
A l’occasion d’une conférence de presse organisée à la veille des six heures de Spa vendredi dernier, Mark Rushbrook, le directeur mondial de Ford Racing, a dévoilé et détaillé le futur programme Hypercar de Ford la firme de Dearborn devant débuter en 2027 en Championnat du Monde d’Endurance WEC de la FIA.
Évoquant le calendrier de développement de l’Hypercar, le choix du LMDh, la stratégie sportive et le recrutement des pilotes, le’ boss de Ford Racing, a fait le point sur le projet.
« Courir pour la victoire au général est extrêmement important pour nous »
« Le premier roulage du prototype est désormais connu. Je pense que nous avons déjà dit publiquement que le premier test aurait lieu sur le circuit Français du Paul Ricard en août. Cela a du sens avec notre partenaire Oreca dont les ateliers se situent aux portes du circuit dans la zone d’activités de Signes, juste à côté. Il s’agira du shakedown et des premiers essais. »
Après ce premier roulage au Circuit Paul Ricard, l’équipe Ford prévoit ensuite de participer à plusieurs séances d’essais sur des pistes en Europe jusqu’à la fin de l’année avant d’entamer une phase américaine du développement.
« Nous roulerons sur plusieurs circuits en Europe jusqu’en novembre et décembre. Ensuite, nous irons aux États-Unis pour rouler sur plusieurs pistes ainsi que pour affiner le travail en soufflerie. À ce moment-là, nous aurons deux voitures disponibles pour les essais et pour le travail aérodynamique avant l’homologation. »
Et Mark Rushbrook, poursuit :
« Nous avons défini notre calendrier dès que le programme a été validé et dès que nous avons sélectionné Oreca comme partenaire. Nous suivons ce plan selon ce timing. »
Avant d’indiquer :
« L’important n’est pas uniquement la quantité de roulage. Oui, les essais en piste sont importants, mais mettre une voiture en piste juste pour rouler, sans avoir pris le temps de faire correctement le développement numérique et tout le travail laboratoire, ce n’est pas ce que nous voulons faire. Le banc de transmission, le simulateur driver-in-the-loop, tout le travail aérodynamique… tout cela nous permet déjà de continuer à développer la voiture. »
« Le LMDh est la bonne formule »
Le patron de Ford Racing a également détaillé les raisons du choix du LMDh plutôt que du LMH pour son retour dans la catégorie reine.
« Pour ce que nous voulons tirer de ce programme, le LMDh est la bonne formule. Cela nous permet de nous focaliser sur ce que nous voulons apprendre et sur ce que nous voulons apporter dans le programme Hypercar : le moteur thermique, la carrosserie, l’aérodynamique et la dynamique véhicule. »
Même avec un système hybride standardisé, Ford estime continuer à apprendre sur le plan technique.
« Beaucoup disent ‘Vous n’apprenez rien sur l’hybride. Mais nous continuons d’apprendre, même avec un groupe motopropulseur standardisé, notamment sur toute la partie logicielle.Nous avons déjà énormément appris sur l’hybridation grâce à la Formule 1. Nous n’avons pas besoin de reproduire exactement les mêmes apprentissages dans chaque discipline où nous courons. »
Concernant l’avenir réglementaire de la catégorie Hypercar, Ford se montre favorable à une convergence accrue entre LMH et LMDh.
« La convergence est toujours une bonne chose, comme nous l’avons vu avec le GT3. Plus LMH et LMDh se rapprocheront, mieux ce sera pour tout le monde. Les constructeurs doivent donner leur avis, puis les décideurs prennent les décisions. »
Concernant les futurs équipages et les futurs pilotes Ford, seuls à ce jour Logan Sargeant, Mike Rockenfeller et Sebastian Priaulx sont annoncés, mais il se murmure que Felipe Nasr et Matt Campbell devraient rejoindre les rangs du constructeur américain :
« Nous sommes assez proches de l’annonce. Tout n’est pas encore signé, mais nous avons nos cibles et les discussions avancent bien. Selon les pilotes que nous aurons et selon les situations, certaines courses se feront peut-être à trois pilotes, d’autres à deux. »
Ford souhaite un groupe de six pilotes épaulés par un réserviste.
« Nous ne regardons pas cela comme un groupe de pilotes Hypercar séparé d’un groupe GT3. Nous regardons cela comme un arsenal global de pilotes. »
Evidemment le cas Max Verstappen et la possibilité de voir le quadruple Champion du monde de F1 associé un jour au programme Ford en endurance alors qu’il disputera à la fin de la semaine les 24 Heures du Nürburgring au volant d’une Mercedes, a été abordé.
« Nos discussions remontent à plus de trois ans. Il s’agit simplement de trouver la bonne opportunité. Nous préférons évidemment voir nos pilotes Ford dans des voitures Ford. Mais nous adorons sa passion pour la course. Que ce soit en simulateur ou ailleurs, cela le rend encore meilleur. »
PAS DE PROJET IMSA en 2027
« Une partie de la raison pour laquelle nous faisons notre retour avec ce programme Hypercar, reste évidemment de re décrocher la victoire au général au Mans compte tenu de notre histoire là-bas. »
C’est visiblement la raison pour laquelle une présence future en Championnat d’endurance US de l’IMSA SportsCar Championship n’est pas finalisée mais pas non plus totalement écartée..
Car Ford estime déjà bénéficier d’une forte visibilité grâce aux différents programmes en GT3 avec sa Mustang.
« Lors des derniers week-ends à Laguna Seca et Sebring, nous avions des Mustang GT3 officielles et clientes, des Mustang GT4 et le Mustang Challenge. Nous avions 32 Mustang engagées dans trois séries différentes sur un même week-end. »
Et Mark Rushbrook conclut :
« Nous adorons l’IMSA. C’est un championnat fantastique avec de grands circuits et de grands concurrents. Mais aujourd’hui, nous ne ressentons pas autant le besoin d’y aller avec le programme Hypercar. »
Terminons enfin en rappelant que la présentation de la voiture est prévue à la mi-juin lors des 24 Heures du Mans.
François LEROUX
Photos : FORD











