« Un homme formidable, chaleureux, attachant au grand cœur » se souvient Gilles Gaignault qui a débuté dans la carrière la même année que National Moto, lui qui suivait les compétitions motos à ses débuts dans le monde de la presse, avant de s’orienter dans les années 80, vers les compétitions automobiles! [caption id="attachment_491120" align="aligncenter" width="600"]
EWC – Stéphane Haddadj et son demi frère Eric Collin Photo Michel Picard[/caption] National Motos est donc la plus ancienne écurie toujours en activité, l’un des murs porteurs de cette discipline que représente l’endurance si appréciée en France entre les deux épreuves majeures que sont les 24 heures du Mans et le Bol d’or.Engagée par le passé en catégorie EWC, puis en Superstock depuis 4 ans pour des coûts moindres, l’équipe National Motos brille donc toujours par sa ténacité et ses coups d’éclat, comme le prouve ce titre obtenu l’an passé dans la très disputée Coupe du Monde d’Endurance de la FIM (Fédération Internationale Moto).
C’est aussi une superbe vitrine pour cette équipe qui est, avant-tout, une concession motos fondée en 1969 par “Pipo” et Liliane Baldit (exclusive Honda depuis 1990) bien connue et appréciée de l’Ouest Parisien, basée boulevard National – d’où l’origine de son nom -à La Garenne Colombes en région Parisienne.
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EWC 24 Heures du Mans motos 2024 – Equipage Honda National Motos P1 SST Photo Michel Picard[/caption]2024: UNE SAISON EXCEPTIONNELLE COURONNÉE PAR LA COUPE DU MONDE
L’an passé, comme déjà en 2021, National Motos a remporté en Superstock les 24 heures du Mans avec une 5ème place au classement général.Lors de l’épreuve suivante (8 heures de Spa en Belgique) l’équipe qui venait d’être soutenue par l’assureur multi-cartes FMA, montait sur la seconde marche en Superstock (8ème au classement général).Ce partenariat avec FMA permettait de réaliser le rêve que n’avait jamais pu réaliser “Pipo”, faute de moyens… celui d’aller courir les très réputées et prestigieuses et aussi extrêmement disputées et éprouvantes 8 heures de Suzuka, au lointain Japon !Une belle opportunité prise avec prudence et humilité l’année où l’épreuve Nipponne comptait pour la Coupe du monde FIM !Course prudente récompensée par une 5ème place en Superstock et les précieux 12 points qui firent la différence, lors de l’addition finale au Bol d’or, épreuve où National Motos termina 10ème de sa catégorieLe Bol d’or 2024 fut très compliqué pour National Motos qui perdait d’emblée deux tours, après guère plus d’une heure de course, afin de remplacer la platine du repose pied cassé !Puis, à 19h30 il fallait remettre de l’eau dans le radiateur face à une hausse de température. On en profitait pour changer les freins durant cet arrêt de six minutes mais à 20h00, l’équipe décidait de changer le radiateur et repartait loin, loin … en 33ème position !La nuit allait permettre de remonter et de revenir dans le Top 10 de la catégorie mais à 8h50 le dimanche matin, la chaîne cassait et il fallait se remettre à l’ouvrage pour remonter au classement, même pour une modeste 10ème place en Superstock et la 17ème au généraMais cela permettait à cette sympathique écurie National motos, de remporter la Coupe du Monde avec seulement 4 petits points d’avance sur l’autre Honda du Chromeburner RAC 41, offrant ainsi à Honda de décrocher le titre constructeurs en Superstock.Comme l’aime à le répéter Stéphane Haddadj:« On le sait trop bien…Rien n’est jamais acquis avant le passage du drapeau à damier! » [caption id="attachment_491122" align="aligncenter" width="600"]
EWC Bol d’or 2024 National Motos P1 Coupe du monde SST Photo FIM[/caption]UN NUMÉRO FÉTICHE
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EWC-2025-Le 55… Le N° fétiche de National-Motos- Photo-Michel-Picard.[/caption] Une nouvelle fois, le N°55 portait chance. Il faut dire qu’il est devenu le numéro fétiche de cette équipe et ce depuis qu’il fut porté pour la première fois en 2006, année de la grande victoire au général de National Motos avec Olivier Four, Frédéric Protat et Daniel Ribalta-Bosch au guidon de la Honda CBR managée par Christian Lavieille.Ce fut l’une des dernières joies intérieures de “Pipo” qui, atteint de sclérose latérale amyotrophique, et souffrant de cette pathologie durant dix ans, nous quittait en Novembre 2012…Comme le temps passe !!!
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EWC – 2006 24 Heures du Mans – P1 Honda National Motos – Lavieille – Protat – Four -Ribalta et Stéphane Baldit – Photo: Michel Picard[/caption]STÉPHANE HADDADJ: « NOUS REPARTONS MAIS LA QUESTION SE POSE TOUS LES ANS! »
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EWC – Essais pré 24Heures du Mans 2025 – Stéphane Baldit, J.Nigon, V.Suchet, G.Raymond – Photo : Michel Picard[/caption] Nous avons retrouvé au Mans, le 1er Avril dernier, Stéphane Haddadj, durant la première journée des essais pré 24 heures, où il était venu soutenir et encourager ses troupes.Malgré son bref passage sur le circuit Bugatti, Stéphane, toujours aussi disponible et accueillant, nous a accordé quelques minutes d’entretien à l’intérieur du box afin de nous présenter le remplaçant du pilote Sébastien Suchet qui a choisi d’arrêter la compétition après le Bol d’or.« Nous avons décidé avec Éric de repartir cette année car la question, encore une fois, se pose tous les ans. Nous sommes un simple concessionnaire et il faut savoir maîtriser son budget et surtout l’engagement que nous avons. Nouvelle saison donc pour le team National Motos, le plus ancien du plateau. Nous avons choisi Johan Nigon comme troisième pilote en complément de Guillaume Raymond et de Valentin Suchet. La volonté a été de trouver un pilote qui puisse s’intégrer auprès de ces derniers qui roulent depuis quatre saisons ensemble. Il fallait trouver un coéquipier qui accepte cette cohésion existante tout en voulant s’intégrer mais ne pas forcer sur les deux autres. Johan nous a paru être le bon candidat car c’est quelqu’un avec lequel j’estime que nous partageons beaucoup de valeurs et qui s’intègre extrêmement rapidement aussi bien auprès de ses coéquipiers, qu’auprès du team et de l’histoire de National Motos. » [caption id="attachment_491126" align="aligncenter" width="600"]
EWC – 24 Heures du Mans 2024 – National Motos, P1 Superstock – Photo Michel Picard[/caption]LA CATÉGORIE SUPERSTOCK A UNE TRÈS BELLE VISIBILITÉ
« La catégorie Superstock prend de plus en plus de place au sein du Championnat du Monde d’endurance parce que la catégorie EWC coûte de plus en plus chère, il faut bien le reconnaître. La catégorie Superstock a une très belle visibilité. L’histoire que nous avons raconté ces deux dernières années en perdant le titre et la victoire au Bol d’or en 2023 et en les gagnant en 2024, fait parler aussi de cette catégorie qui devient une vraie course dans la course. Oui beaucoup de concurrence dont les dents sont hyper aiguisées, donc ce sera très difficile pour tout le monde, y compris pour nous cette année. »« LE MARCHÉ DE LA MOTO RESTE DYNAMIQUE »
« Le marché de la moto jusqu’à fin 2024 s’est plutôt porté correctement. Il faut se rendre compte que l’automobile s’est écroulée post-Covid, surtout après les ruptures d’approvisionnement depuis 2022/2023 et toutes les restrictions qui y sont liées. Le marché de la moto, a quant à lui plutôt bien tenu ses chiffres qui sont autour des 200.000 immatriculations par an, toutes marques confondues.Le marché de la moto tient bien mais est plus difficile en Ile de France – merci Madame Hidalgo – du fait du stationnement devenu quasi impossible à Paris et sévèrement puni, sans oublier les difficultés de circulation, etc…mais le marché résiste. Le début 2025 est une année un peu plus difficile car beaucoup de motos ont été immatriculées fin 2024 concernant les normes Euro5 et Euro5+. Il va falloir attendre le mois de Juin lorsque nous pourrons tirer un trait avec un marché plus difficile, on le constate bien, mais ça reste néanmoins un marché dynamique et on va espérer faire une belle saison. »
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EWC 2025 Photo9 Stéphane Haddadj Photo Michel Picard[/caption]« SANS PARTENAIRE NOUS NE POURRIONS PAS NOUS ENGAGER EN ENDURANCE »
Le plus gros pourvoyeur de fond reste la concession bien entendu, mais nous avons des partenaires comme Honda et Motul mais aussi depuis 2024, FMA Assurances, qui est un partenaire extrêmement important pour nous et qui nous permet de pouvoir continuer l’endurance et de pouvoir être là aujourd’hui. Il faut de toute façon des partenaires pour ce sport parce que nous ne pourrions pas nous y engager seul, très clairement. »[caption id="attachment_491128" align="aligncenter" width="600"]
EWC National Motos Honda FMA Photo Michel Picard[/caption]« NOUS AVONS BESOIN DE FIDÉLISER LES JEUNES DANS NOS MÉTIERS »
« Nous avons également un partenariat avec l’INCM (Institut du Cycle et du Motocycle), une école de formation des jeunes techniciens du cycle et de la moto située au Bourget avec des antennes dans toute la France et avec le GARAC, situé à Argenteuil qui forment des techniciens à la moto, à la voiture et aux poids-lourds. Le but est d’intégrer des jeunes de ces deux écoles au sein du team pour leur faire découvrir le monde de la compétition, les fidéliser dans nos métiers parce que je pense que nous avons besoin de fidéliser les jeunes par cette voie de la performance et surtout du rêve de la compétition. »Et Stéphane de préciser :« Nous continuons ces partenariats pour aussi valoriser le travail de tous ces jeunes. Nous voulons et souhaitons ardemment qu’ils aient la transmission du savoir, c’est très important pour nous. » [caption id="attachment_491129" align="aligncenter" width="600"]
EWC – Relai National Motos Photo Michel Picard[/caption]JOHAN NIGON: UNE SOLIDE EXPÉRIENCE DE L’ENDURANCE
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EWC Debrief pilotes National Motos – Photo Michel Picard[/caption] La reprise des essais va interrompre cette conversation avec Stéphane Haddadj qui va repartir en milieu d’après-midi vers la concession National Moto, laissant à son frère, Éric, la gestion technique de ces tests pré 24 heures du Mans qui se déroulent sous un beau soleil mais perturbés par d’incessantes rafales de vent de Nord-Est délestant l’avant des motos.Johan Nigon a d’ailleurs des difficultés à s’adapter au train avant de la Honda National Motos qu’il a déjà prise en mains à Alméria durant 4 jours d’essais fin Mars.Sur le circuit Bugatti, Johan ne sent pas bien encore le Dunlop avant qui équipe pourtant tout le plateau des Superstock.Depuis l’an dernier, quatre pilotes sont autorisés à piloter en course. Chez National Motos on reste fidèle à un trio réduisant les complications de réglages tout en augmentant le temps de roulage de chacun.Et puis Stéphane a une certaine éthique de la course car à ses yeux cette option de 4 pilotes, qui n’est pas obligatoire, renforce l’iniquité entre les moyens des écuries.National Motos fait donc confiance depuis 2020 à Dorian Mieusset (MD RaceLab basé à Clermont-Ferrand) pour la gestion du module d’acquisition de données embarquées. Tout est discuté, aplani puis validé avec les pilotes.Guillaume Raymond connaît bien Mieusset qui était déjà en 2019 son ingénieur en Championnat de France.
Valentin Suchet, Guillaume Raymond et Dorian Mieusset ne sont d’ailleurs guère soucieux des interrogations d’adaptation de Johan Nigon.Ce dernier connaît parfaitement la Honda CBR 1000 RR-SP pour avoir roulé l’an passé à son guidon au sein du Team No Limit et auparavant chez RAC41.Johan a déjà remporté la catégorie Superstock au Bol 2016 chez Moto Ain, puis fut Champion de France Promosport en 2018 au sein du Junior Team LMS et remporta les 24 Heures du Mans 2019 chez Motors Events, puis il intégra en 2021, le Team 18 des Sapeurs Pompiers.A 30 ans, Johan marche sur les pas de son frère aîné, Erwan Nigon, vainqueur des 24 heures du Mans 2014 avec Vincent Philippe et Anthony Delhalle sur la Suzuki GSXR du SERT et du Bol d’or 2022 avec Florian Alt et Steven Odendaal sur la Yamaha R1 Viltaïs. [caption id="attachment_491131" align="aligncenter" width="600"]
EWC Johan Nigon National Motos Photo Michel Picard[/caption]LA MÉTHODE NATIONAL MOTOS
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EWC J.Nigon au guidon et Eric Collin Photo Michel Picard[/caption] Éric Collin, toujours très concentré sur la mise au point de la 55, ne parle pas inutilement mais avoue:« Nous repartons avec deux machines neuves chaque année. A 55.000 €, la moto, budgétairement c’est compliqué. C’est inutile de changer quoi que ce soit côté motorisation. On n’arrête pas de brider. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures! »A l’issue des deux jours d’essais pré 24 heures et avec un 5ème chrono dans sa catégorie (1’37.987) National Motos n’a pas cherché à performer.Le transpondeur qui permet d’afficher les chronos à chaque passage devant la cellule de chronométrage n’était pas le souci principal pour ces tests pré- Mans.L’an passé Sébastien Suchet avait décroché le meilleur temps (1’36.883) en Superstock lors des essais officiels sur la N°55.L’écart d’une seconde à rattraper aujourd’hui peut paraître conséquent mais n’affole pas le staff technique de La Garenne Colombes qui possède suffisamment d’expérience pour ne pas donner d’importance à ce genre de détail avant l’heure.On fonctionne ainsi chez National Motos, car on domine son sujet en gardant la tête froide sans émotion apparente. Lors des prochaines 24 heures du Mans motos, on fera sa course avec intelligence chez National Motos sans aller au-delà des limites nuisibles au résultat final et… ça marche! IN MEMORIAM
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1977 – 1000Kms MCF Circuit Paul Ricard Eric Collin, Philippe Bouzanne, Pipo, Maurice Maingret, Philippe Leclerc – Equipe National Motos – P3 – Photo : Michel Picard[/caption] Comment ne pas avoir une pensée pour Ali Haddadj dit ” Pipo”, aux origines de cette si belle aventure, ou encore pour Stéphane Egéa parti à 34 ans, juste avant Noël, des suites d’une longue maladie et qui avait constitué avec Guillaume Antiga et Kevin Trueb l’équipage National Motos victorieux en Superstock des 24 Heures du Mans 2021.Sa compagne Mélodie Coignard, lui rendra hommage en prenant le départ aux côtés d’Amandine Creusot sur la Honda N°241, du AG Racing avec William Wallart et Maxime Verger. Texte et Photos : Michel PICARD [caption id="attachment_491134" align="aligncenter" width="600"]
EWC 2021 – 24 Heures du Mans – P1 Superstock National Motos – K.Trueb E.Collin G.Antiga et S.Egéa – Photo : Michel Picard[/caption] ]]>










