

En European Endurance Prototype Cup, la 13 était en pole et gagne !
En sport automobile, le numéro 13 ne fait pas recette. Sauf pour Yves Courage, le constructeur sarthois qui, en son temps, l’avait pris pour montrer que le mauvais œil ne pouvait ébranler l’extraordinaire motivation de l’équipe mancelle.
Il ne gagna jamais Le Mans contrairement à son voisin Jean Rondeau. Mais il devint l’un des principaux protagonistes du monde de l’Endurance.
Les plus grands pilotes vinrent même participer à l’aventure. Comme Mario Andretti, Henri Pescarolo ou Éric Hélary.
Mais aussi d’autres un peu moins prestigieux comme Jean Louis Ricci, le fils de Nina – la célèbre parfumeuse – qui s’essayait alors avec un certain bonheur au sport automobile en compagnie de ses amis Bob Wollek ou Claude Ballot-Léna.
Forcément, avec Yves Courage, cela matcha et quatre fois Jean Louis conduisait une voiture sortie des ateliers manceaux.
Avec le contre-versé numéro 13. Jean Louis nous quitta, emporté par la maladie, le 27 février 2001.

Mais son fils Romano avait contacté le même virus : celui du sport automobile et le jeune padawan qu’il était fit ses classes à la Filière Elf.
Aujourd’hui, forcément, il a pris quelques rides mais ne cesse de bien s’exprimer volant en main et s’est engagé cette saison dans l’Ultimate Cup Proto, où il conduit l’un des beaux petits protos, construit par l’ami Norbert Santos dans ses ateliers de Saint-Pé sur Nivelle au pied des Pyrénées.
« En fait, nous n’avons pas fait un très bon début de saison », concède le pilote de Boulogne Billancourt, poursuivant
« Nous étions à plus d’une seconde, une seconde et demie pour les premières courses de la saison, l’équipe a énormément travaillé et nous avons senti dès le début de ce meeting qu’il allait se passer quelque chose. »

Effectivement il s’est passé beaucoup de chose sur le magique tracé spadois. Toute au long de ces quatre heures de l’Endurance Prototype Cup.
Déjà aux essais à l’issue des trois séances qualificatives, à la moyenne des trois pilotes, la Nova 02 managée par Jérémy Hernandez le patron du Switch Racing pointait en haut du classement.
C’est dire si cela s’annonçait bien pour la voiture de l’écurie Switch, basée à Brignoles dans le Var.
D’ailleurs, c’est elle qui réalisa le ‘hole shot, avant qu’Arnold Robin, ne passe en tête.
Ricci resta dans sa roue et visiblement l’auto et son pilote fonctionnait bien.
Derrière, c’était l’une des voitures du Cogemo Racing qui complétait le tiercé de tête.
Un premier FCY (Full Car Yellow) allait un peu mettre la pagaille dans ce qui commençait à s’ordonner.
Certains petits malins en profitèrent pour s’offrir un ravitaillement bonifié…
D’autres, dont Ricci continuèrent à mettre la pression en tête de course.
Alors bien sûr le classement fut chamboulé. Sur ce circuit exigeant, la faute n’est pas permise et nombreux furent les malchanceux à subir le mauvais sort ardennais.
Alors comme c’est souvent le cas au cours de cette série, tout le monde compris qu’il faudrait attendre les derniers moments pour savoir qui monterait sur le podium.
Par cinq fois, la direction de course sortit le FCY et une fois le safety car !
Avec à chaque fois des loteries pour permettre aux plus chanceux d’effectuer dans les meilleures conditions les quatre arrêts obligatoires.
Avec l’obligation de tous les effectuer avant le dernier quart d’heure de course. Ainsi est le règlement de l’Ultimate.
Une voiture était passée assez bien au travers de ces embûches, celle du Team Luxembourgeois du DKR, pilotée par l’allemand Laurents Hörr, très à l’aise sur ce circuit.
Celui-ci tenta alors le coup de poker en retardant au maximum son dernier ravitaillement.
Malheureusement pour lui et ses copilotes, un dernier FCY allait l’empêcher de cueillir les fruits de leur audace, car classé seulement septième au passage sous le damier!
Alors, c’était le premier leader, Romano Ricci qui passait la ligne d’arrivée en tête, concluant un bel après-midi pour le Switch Racing.
Lequel devançait finalement la première des Nova de l’équipe Cogemo, la 154 avec notamment Nico Prost et la 77 de l’écurie sarthoise Zosh avec Arnold Robin.
Jean-Michel LE ROY
Photos : Gérald FAY – Davy DELIEN
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