
La Honda HRC N°30 a réussi pour la 5ème année consécutive à inscrire en lettres d’or son nom tout en haut du classement en remportant cette 47ème édition des 8 Heures de Suzuka au Japon, théâtre de la 3ème épreuve du Championnat du monde d’endurance moto EWC FIM.
Mieux encore, Honda remporte sur ses terres sa 32ème victoire avec son emblématique champion, Takumi TAKAHASHI qui entre, à 36 ans, un peu plus dans la légende avec cette 8ème couronne.
Un exploit qu’il partage cette année – après deux années successives grâce au Français Johann Zarco, forfait en 2026 suite à sa chute au GP de Catalogne – avec le Britannique Jonathan REA sorti, à 39 ans, de sa retraite avec 6 titres mondiaux acquis en Superbike. Le troisième pilote, le Thaïlandais Somkiat CHANTRA, ne prit pas le guidon durant l’épreuve mais monta néanmoins sur le podium.
TAKAHASHI déclarait dans sa langue natale, car parlant peu Anglais:
« Je suis très heureux, avant tout, que notre équipe ait gagné cette course. Je ne voulais surtout pas m’incliner face à NAKASUGA (YAMAHA N°21) qui prend sa retraite cette année. C’est dommage qu’il s’en aille mais gagner était l’un de mes objectifs pour cette raison. Jonathan, Champion du monde, était plus rapide que moi sous la pluie, une performance incroyable. Je voudrais aussi remercier l’équipe pour les arrêts au stand, les changements de pneus, tout s’est déroulé sans accroc. Très heureux de signer ma 5ème victoire consécutive ici. »

8 HEURES DE PISTE HUMIDE, 3 SAFETY – CARS ET 105 MINUTES DE NEUTRALISATION

La pluie annoncée marqua de son empreinte persistante une piste rendue particulièrement délicate à appréhender dès les premiers virages. Greg BLACK, au guidon de sa Yoshimura Sert N°12, fut le plus prompt à s’élancer de la grille avec un départ volé par plusieurs concurrents trop stressés d’en découdre tels les N°31 et 56 qui seront logiquement pénalisés par la direction de course.
Au premier passage le jeune Naomichi URAMOTO au guidon de la BMW N°76, qu’il partage sur le mondial avec Sylvain GUINTOLI pointait en tête au premier passage avec TAKAHASHI déjà dans son sillage.
Le premier Safety Car entra en action à la 35ème minute de course après les chutes de Florian MARINO (qualifié 3ème sur la Yamaha N°99) et de NOZANE (P3 sur la Honda N°17), sur l’huile de la Honda du Tati Team N°4 qui explosa une durite d’huile.
Loïc ARBEL P3 en Superstock sur la Yamaha 3ART N°36 ne pouvait éviter d’aller au tapis également.
Sur une course de 8 heures les temps de réparations sur de telles chutes injustes sont irrécupérables.

NAOMICHI URAMOTO, LE PILOTE DE LA COURSE

Si ce titre était décerné, nul doute qu’il irait au jeune URAMOTO bourré de talent et qui a marqué de son empreinte cette course avec des chronos hyper rapides lui valant de se mêler à la bagarre avec des grands Champions comme REA ou MILLER.
Parfaitement secondé par un Sylvain GUINTOLI des grands jours il aurait amplement mérité le podium au lieu de cette 5ème position sur les talons de la YART N°1.
Quel dommage que les arrêts au stand trop longs handicapèrent cette équipe Japonaise qui ne fut pas à la hauteur du talent de ses pilotes. Elle écopa même d’un Stop And Go de 10 secondes peu avant le 3ème Safety Car mis en place à 18h56,, à cause de la pluie qui s’intensifia jusqu’au drapeau à damier.
YAMAHA FACTORY N°21 ENCORE SECONDE

Les années se suivent et se ressemblent pour Yamaha à la seule vue du résultat identique à celui de l’an passé. Une constatation qui mérite pourtant le respect car Jack MILLER et Andréa LOCATELLI ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Nous serons plus réservés sur l’unique relai du futur retraité NAKASUGA qui n’était pas dans le coup sur cette piste délicate, rappelons-le.
L’intervention ultime du Safety Car à 18H 56 fut préjudiciable aussi à cette équipage qui pointait à 16 secondes de la Honda N°30 mais qui se retrouva d’un seul coup à 1’30” derrière le second SC.
MILLER qui a réalisé le meilleur tour en course (2’16″034) lâchait à l’arrivée:
« Nous avons attaqué au maximum. La victoire nous échappe encore aujourd’hui mais on essayera de l’avoir dans le futur. »
LOCATELLI, ajoutait:
« On a essayé de faire de notre mieux. Ici les conditions sont toujours folles ! L’an dernier il a fait très chaud et cette année tout s’est passé sous la pluie. Sur la fin la pluie était vraiment forte, en particulier dans Spoon 1 et 2. La moto patinait beaucoup, c’était vraiment dangereux. On a vu des motos recommencer à tomber, donc c’était sans-doute le bon choix de la direction de course de sortir le SC. Un grand bravo aux vainqueurs, parce que comme toujours, ils ont fait un travail formidable. »
3 MARQUES DIFFÉRENTES SUR LE PODIUM: BMW RENTRE AUSSI DANS L’HISTOIRE

BMW Mottorad monte sur là 3ème marche du podium à moins de 10 secondes de la Yamaha Factory. Un exploit historique qui fait date car BMW avec sa N°37 pilotée par REITERBERGER, VAN DER MARK et ODENDAAL, est la première marque Européenne à connaître cette réussite.
Werner DAEMEN, le pilote Belge devenu manager de la 37 exultait:
« Pour la première fois un constructeur Européen est sur le podium. On l’a fait! J’en suis vraiment très heureux. »
Michael Van Der Mark, déjà double vainqueur à Suzuka confiait:
« On doit être fiers de cette 3ème place. Être sur le podium est toujours incroyable ici. »
Markus REITERBERGER, ajoutait:
« On arrive enfin à gravir le podium mais cela ne montre pas tout notre potentiel que nous avions sur le sec. Pour le championnat nous sommes toujours en vie, c’est le plus important! »
Il est a noté que cette équipe à qui échappa le titre l’an dernier à quelques minutes de l’arrivée du Bol d’or, vient de terminer les trois épreuves de l’actuel Championnat (2ème aux 24 H du Mans et victoire aux 8H de Spa).
L’équipe BMW Motorrad récupère ainsi la seconde place au Championnat (93 points) derrière le Yart (111 points)
YAMAHA YART N°1 CONTRÔLE SA PLACE DE LEADER AU CHAMPIONNAT

En empochant les 18 points de la 4ème place en course et les 2 points des essais, le Yart porte son capital de leader à 111 points, soit 18 points d’avance sur la BMW N°37 qui les précède à l’arrivée avant le dernier rendez-vous mi-Septembre au Bol d’or disputé sur le circuit Paul RICARD dans le Var.
C’est certain, le Yart a joué la prudence, ne commettant aucune erreur mais sans pouvoir dans cet esprit se mêler au combat de tête et laissant la BMW N°37 prendre un ascendant de 2 minutes, tout en contrôlant la N°76 plus lente dans les stands.
Une nouvelle fois l’équipe technique a été très rapide lors des 6 relais avec seulement 4’13″320 d’arrêt.
La palme dans ce domaine revient à la Suzuki N°95 du S-Pulse Dream Racing Suzuki classée 11ème avec NISHIMURA, FOLGER et GUARNONI qui ne s’est arrêtée que 5 fois en totalisant 4’02″080.
YOSHIMURA SERT MOTUL N°12 À LA PEINE

Habitué au podium depuis deux saisons, la Yoshimura Sert nous a paru à la peine sur cette course malgré le départ en tête de Greg BLACK qui rétrograda rapidement 10ème. Beaucoup de pilotes se plaignaient de n’avoir aucun feeling avec le pneu arrière.
Sous la pluie, après deux relais consécutifs le Britannique Dan LINFOOT très à l’aise, écopait d’un Stop And GO de 10sec après la 3ème heure de course, le reléguant à deux tours.
Un mécanicien avait bien involontairement oublié une main sur la roue avant durant le ravitaillement.
N’ayant marqué aucun point aux essais qualificatifs, le Yoshimura Sert Motul rétrograde au 3ème rang du Championnat avec 84 points ne récoltant que les 15 unités de la 6ème place.
Une position menacée par la SUZUKI N°0 du Team CN Challenge qui ne marque injustement pas de point car engagée en expérimentale en consommant un bio carburant et comportant bon nombre d’éléments recyclables.
Le SC gâcha la fin de course exemplaire de cette Suzuki N°0 Expérimentale qui aurait pu briguer la 6ème place avec TSUDA, MIZUNO et MASSON à son guidon. Ryo MIZUNO qui gagne au Japon en Superbike avec Ducati a signé des chronos excellents sous la pluie allant jusqu’à doubler ses relais tant son rythme était bon.

TATI TEAM N°4, HONDA FCC N°5, BMW ERC N°6, YAMAHA KM99, KAWASAKI N°11: DES COURSES À OUBLIER

Ces teams permanents ne garderont pas des souvenirs impérissables de cette édition comme nous l’avons déjà révélé pour la Honda Tati Team N°4 et la Yamaha N°99.
Seule la Kawasaki N°11 ramène les 9 points de sa 12ème place en EWC. Alors qu’une 8ème place se profilait, une chute au T13 à 18H 38 allait anéantir la régularité de RAMOS ALVARO, GAMARINO et LEBLANC.
La BMW ERC N°6 termine 22ème à 9 tours après des soucis avec le câble d’embrayage et le schifter. La Honda FCC N°5 prend la 26ème place en perdant 11 tours suite à une panne d’essence à 15h25 alors qu’Alan TECHER occupait la 7ème place.

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SUPERSTOCK : HONDA NCXX RACING N°52 L’EMPORTE À DOMICILE

Le Champion du monde 250cm3 en 1993, Tetsuya HARADA, manager de la N°52, 14ème du général, ne cachait pas sa satisfaction à l’arrivée:
« Merci à tous mes pilotes. Je suis très heureux. Nous avons attaqué à fond jusqu’au bout! »
La seconde place revient à la BMW N°25 du Team Étoile avec seulement 14 secondes de retard. Elle précède d’une seule seconde la Honda N°77 Wöjcik.
La Honda RAC41 N°41 est revenue 7ème de sa catégorie alors qu’elle menait l’épreuve avant la chute au 77ème tour de Diego PONCET qui perdait 8 minutes dans l’affaire et repartait 36ème.
La BMW N°38 Champion Hert Powered By MRP se classe 4ème . Ces quatre Superstock bataillaient toutes dans le même tour après 8 heures de course.

MERCI AUX COMMISSAIRES

Saluons pour conclure les prouesses de tous ces pilotes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes sur une piste qui n’autorisa jamais l’utilisation des pneus slicks.
Curieusement nous avons constaté que les pilotes obtenaient les meilleurs chronos sous la grosse pluie (2’16” en moyenne) que lorsque la piste séchait (2’17”), surchauffant les gommes. La température dans l’air n’excéda pourtant jamais plus de 23°c ce qui est assez exceptionnellement frais au Japon en cette saison.
Bon nombre de pilotes avouaient à leur descente de moto ne pas avoir un bon feeling avec les pneus, ne se sentant jamais à l’aise car n’ayant pas roulé sous la pluie depuis le début de la semaine.


Les dépassements n’étaient pas évidents avec le manque de visibilité qui rendait de surcroit invisible toute trace d’huile aux yeux des pilotes comme à ceux des commissaires très sollicités.
Merci à tous ces bénévoles car sans eux ces compétitions seraient impossibles à organiser et malgré les voitures de sécurité leurs interventions demeurent toujours périlleuses.
Le quatrième rendez-vous et le dénouement de ce Championnat du monde d’endurance moto passionnant aura lieu du 17 au 20 Septembre sur le circuit Varois Paul Ricard.Les équipes locales furent certainement avantagées avec des réglages déjà exploités dans de telles conditions pluvieuses.
Texte Michel PICARD
Photos / FIM EWC GOODSHOOT
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