
Ce week-end se disputait dans l’antre de Lohéac en Bretagne l’épreuve reine de la discipline, les manches des Championnats français et britannique de Rallycross.
Une épreuve de rallycross se construit tout au long de quatre manches à courir, de deux demi-finales et d’une finale.
C’est sans cesse remettre sur le métier son ouvrage, sans cesse adapter les réglages aux conditions extérieures souvent extrêmement changeantes d’une manche à l’autre, dans ce coin de la Bretagne.
C’est aussi comme lors des spéciales de rallye, y faire le bon choix de pneumatiques en fonction de l’état de la piste, que ce soit pour la partie asphaltée mais aussi pour les parties terre…
C’est dans cet atmosphère souvent électrique de changement permanent que doivent évoluer les pilotes des différentes catégories.
Avec deux manches le samedi et deux le dimanche, c’est très souvent ce que quelques-uns considèrent comme une ‘loterie mais c’est la loi du genre pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Ce week end, et comme chaque année, chaque fin d’été, ils étaient encore … cinquante-mille – oui, 50.000 fans, tout autour du petit circuit proche du célèbre Manoir de l’Automobile.
Un sublime musée, créé il y a plusieurs décennies par l’éditeur Michel Hommel, l’homme qui a développé et fait de Loéhac, une gentille bourgade, dorénavant depuis des lustres, connu dans l’Europe entiére !

Même si on était loin des années prestigieuses avec le Mondial WRX, qui lui a offert ses lettres de noblesse avec notamment la présence de multiples Stars, tels Sébastien Loeb ou Peter Solberg – les Champions du monde du WRC – cette manche Française avait de quoi séduire cette année, puisqu’elle intégrait en son sein, de nombreux pilotes internationaux de renom, avec de nombreux britanniques ou irlandais, venus là pour leur championnat national.
Alors pas simple de se qualifier pour les demi-finales ouvrant les portes des grandes finales. Il fallait tout au long des manches cumuler les points permettant d’être dans les seize premiers.
Normalement, on savait que le Norvégien Andréa Bakkerud – qui adore Lohéac, était au-dessus du lot.
C’était sans compter sur les subtilités du tracé mais surtout des grains bretons !
Alors avec quatre vainqueurs différents dans chacune des 4 manches qualificatives, un classement intermédiaire inédit, des favoris au tapis, dont les deuxième et troisième du classement provisoire du Championnat, des phases finales intenses et au final un vainqueur pénalisé pour non respect des limites de piste, voilà un rapide résumé !
Avec déjà une surprise lors de la séance d’essais, puisque c’était le jeune Fabien Pailler qui coiffait au poteau Davy Jeanney … devant le pilote nordique !
Andréa Dubourg et Jonathan Pailler confirmaient la pointe de vitesse générale des pilotes français qui s’en sortaient bien dans ce concert international.

Du rififi dans les manches
La première manche des supercars n’échappa pas au pilote Scandinave devant un très bon Fabien Pailler, le Champion d’Europe Belevsky et un aussi bon Andréa Dubourg.
On pensait que sur ce type de piste, on avait là un trio logique. Mais samedi les caprices de la météo vinrent mettre une belle pagaille dans ce qui semblait promis au Norvégien…
Des grains en plein milieu des déroulements des manches et tout fut chamboulé.
Laurent Le Mannach, un Brestois forcément à l’aise dans ces conditions venait se mêler au concert des cadors !!!
Impossible le samedi soir, après les deux manches qualificatifs de savoir qui seraient les seize heureux gagnants de cette excitante loterie.
Dimanche matin restaient donc deux manches avec un circuit très particulier dans lequel s’emmêlèrent quelques favoris.
… Dubourg, Bakkerud, Jeanney, les deux Pailler furent de ceux-là !
Du coup, le Hongrois Karaï s’imposa dans la troisième manche qualifitive mais comme il avait coupé la ligne de sortie de tour joker, il fut pénalisé de cinq secondes.
Ce fut donc Le Mannach et Delaunay qui profitèrent de l’aubaine.
Restait une manche avec au début du passage des supercars, un soleil pour les premières séries mais, hélas pour eux, les derniers partirent sous une ondée.
Nouveau bouleversement du classement général… On se retrouva avec Jonathan Pailler éliminé, une surprise quand même et quelques bafouillages une fois encore pour Davy Jeanney qui du coup se voit contraint de partir en deuxième ligne de la seconde manche derrière Fabien Pailler. Dans la deuxième, Bakkerud part en pole juste à côté de la très bonne surprise du week end, Laurent Le Mannach, tout comme Delaunay qui s’élançait en première de la seconde demi-finale.
Des demi-finales sous haute tension

La pluie aura été une animatrice extraordinaire. On a vu combien elle s’ingénia à ne jamais laisser les concurrents dans le confort et la sérénité…
Alors évidemment, une belle averse celte, vint corser la situation et arroser une dernière fois le tracé Lohéacais.
La première demie finale se déroula sur un circuit fraîchement trempé. Fabien Pailler, parti en pole, ne rata surtout pas l’occasion de se libérer de l’étreinte de la concurrence.
Delaunay lui fut pris dans le pataquès du premier gauche. Venu du diable vauvert, le Suisse Belevskiy s’emparait alors de la deuxième place.
Derrière un très bon Andréa Benezet réussit tout de même à devancer Davy Jeanney.
La relève française semble assurée.
Dans la deuxième demie, Bakerrud bondit dès le premier gauche tandis que Le Mannach réussit l’exploit de passer devant les cadors européens !
Hélas une crevaison vint ruiner les beaux efforts du Brestois tandis qu’Andrea Dubourg profitait, lui de l’aubaine pour terminer deuxième qualifié. Volland et Munnich eux aussi s’immiscent en finale.
La finale

On attendait naturellement l’instant Norvégien. Jusque le Baby Blue (c’est le surnom d’Andréas donné par ses nombreux fans) avait rendu une impeccable copie.
Il était passé au travers des nombreuses embûches rencontrées durant ces deux jours sous haute intensité.
Malgré tout l’attachement que lui porte le public breton, à Bakkerud, évidemment c’est vers la 208 de Fabien Pailler qu’allaient les cœurs des milliers de spectateurs.

Il partait lui aussi en première ligne de la finale. On s’attendait évidement à une sacrée empoignade dès le premier gauche, suivi d’un droit encore gavé de pluie.
Pourtant, ce ne fut pas là que ça se passa. En fait l’explication dura tout le temps de la finale.

Bakkerud partit devant avec dans ses basques Fabien Pailler. On pensait que le pilote de la Hyundaï allait rapidement empocher la mise mais le Breton n’abdiqua pas.
D’autant que le Scandinave s’écarta trop de la trajectoire. Immédiatement, Fabien imposa sa 208. Un instant seulement car le solide ‘viking, ne tarda pas à reprendre la main…
Derrière ces deux leaders, Andréa Dubourg réalisait la course quasi parfaite. Il sut résister au Suisse Belevskiy mais aussi à la furia …Jeanney, revenu du fond de la grille.
Et puis dans le dernier tour, coup de théâtre, la mécanique de la 208 De Fabien connut quelques soucis.
L’autre Peugeot, celle du Libournais Andréa Dubourg passait du coup en deuxième position. Jeanney lui aussi dépassa le pilote breton.
Derrière Bakkerud, deux Français réalisaient une belle performance.
On avait encore une fois vécu in extraordinaire moment de sport automobile.

Décidément, le Rallycross mérite son extraordinaire public.
Mais on apprenait plus tard de Bakkerud écopait d’une pénalité de cinq secondes, se voyant déclassé de sa superbe victoire et ce pour non-respect des plots en bordures de piste…
Par conséquent, la victoire revenait du coup finalement à Andréa Dubourg qui l’emportait devant Andreas Bakkerud et Davy Jeanney.
Jean-Michel LE ROY
Photos : Damien SAULNIER et FFSA











