, en 1987. Autrement dit, en deux ans, la petite usine « rital » a fait trébucher les colosses nippons. En 1988, Aprilia se lance en 125 cc.Première victoire en 1991 avec Gramigni, qui deviendra Champion du monde l’année suivante. En 1994, titre mondial en 250 avec un certain …Max Biaggi. A titre seulement indicatif de cette histoire légendaire, rappelons que c’est avec Aprilia que quelques « menus » calibres de la moto vont commencer. Loris Capirossi, Valentino Rossi, Casey Stoner, Jorge Lorenzo, Marco Melandri et Marco Simoncelli. Rien que cela ! Dans le cultissime western « L’homme qui tua Liberty Valance », le rédacteur en chef du Shinbone Star dit à ses jeunes journalistes une phrase ultra cultissime. « Quand la légende dépasse la réalité, publiez la légende! ». Inutile dans l’histoire d’Aprilia, la légende EST la réalité. La réalité existe aussi en chiffres. Aprilia en est aujourd’hui, en Grand Prix de vitesse, à 18 titres pilotes et 18 titres constructeurs, moitié en 125, moitié en 250. Pour être complet, il faut y ajouter 7 autres titres en tout terrain.VENTES : L’ASCENSION
Si l’on fait un bref repassage par les années 80, les motos japonaises tiennent la quasi-totalité du marché. Aujourd’hui, elles gardent péniblement la moitié des ventes totales. Que s’est-il passé ? C’est simple. La haute technologie est passée du côté des usines européennes et les prix sont comparables aux modèles japonais. Pourtant, dans les années 2000, la moto italienne est quasiment en déroute sur les marchés. Un homme, un financier à l’italienne, c’est-à-dire passionné, à l’image de la famille Bonomi qui a remis Ducati sur les rails de la prospérité, un richissime homme d’affaires va dans un premier temps reprendre Piaggio alors à l’agonie, puis créer petit à petit un groupe où l’on retrouve Moto Guzzi, Gilera, Aprilia et Derbi. Aujourd’hui, en France, ce groupe frise les 16% de part de marché, plus que Honda, plus que Suzuki, plus que Kawasaki.Dans les autres marques du groupe, c’est la même histoire, belle histoire.


LA COURSE C’EST LA VIE
C’est une phrase attribuée à Steve Mc Queen, que l’on entend souvent chez les pilotes américains. « Racing is life. Anything that happens before or after is just waiting. »Autrement dit, “La course c’est la vie, le reste n’est qu’une attente”.Voilà une philosophie qui sied merveilleusement au site autonewsinfo et qui colle parfaitement à l’histoire d’Aprilia.Avec Alain Roger, on en revient naturellement donc à la compétition, notre ADN commun. Parallèlement aux GP de vitesse, Aprilia s’est engagé, depuis deux ans seulement, en Superbike. Et dans ce délai hyper court, le pari est en passe d’être gagné, contre les quatre marques japonaises et surtout Ducati, la référence historique de la discipline. Max Biaggi est largement en tête d’un championnat qui se terminera à Magny Cours le premier week-end d’octobre. Alors bien sûr, cette fameuse RSV4, dans la nouvelle réglementation 2012 des MOTOGP, qui autoriserait les motos de 1000 cc disposant de moteurs dérivés de la série, ce serait quasiment du cousu main pour la marque, qui ne s’est jamais vraiment investie dans la catégorie dite reine.
Alain Roger, sourit.« Nous avons essayé, en 2002, l’Aprilia Cube avait un moteur assez révolutionnaire disposant de valves pneumatiques, mais c’est à ce moment là que la marque est entrée dans de grosses turbulences commerciales. Nous avons laissé tomber ». 
IL RITORNO – LE RETOUR
Mais depuis, ce qui a changé, c’est le marché. Les motos italiennes se vendent fort bien. Alors on repense au MOTOGP. On imagine que les nouvelles règles intéressent Aprilia. Alain Roger de reprendre.« Evidemment, cela nous interpelle. Aujourd’hui, les chronos de Biaggi en Superbike le placeraient en cinquième place sur une grille de GP. On sait aussi que BMW y pense très fort. Notre moto et nos ingénieurs sont donc parfaitement capables d’y aller. Pour l’instant, ce qui est sûr, c’est que notre engagement en Superbike est au long terme. Pour le MOTOGP, d’abord, il faut que la réglementation soit précise ».Attention, on sent que l’on s’aventure en terrain secret. Alors, on teste. Pour commencer, un team privé ? « Peut-être ou une équipe d’usine comme en Superbike. Si on veut un développement rapide de la moto, ce serait forcément via l’usine. »Et côté pilote, on tombe vite d’accord sur le fait que Biaggi est plutôt en fin de carrière, même s’il connaît formidablement la moto.Juste avant la fin de l’entretien, Alain Roger lâche une phrase qui peut-être, un jour, pèsera lourd.« Si on y va, ce sera avec l’un des quatre ou cinq meilleurs pilotes mondiaux ». On l’aura compris, on reste dans la tradition de la maison. Aprilia n’a jamais mis plus de deux ans pour dominer les disciplines sportives dans lesquelles la marque s’est investie. Si l’on vient au MotoGP, ça n’est pas pour faire semblant.











