
Pour fils ou fille de famille sans permis mais (très) aisé (e)
Si on m’avait dit un jour que j’essaierai une voiture plafonnant à 45 km/h sur les petites routes d’une Provence automnale et évidemment très belle, j’aurais taxé mon audacieux prévisionniste d’un dédaigneux ricanement dont j’ai le secret et qui a fait la terreur de plus d’un rédac chef…
Et voilà que je me retrouve dans une drôle de petit quadricycle de moins de 450 kilos, lancé du côté de Salon de Provence, entre vignes et oliviers et … à une vitesse qui me fait prendre un cycliste comme un problème à doubler.
Lorsque Gilles Gaignault m’a appelé pour savoir si j’étais libre pour un essai Ligier, comme j’étais pour la manche belge du Championnat Ultimate Cup, avec Jacques Nicolet – le Boss de la marque Ligier – sur le circuit de Spa, j’ai pensé évidemment au beau petit coupé Ligier JS 2 R.
Que nenni ! Sans doute influencé par un sens aigu de l’observation, l’ami Gaignault avait pensé à moi pour tester la nouveauté de l’autre entité Ligier, la JS 60, une voiture sans permis. Ce type de véhicule a chez moi, dans mon Ouest rural manceau, force de symbole.

On en trouve dans tous les villages, des côteaux du Saumurois au parking du café du Port à Locquirec. Ils sont en général conduits (?) par d’impitoyables écluseurs, ou de solides matrones incapables de passer un permis de plus en plus exigeant en ces temps de rude circulation.
Comme j’ai l’âge d’un dinosaure tardant néanmoins à disparaitre, le rédac chef a dû penser que l’étais le cœur de la cible du constructeur de Vichy.
Hormis le fait que j’ai connu l’ami Guy Ligier personnellement qui reste comme le plus sympa des monstres de cette époque, je n’ai pas grand-chose à voir avec les utilisateurs de ces petits cubes pétaradants à peine plus rapide sur route ouverte qu’un Mc Cormick 624.
Mais visiblement, les temps changent. L’offensive Stellantis excite le marché.
Malgré le cuisant échec de Renault avec sa Twizzy, et toutes ses mini voitures en général, chez le concurrent Stellantis, on a découvert une niche.
Celle des petits véhicules sans permis jadis réservés aux anciens et aux leveurs de coude. Avec son modèle dénommé l’Ami de Citroën et la Topolino de Fiat, la niches des ados aux parents aisés était visée. Ce qui n’a pas manquer de donner de solide argument aux spécialistes français du cycle car, une originalité hexagonale dans le paysage automobile.

Le leader du marché français de ce type de petites bagnoles, Ligier n’a pas manqué de pousser avant son avantage en proposant sa JS 60, la dernière évolution de sa gamme déjà bien fournie avec les Myli et JS 50.
En fait, sans que personne s’en préoccupe beaucoup, Ligier est devenu un constructeur à part entière avec sa gamme de quadricycles légers mais aussi une gamme de VU électriques très souvent destinés au dernier kilomètre livraison.
Sur le site d’Abrest aux portes de Vichy, dans l’Allier, en 2026, 14.000 véhicules ont été produits (dont 12000 VSP, Véhicules Sans Permis).
Distribués sur plus de 550 points de vente en Europe, la marque réalise 150 millions d’euros de Chiffre d’Affaire en Europe et salarie 511 personnes.
Pour amplifier son essor, Thomas Comte, le CEO de la marque française compte sur la JS 60, qu’il définit comme le produit ‘Premium de son entreprise.
Nous avons pu donc essayer l’Ultimate avec un look sportif (oui, il faut avoir de l’imagination) grâce à ses spoilers et son becquet sport qui pourrait bien séduire les ados un peu accro au style.
En dehors des équipements de la gamme (Autoradio IDIN BT, vitres électriques, double essuie-glace avant, ouverture électrique du hayon, tablette tactile 10 pouces, pack HIFI Pionner, caméra de recul, toit noir), la version Ultimate bénéficie du système Androïd Carplay Auto sans fil, d’un pack HIFI 60 d’un éclairage d’ambiance LED intérieur et nous l’avons vu, de spoilers et becquet sport.
Tout ou presque des récents modèles des grands constructeurs.
Sauf évidemment les motorisations. Nous avons donc testé la version électrique qui en ces temps de crise devraient séduire le grand public.
Une batterie de 11,04 kWh permet une autonomie de 164 km (données constructeurs), ce qui la place dans la niche des micro-véhicules urbains.
Je ne vous cacherai pas que je garde un souvenir très mitigé de mon expérience sur route nationale et je préconiserai un usage très restreint de ce type de véhicule sur ces voies-là.

Mais une petite route de campagne de Provence, à condition qu’elle ne s’élève pas trop, on peut musarder avec un toit sur la tête et un confort intéressant même s’il est délivré dans un endroit assez restreint.
La direction assistée est évidemment un plus et l’équipement pléthorique va faire des envieux chez les utilisateurs de produits low cost de la production automobile traditionnelle.
On aimerait une insonorisation plus efficace du mécanisme de transmission et des commandes au pied plus ergonomique même si on s’habitue assez rapidement aux commandes de ce tout petit véhicule.
Évidemment, nous sommes là dans un marché très spécifique, au cahier des charges draconien et dans son segment, cette derniére née des Ligier, cette JS 60 Ultimate, mérite que l’on s’y attarde au moment du choix d’achat.
Vidéo : Thomas Comte, CEO de LIGIER Group, répond aux questions de Charles-Bernard ADREANI
Jean Michel LE ROY
Photos : Ligier Group

LES TARIFS
Ligier JS60 Select Revo D+ : 16 499 €
Ligier JS60 Select EV : 16 999 €
Ligier JS60 Elite Revo D+ : 17 999 €
Ligier JS60 Elite EV : 18 999 €
Ligier JS60 Ultimate Revo D+ : 19 999 €
Ligier JS60 Ultimate EV : 20 999 €









