(voir notre article du 20 décembre dernier en lien) par la volonté de relever un nouveau défi en 2023!
Nous reverrons donc bien en piste la Suzuki Yoshimura Sert, à la reconquête du titre du Championnat du Monde FIM EWC perdu lors du dernier Bol d’or après une casse moteur aussi rare, que brutale, irréparable et donc irrémédiable…Elle tentera aussi un double défi : le ” Coup du chapeau ” en voulant rafler trois fois de suite la victoire lors des prochaines 24 heures du Mans qui auront lieu les 15 et 16 avril 2023 et ramener ainsi définitivement la Coupe de l’épreuve Sarthoise, tant convoitée.Un véritable pied de nez du duo Kato – Saulnier à l’usine jadis nourricière qui voulait abandonner ses enfants terribles à l’approche des jours sombres aux horizons incertains…Le budget bouclé tardivement ne rendait pas la tâche facile de réunir un trio de pilotes capables de monter à l’assaut de ces challenges. Et, pourtant !Damien Saulnier nous confiait il y a quelques jours pouvoir conclure ses tractations avant Noël. C’est désormais chose faite alors qu’on se posait la question de savoir si l’équipage du dernier Bol d’or : Gregg Black, Sylvain Guintoli et Kazuki Watanabe, allait t-il être reconduit ?On apprenait que le pilote Japonais avait de son coté déjà choisi de ne plus attendre et qu’il retournait chez les verts de Trickstar à ses premières amours … de la saison 2016, où il avait pris la seconde place à Suzuka avec Haslam et Haga sur une Kawasaki du Team Green.Black et Guintoli restaient finalement fidèles malgré le chant des sirènes. Et puis le Père Noël, Yohé Kato sonna chez … un ancien pilote du Team, Etienne Masson!
ETIENNE MASSON : LE RETOUR À LA MAISON
Etienne nous raconte :” Yohé a beaucoup insisté et a effectué toutes les démarches pour faciliter les choses. Kawasaki voulait me garder mais tout repartait à zéro du fait du départ à la retraite du boss Gilles (Stafler). Tout prenait trop de temps pour moi. Nous allions commencé une saison en prenant encore du retard au niveau des essais. J’arrive à un stade de ma carrière où j’ai besoin de résultats Yohé m’a appelé à un moment où j’étais en plein doutes avec Kawasaki. J’ai donc cette bonne place en endurance. Je posséde en outre l’avantage de connaître déjà la moto et l’équipe. Je ne connais pas les pneus Bridgestone mais je suis confiant car j’ai beaucoup discuté avec Gregg (Black) qui m’a assuré qu’il n’y avait aucun soucis à se faire. Les motos sont entièrement montées maintenant au Japon et les premiers essais en Février se dérouleront là-bas je pense. En plus, cela coûte moins cher de déplacer trois pilotes que d’envoyer tout le matériel par avion en Europe.”A notre question après avoir piloté pour Suzuki, Ducati et Kawasaki pourras-tu établir des comparaisons ? Etienne répond:” La Ducati du Bol restait assez proche de celle que j’ai pilotée en 2021, à part leur passage bénéfique de Michelin à Pirelli. La moto était très, très bonne, une vraie moto de course. L’équipe a encore besoin de travailler mais elle est capable de développer une machine pour aller vite. La Kawasaki se rapprochait beaucoup de la Suzuki. Quand je suis monté dessus elle m’ait apparu assez familière et je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter par rapport à la Ducati qui était cependant plus performante. Nous avions fait quelque-chose de bien au niveau partie-cycle sur la Kawa mais nous manquions de puissance au Bol . “
Damien Saulnier, en vacances familiales à Tignes s’est rendu disponible ce mercredi 28 décembre 2022, pour nous préciser également :” Je suis content car Etienne je le connais depuis 2013. il connaît la moto, l’équipe, notre façon de travailler. C’est un pilote fiable, robuste avec un super état d’esprit, qui s’entend très bien avec Gregg pour avoir déjà roulé ensemble et qui s’entendra très bien avec Sylvain, même s’ils n’ont jamais roulé encore ensemble. Je ne suis pas inquiet, ça fera un très bon trio comme avec Xavier Siméon (qui décida de mettre brusquement un terme à sa carrière après les 24 H de Spa 2022). Nous n’avons pas de remplaçant de défini pour l’instant mais il n’est pas dit qu’il y en aura un. Christian Iddon roulera sur Ducati en BSB (Championnat Superbike Britannique) et donc ne pourra pas rouler comme il l’a fait avec nous cette saison.Et il poursuit, enchainant :Le fait de revenir à la maison pour Etienne après avoir connu les expériences précédentes sont bonnes à prendre. Les gars iront roulé certainement au Japon mais pas avant Février puis en Mars après. La moto sera identique avec des petites évolutions. Yoshimura n’a pas cessé d’améliorer cette moto qui sera encore mieux l’année prochaine en consommant encore moins. La stratégie en endurance est toujours la même. Il n’y aura pas de grosse révolution sur la moto sauf au niveau du réservoir avec la mono-vanne Stäubli obligatoire pour tous. “Côté moteur, avez-vous eu un retour sur la casse du Bol ?:” Nous n’avons pas eu de retour. En fait il n’y a pas vraiment d’explications mais le principal, je dirais, c’est d’aller de l’avant et que ça ne se reproduise pas. Il n’y avait pas vraiment d’explication au phénomème. Malgré tout, c’est la course et ça peux arriver. Depuis le Bol nous n’avons pas vraiment eu de temps car ça été Rock’n Roll. “Bon curieuse réponse tout de même car le Bol s’est déroulé il y a plus de 3 mois !
Voilà donc Etienne Masson de retour auprès de Damien Saulnier avec lequel il a débuté en endurance en 2013, au sein du Suzuki LMS Junior Team, où il remporta le Bol d’or en catégorie Superstock avec Baptiste Guittet et Nans Chavaux.En 2014, au sein de la même structure du LMS (Lycée du Mans Sud), véritable pépinière de mécaniciens et de pilotes qui fêta cette année ses 25 ans d’existence , Etienne remporta les 24 heures du Mans avec Gregg Black et Baptiste Guittet qui offrirent la Coupe du monde Superstock FIM à Suzuki!
En 2015, Etienne intégra le SERT de Dominique Méliand pour y remporté d’emblée le titre mondial en endurance EWC et les 24 heures du Mans avec Vincent Philippe et le regretté Anthony Delhalle .Depuis ce funeste jour du 9 Mars 2017, où Anthony fut victime d’une tragique chute lors d’essais sur le circuit de Nogaro, et fidèle à sa mémoire, Etienne porte d’ailleurs sur son casque un sticker avec ses initiales : AD!Etienne remporta le Bol d’or à deux reprises : en 2016 avec Vincent et Anthony et en 2019 toujours avec le recordman de l’épreuve Vincent Philippe (9 victoires) et Gregg Black qu’il retrouvera en 2023 .En 2019 , le Bol d’or comptait pour la première épreuve du Championnat EWC qui se disputait sur deux années : 2019/2020 et que remportèrent Etienne associé à Gregg Black et Xavier Siméon .En Octobre 2020, curieusement et dans l’incompréhension générale, Damien Saulnier se voyait charger de se séparer soit d’Etienne ou de Gregg Black car Sylvain Guintoli frappait à la porte du Yoshimura Sert, alors que Xavier Siméon, le dernier arrivé, possédait un contrat de deux ans allant jusqu’en 2021. Ce fut Etienne, sans raisons tangibles, qui fut sacrifié et paya les pots cassés!
Etienne rebondira en 2021 sur la Ducati N°6 avant de signer pour Kawasaki en 2022.
Etienne Masson originaire d’Attignat, à 15 kms de Bourg En Bresse, a fêté ses 34 ans 28 septembre dernier après sa 3ème place au Bol d’or avec Randy de Puniet et Florian Marino sur la Kawasaki Freebike du SRC d’Isabelle et Gilles Stafler, partis à la retraite depuis.Nous attendons toujours une annonce des verts dont les tractations avec Trickstar s’éternisent d’ailleurs aussi…Etienne Masson, sans plus attendre, a choisi de répondre positivement aux arguments peut-être teintés de repentence, de Yohé Kato, pour revenir, sans rancune, au sein du Yoshimura Sert en 2023.Ainsi, avec Sylvain Guintoli, Gregg Black et Etienne Masson, la Suzuki N°12 possède l’équipage idéal pour prouver à Suzuki le bienfait de la compétition et peut-être inverser la vapeur à l’avenir…Qui sait ?L’histoire bégayera t’elle comme déjà, en 1984, avec un certain Dominique Méliand (l’homme du SERT qui apporta 15 titres mondiaux en endurance à Suzuki) lorsque l’usine se retira après le titre mondial 83 avec la paire formée d’Hervé Moineau et de Richard Hubin.C’est tout ce que nous souhaitons, en cette période de voeux, à l’équipe de Yohé Kato et Damien Saulnier, d’atteindre leur double objectifs : la victoire aux 24 Heures du Mans pour la troisième année consécutive et le titre mondial EWC 2023. Texte: Michel PICARDPhotos : Michel PICARD, David REYGONDEAU – TEAM 










