
A Spa, lorsque vient la pluie, elle ne fait jamais semblant. Alors le tobogan de l’Ardenne belge hisse son niveau d’exigence !
C’est le moment de savoir si un pilote possède le petit truc en plus qui fait de lui un cador, un as, un champion potentiel.
Pour l’observateur un peu avisé, le tracé entre Stavelot et Malmédy toujours effectue un tri impitoyable entre la masse des rêveurs et les authentiques champions.
Il ne suffit pas d’avoir un carnet de chèque survitaminé, il faut aussi intégrer audace, expérience, vista et talent pour se sortir de ce traquenard si envoutant.
Alors, pensez donc quand la pluie arrive, toute la tension monte d’un cran au fur et à mesure que baisse la pression atmosphérique.
Du coup en cette fin de matinée du dimanche 20 septembre 2026, lorsque s’abaissa le fanion du départ, beaucoup n’en menaient pas large dans les baquets des concurrents de la manche belge de l’Ultimate en catégorie ‘Endurance Grand Tourisme, avant de passer quatre heures à patauger sous les violentes averses, entre … l’Eau Rouge, les Fagnes ou Pouhan.
Autant de noms mythiques devenus zones d’inattendues réelles d’incertitudes.

Si cela ne posait pas de problème pour les ‘ Pros, tous de grands pilotes aguerris, les Yvan Muller, Olivier Pla et les frères Gomes et quelques autres expérimentés, par contre pour pas mal d’entre eux, la pluie à Spa était une nouvelle expérience soudainement redoutée !!!
Alors dès le départ, on vit se creuser les différences et même si le tracé ardennais fait plus de sept kilomètres, rapidement, les leaders se prirent à être contraint d’anticiper les mésaventures éventuelles de certains camarades de jeu.
D’emblée, Olivier Gomez, le concepteur de la Vortex qu’il partage avec Arnaud son frère s’installa dans le fauteuil de leader et on sentait bien que même sous la pluie, la petite voiture fabriquée à Pézenas prés de Montpellier dans l’Hérault, avait de solides arguments à faire valoir.
« Oui, notre voiture est bien sous la pluie. Le moteur a énormément de couple et nous pouvons éviter les patinages », confiait Bruno.
« Et puis très rapidement on a fait le choix d’une monte pluie du côté des pneumatiques et la voiture est super efficace dans ces conditions. »

Pourtant imparablement c’est la magnifique Renault R.S.01 du jeune Ethan Pharamond qui imparablement, passait en tête.
Pilote de la Coupe Ligier, le jeune Parisien ne tardait pas à démonter son talent naissant, en imposant un rythme soutenu et impressionnant, face à ses adversaires du jour.
Sans doute parce que parmi ceux-ci, se trouvait Jacques Nicolet, le patron de Ligier qui partageait le volant d’une de ses voitures avec Yvan Muller et Jean-Christophe David.

Auteur d’un éloquent 2’38’’199 sous une pluie drue, Ethan, vingt ans au compteur, faisait la pige aux vieux cuirs du paquet.
Venu faite une pige pour remplacer l’habituel pilote, il a réussi un bien beau coup de pub en démontrant sa vélocité dans de rudes conditions.
Et dire que cette voiture a été … crée en 2015 et que Renault n’a pas su vraiment l’exploiter en son temps !

Derrière Gomes et Pharamond, un tenace Jean Christophe David plaçait habilement sa Ligier dans leur sillage, de quoi placer Jacques Nicolet en bonne posture après le premier relais.
Hélas pour le patron français, juste au moment de prendre les manettes, une rude averse perturba alors plus encore l’ordre des choses.
Jimmy Luminier avait succédé à Ethan Pharamond au volant de la Renault mais le maire de Saint Jean Soleymieux, perdait quelques places et roulait en quatrième position.
« En plus sous FCY (Full Course Yellow), mon limiteur était mal réglé, et nous prenons une pénalité » regrettait le complice du jeune Ethan.

De son côté, Jacques Nicolet avait traversé, lui, la tempête et aux trois quarts de la course, il était de nouveau aux avant-postes avant de céder le volant à son ami Yvan Muller, le récent vainqueur de la manche du Mugello.
Mais il était dit que l’Alsacien ne pourrait rééditer son exploit italien. Devant lui, rusés comme des Héraultais en vadrouille, les deux frères Gomes n’avaient commis aucune bévue.
« En Endurance confiait malicieux Arnaud, Il ne faut commettre zéro bêtise. Zéro Pénalité. Zéro track limite…. Rien. »

En plus, profitant au mieux des rudes conditions de piste, intelligemment, les Gomez s’étaient débarrassés assez rapidement de l’obligation de ravitaillement et pouvaient voir venir en fin de course.
Ce qu’ils ne manquèrent surtout pas de faire. Cette fois, ce diable de Muller ne les auraient pas comme ce fut le cas en Toscane et l’Alsacien dut se contenter d’une fort belle deuxième place.
Troisième, la Renault qui décidément démontre à chaque sortie d’une belle santé pour une ‘dame de son âge.
Jean-Michel LE ROY
Photos : Gérald FAY – Davy DELIEN










