Vraiment ce Bol du Centenaire aura été celui de … rebondissements !Qui aurait pu penser une telle situation pour l’écurie Italienne Ducati ? Depuis le départ nous avons en effet, la Ducati N°6 du Team Allemand ERC Endurance Ducati qui tient la dragée haute aux autres constructeurs qui avaient l’habitude de la regarder comme un concurrent véloce mais peu fiable…
Mais le Mistral a soufflé vent contraire sur le circuit Varois du Paul Ricard, théâtre de ce magistrale Bol d’or du Centenaire, notamment pour la Suzuki Yoshimura Sert N°1, leader avant le départ, du Championnat avant cette ultime épreuve qui décidera du titre de Champion du monde ! Mais pas que contre la Suzuki…D’emblée, Javier Fores décidait de prendre le commandement au guidon de la belle et rapide italienne équipée par le manufacturier Pirelli, en s’octroyant le record du tour en 1’53.270, se sachant bien épaulé par ses rapides équipiers et expérimentés : Chaz Davies et Carlos Checa . [caption id="attachment_407145" align="aligncenter" width="828"]
La SUZUKI et la HONDA[/caption] Après les premiers ravitaillements, la FCC TSR Honda France N°5, passait la première heure en tête avec le meilleur arrêt pit-time mais seulement avec … 146 millièmes de seconde d’avance sur la BMW N°37, et 0,243 seconde sur la Suzuki N°1, deux secondes sur la Yamaha N°7, poursuivie par ses démons de mauvais départ, plus de sept secondes sur la Kawasaki N°11 avec Etienne Masson auteur d’un très bon relai consistant et onze secondes sept, sur la Ducati dont ce retard était dû à un arrêt de dix secondes supérieures . [caption id="attachment_407034" align="aligncenter" width="828"]
La HONDA FFC – Photo :Michel PICARD[/caption] Nous pouvions penser que la course pour la victoire et le titre entrait dans sa phase habituelle avec l’équipage de la Honda N°5, bien décidé à confirmer la victoire imparable aux récentes 8 heures de Suzuka, de la machine d’usine, cette fois au lointain Japon. Il nous semblait du bord de piste que Suzuki n’irait pas se mêler à la folle bagarre de tête vivant sur un matelas “confortable” de vingt-trois points d’avance sur Honda au classement provisoire du Mondial d’endurance EWC 2022 .Soudainement… à 16h10, ce fut un véritable coups de tonnerre qui résonna depuis le micro du speaker Manceau Bruno Vandestick, lorsque le Japonais Watanabé qui venait de remplacer Gregg Black sur la N°1, n’arrivait plus à contrôler un souci majeur de type moteur ou boîte, déjà vu lors des 24 heures de Spa…
C’était la stupeur et l’affolement lorsque la Yoshimura Sert rentra directement dans le stand! Les premiers contrôles effectués par le directeur de l’écurie, Yohé Kato lui même, ne rassuraient personne car le mal semblait si profond qu’après démontage du groupe propulseur étape par étape, le diagnostic s’éternisait deux longues heures durant!!!Le ‘retraité’, l’ancien “Chef” Dominique Méliand, toujours bien présent et là en observateur tordait le nez : un signe qui ne présageait rien de bon…La perspective d’un second titre mondial consécutif pour le Sarthe Endurance Racing Team s’échappait lorsque les ‘chirurgiens motoristes’ Nippons se croisaient les bras, impuissants de constater sans doute un manque de lubrification qui engendra des dégâts trop grands pour être réparables. Le rideau du stand s’abaissait alors sur la N°1. [caption id="attachment_407038" align="aligncenter" width="828"]
La BMW N°37 – Photo ! Michel PICARD[/caption] Et, nous n’étions pas au bout de nos surprises! La BMW N°37, alors en troisième position à quatre secondes de la Honda N°5, rentrait à son tour à 16 h15 par la voie de sécurité, poussée par Jérémy Guranoni.Chez BMW Mottorad, les ingénieurs moteurs n’allaient pouvoir réussir, comme leurs homologues de chez Suzuki, à faire des miracles .La course se trouvait décapitée de la machine la plus rapide des essais qui avait pourtant prouver sa fiabilité en remportant début juin, les 24 Heures de Spa.Rideau baissé pour BMW après celui de Suzuki. Jamais deux sans trois ? [caption id="attachment_407032" align="aligncenter" width="828"]
La YAMAHA Autrichienne du YART – Photo : Michel PICARD[/caption] Eh bien incroyablement oui, la dure loi des séries ou ” la malédiction du centenaire de l’épreuve ” frappait de nouveau à 18h30, avec des soucis majeurs de moteur pour le leader de la course : la Yamaha Autrichiene N°7 du Yart, qui … trois heures durant allaient tenter, en vain, de penser le mal…Le classement général de la 4ème heure de course, s’en trouvait d’autant plus chamboulé que c’était au tour, à 18h 51 de voir la Kawasaki N°11, alors seconde, posée des soucis de faisceau électrique aux hommes de Gilles Stafler, lequel pouvait rêver mieux pour sa ” dernière ” … que de perdre six tours d’entrée en tout début d’épreuve dans l’affaire et de se retrouver 24ème!C’est ça l’endurance me direz-vous !
La KAWASAKI N°11 – Photo : Michel PICARD Effectivement car le jeu de l’oie des cents ans du Bol d’or s’avérait avoir de la ressource dans son scénario du centenaire, auquel Honda n’allait pas échappé avec un remplacement complet du radiateur d’huile, puis ensuite de la rampe d’échappements.A ce jeu impitoyable, la FCC TSR Honda France reculait de trois tours, glissant à la quatrième heure et occupait la case onze au général provisoire .Il nʼy a pas eu de problème en revanche pour l’équipe ERC Endurance-Ducati, qui a inscrit les points de lʼéquipe leader et ce après huit heures de course, comme pour le TATI Team Beringer Racing qui se bat avec F.C.C. TSR Honda France pour la couronne en Championnat du monde dʼEndurance FIM, si lʼon se base sur la hiérarchie actuelle. Cependant, avec encore 16 heures de course à venir, la situation était loin dʼêtre définitive.
Plusieurs des équipes les plus rapides ayant perdu du temps ou tout perdu, des structures privées, telles que Viltaïs Racing Igol, le Wójcik Racing Team, le Team Moto Ain, le Team Bolliger Switzerland, le MACO Racing Team et Motobox Kremer Racing, profitaient du coup dʼun moment sous les feux de la rampe.Viltaïs Racing Igol pointant deuxième après huit heures de course et engagée dans la lutte pour le podium qui comprend aussi le Wójcik Racing Team et le TATI Team Beringer Racing. Le Team Bolliger Switzerland, occupant lui la huitième place, en dépit dʼune chute de Nico Thöni dès le deuxième virage de la course.
Le plein dʼaction et de changements de leaders en Superstocks
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La HONDA DES SAPEURS-POMPIERS – Photo :Michel PICARD[/caption] Alors que la catégorie EWC a fourni une course passionnante, lʼaction en Superstock a valu le coup elle aussi, la Coupe du monde dʼEndurance FIM se jouant tout autant sur ce Bol dʼOr.OG Motorsport by Sarazin N°66, pointait devant après huit heures de course, alors que le Team 18 des Sapeurs Pompiers CMS Motostore – qui a mené plus tôt dans la course – était bien placé dans la course au titre.
RAC41-Chromeburner et le Team 33 Louit April Moto, étaient aussi en bonne position, bien que lʼéquipage de ce dernier ait perdu du temps, en devant passer à son stand pour remplacer un pneu endommagé.BMRT 3D Maxxess Nevers N°24 était cinquième de la catégorie devant le Wójcik Racing Team N°777, parti de la pole position, au tiers de la distance. DUCATI TIENT BON…
La bataille pour remporter le Championnat du monde dʼEndurance FIM a fait rage toute la nuit et n’a montré aucun signe dʼessoufflement alors que lʼédition marquant le 100éme anniversaire du Bol dʼOr entrait dans ses huit dernières heures au Circuit Paul Ricard.En tête après huit heures et parvenue à conserver son avantage malgré une pénalité de stop and go à la suite dʼune infraction lors dʼun pit-stop juste avant minuit, lʼéquipe ERC Endurance-Ducati a été contrainte à effectuer un arrêt non prévu peu avant 0h45 pour un remplacement de lʼembrayage. Le retard qui en a découlé a initialement renvoyé la structure allemande à la quatrième place et promu le TATI Team Beringer Racing en tête de la course.F.C.C. TSR Honda France, déjà retardée plus tôt par des soucis de radiateur et dʼéchappement, occupant la cinquième place et lʼétant une nouvelle fois par un second remplacement de lʼéchappement à 3h56 –, le TATI Team Beringer Racing semblait alors bien placé pour gagner le classement Équipes de ce Championnat du monde dʼEndurance FIM, un remarquable accomplissement pour lʼécurie privée alignant une Kawasaki.Emmené par un quadruple vainqueur du Bol dʼOr, Grégory Leblanc, et comprenant le nouveau venu Leon Haslam ainsi que le jeune espoir Bastien Mackels, le TATI Team Beringer Racing a montré une forme exceptionnelle et évité les arrêts au stand qui ont frappé plusieurs des équipes rivales comme le BMW Motorrad World Endurance Team, le YART – Yamaha Official Team EWC et Yoshimura SERT Motul, qui ont peu roulé de nuit ou nʼont pas atteint celle-ci.Mais la quête par ERC Endurance-Ducati dʼune première victoire en Mondial EWC nʼétait pas terminée, et sa machine était revenue en tête à 6h09, un changement de position qui fut favorable à F.C.C. TSE Honda France dans la lutte pour le titre après lʼattribution de points de bonus une fois atteintes les 16 heures de course.De façon incroyable, 6”210 seulement séparaient le duo de tête à huit heures de lʼarrivée et les chances dʼassister à de nouveaux changements et retournements de situation demeuraient élevées dans cette manche décisive de lʼEWC 2022.
Xavi Forés, lʼun des pilotes Espagnols dʼERC Endurance-Ducati, expliquait :“Nous avons eu quelques soucis et perdu le commandement, mais nous sommes de retour en tête. Ça reste assez difficile et il nʼy aquʼun petit écart avec la deuxième place. Mais nous nous sentons bien et maintenant, il sʼagit plus de gérer la situation. La moto fonctionne bien et nous sommes sur un bon rythme.”Chaz Davies étant blessé au dos, Forés et David Checa ont assuré lʼessentiel des relais durant la nuit.“Quand on mène, on ne ressent pas autant la douleur”, précisait Forés!
Le Wójcik Racing Team N°77 occupait la dernière place sur le podium provisoire devant Viltaïs Racing Igol, F.C.C. TSR Honda France et Webike SRC Kawasaki France. Le Team Bolliger Switzerland, le Team LRP Poland, MACO Racing et Motobox Kremer Racing complètant le Top 10 en Formula EWC devant le Team Moto Ain, qui a rétrogradé durant la nuit après avoir roulé dans le top 6. Un rebondissement matinal place RAC41-Chromeburner en tête des Superstock
OG Motorsport by Sarazin était toujours en lice pour un triomphe en Coupe du monde dʼEndurance FIM quand Alex Plancassagne a été victime dʼune grosse sortie de route à 2h50.Les barrières de sécurité nécessitant des réparations au virage n° 7, la voiture de sécurité a fait son entrée en piste alors que Plancassage ramenait au stand sa Yamaha assez endommagée.Le Team 18 des Sapeurs Pompiers CMS Motostore, a hérité du leadership de la catégorie et renforcé du même coup sa mainmise sur la course au titre, mais deux longs arrêts en raison dʼune surchauffe lʼont exclu de la lutte pour la victoire au Bol dʼOr.BMRT 3D Maxxess Nevers était deuxième devant le Wójcik Racing Team, parti de la pole position hier. Pitlane Endurance est actuellement sixième derrière ce Team 18 des Sapeurs Pompiers CMS Motostore.Des soucis techniques ont fait prendre un retard considérable au Team 33 Louit April Moto, et une chute de Valentin Suchet en début de course a contraint (photo) National Motos Honda à lʼabandon.Le pilote Suisse a dû être emmené à lʼhôpital avec une fracture du fémur. En expérimentale, la Metiss N°45 était en tête de sa catégorie avec une vingt-deuxième place au général malgré des soucis de surchauffe et divers petits soucis périphériques de ce prototype français . Texte et Photos : Michel PICARD ]]>










