Après s’être imposé une première fois en 2020, l’équipage du couple Oreille, sur Porsche 911 Carrera RS, remporte la 22 édition du Tour de Corse Historique, décrochant pour le panache, le temps scratch de la dernière épreuve spéciale du rallye.
Partis de Porto-Vecchio mardi dernier, les concurrents de la 22ème édition du Tour de Corse Historique étaient de retour samedi dans la ville portuaire après avoir bouclé les 1028 kilomètres d’un parcours renouvelé à 60%, comptant 382 kilomètres d’épreuves chronométrées réparties en 19 spéciales.A l’image des éditions précédentes, la version 2022 a fait honneur à sa réputation de rallye historique parmi les plus longs et les plus techniques de la planète, sollicitant durement les mécaniques et les équipages.Une formule qui contribue largement à son succès auprès des concurrents et à un engouement croissant au fil des ans, au point d’enchaîner les records de participation.De 350 en 2021, la liste des engagés est passée à 380 en 2022 avec 12 nationalités représentées, obligeant l’organisation à effectuer une sélection cornélienne parmi les 530 demandes d’inscription reçues cette année.Mais bien des concurrents se plaignaient du trop grand nombre d’engagés occasionnant des horaires infernaux !Et la présence de voitures sans réel lien avec l’histoire du Tour de Corse….
A l’image de sa performance de 2020, La paire que forme Alain Oreille et sa femme Sylvie Oreille, a construit sa victoire jour après jour. Ménageant la mécanique de sa Porsche 911 Carrera RS préparée par l’écurie Joffroy, il a su également se maintenir dans la hiérarchie de tête sans prendre de risque.La concurrence s’est ensuite chargée de lui laisser la route libre, abandonnant la partie sur problème mécanique ou sortie de route au fur et à mesure des spéciales.Le vainqueur confiait à l’arrivée sur le podium de Porto Vecchio :« Nous avons été pénalisés au début du rallye par un choix de pneumatiques trop larges » Avant d’enchaîner et de préciser :« Après avoir rectifié le tir, nous sommes revenus au classement. Il y avait une belle bagarre avec Florent Jean (Porsche 911) et Anthony Agostini (Ford Escort MK1). Mais tous les deux sont sortis. Ensuite, nous avons géré. Ça s’appelle l’expérience ! Le Tour de Corse Historique est fabuleux. C’est un grand rallye, à l’image de ce qui se pratiquait à l’époque avec des spéciales de 30 kilomètres. Je n’ai participé qu’à un rallye cette année. C’est celui-là ! ».Deuxième de l’épreuve, l’équipage Jean-Baptiste Botti et Yoann Raffaelli avec leur Porsche 911, affichait également un large sourire sur le podium. Champion du monde de jet ski à plusieurs reprises, Jean-Baptiste Botti se révèle également un pilote de talent.Déjà 3ème l’an dernier en VHC, le jeune Porto-Vecchiais monte cette année sur la deuxième marche du podium à l’occasion de sa troisième participation :« Nous avons connu des problèmes mécaniques le deuxième et troisième jours. Heureusement, l’écurie Caruso est parvenue à réparer et nous a permis d’être performants sur la seconde partie de l’épreuve pour réussir à décrocher ce beau résultat ». ARGENTI-TYRAN S’IMPOSENT DANS LA CATÉGORIE J2
Dans la catégorie J2 ouverte à des modèles plus récents, le duel annoncé entre les insulaires Tomas Argenti-Mathieu Tyran et Christophe Casanova-Stéphane Delleaux, tous deux sur BMW M3, a malheureusement tourné court.Parti pour tenter de gommer son écart de 1’24 sur Argenti-Tyran, le triple vainqueur de la catégorie en 2019, 2020 et 2021, a été victime de la rupture d’un cardan dès la première épreuve spéciale de la journée.Ne rester plus à Argenti-Tyran à rallier l’arrivée sans encombre pour s’assurer définitivement de la victoire dans la catégorie J2, lors de sa deuxième participation au Tour de Corse Historique.Le jeune vainqueur, indiquait :« Nous sommes évidemment ravis. En début d’épreuve, nous n’avons pas été épargnés par les problèmes mécaniques sur notre M3 BMW (ex Pascal Trojani) entièrement dans sa configuration d’époque (1995) et qui n’avait plus roulé depuis 2001. Nous avons géré la course aussi intelligemment que possible pour rester au contact des et attaquer quand il le fallait. Nous avons vécu un rallye unique en son genre qui nous laissera des souvenirs extraordinaires ! » Parmi les belles histoires de cette édition, mentionnons celle de l’équipage Bernardini père et fille, qui se classe 3ème en J2.Double Champion de France des rallyes … en 1994 et 1995, et victorieux au Monte Carlo en 1996, Patrick Bernardini n’était plus sorti de sa retraite de pilote professionnel depuis… 2010, lors d’une brève apparition au Tour de Corse Historique.Le pilote d’Ajaccio, particulièrement ravi de cette expérience partagée avec Carla, qui sera sans doute appelée à se renouveler l’an prochain, déclarait, lui :« Cela fait cinq ans que ma fille Carla me sollicitait pour que nous participions ensemble à ce rallye. Pour mes 60 ans, nous avons décidé de nous inscrire. Il s’agissait de sa première course automobile. Elle s’est adaptée et a progressé dans l’annonce des notes au fil des spéciales. Moi-même, j’ai dû également retrouvé mes repères. Tout s’est merveilleusement déroulé ! » Autre anecdote, révélatrice de l’esprit d’entre-aide et de partage qui règne sur l’évènement, celle vécue par l’équipe André Giusti-Frank Pascalini, avec leur Alpine A110. Victime de la casse d’un croisillon de boîte de vitesses et n’ayant pas la pièce de rechange, ils doivent leur salut à la générosité de Jean-Pierre Manzagol, figure du sport automobile Corse.Détenteur du record mondial du nombre de départs (29) sur un même rallye en WRC, il a couru sur Renault R8 Gordini, Alpine A1100 et A310, R5 GT Turbo, Clio Williams ou encore Peugeot 306 Maxi.Voyant son compatriote contraint à l’abandon, Manzagol lui a proposé de démonter sa berlinette personnelle pour le dépanner de sa pièce défectueuse et lui permettre de rallier l’arrivée à Porto-Vecchio.Une action qu’André Giusti n’a pas manqué pas de saluer lors sa montée sur le podium.
En VHRS (Véhicules Historiques de Régularité Sportive), l’équipage Emmanuel Saussereau-Stéphane Poulard avec la Fiat 124 Abarth, remporte le classement général final ainsi que le classement de la Moyenne Modérée.Etienne Baugnee-Vincent Duchesne qui roulaient avec une Ford Escort MK1 RS2000, s’imposent, eux en Moyenne Haute, Dominique Larroque-Patrick Monassier sur Ford Escort RS2000 en Moyenne Intermédiaire et Alain Arnal-Denis Goudou avec une Morris Cooper S, en Moyenne Basse.Enfin, signalons également la victoire au classement VHRS par équipe du “Team Espoir contre le cancer” emmenée par Bruno Saby et Pascal Serre et leur VW Golf GTI. [caption id="attachment_409812" align="aligncenter" width="646"]
José ANDREANI et Gilles GAIGNAULT – Photo : Jeff THIRY[/caption] José Andreani, l’Organisateur, dressait un premier bilan : « Cette édition 2022 est extrêmement positive. Les concurrents ont très bien roulé permettant aux épreuves spéciales de se dérouler parfaitement. Le rallye a été passionnant également sur le plan sportif avec de nombreux changements de leaders et de très beaux vainqueurs à l’arrivée. Cette édition a également présenté une très large variété de modèles, notamment en Régularité, avec la gamme quasi complète des voitures qui se sont illustrées tout au long de l’histoire du Tour de Corse ».
Qu’ajouter ?Qu’au-delà de la course elle-même, le charme et l’attrait de ce Tour de Corse Historique, restent tout de même, l’incroyable beauté et diversité des paysages, avec chaque année des parcours renouvelés dans leur grande majorité ! Gilles GAIGNAULTPhotos : Jean-Marie BIADATTI – Jeff THIRY – Will BROADHEAD ]]>










