
Oliver Solberg remporte le Rallye du Chili et Toyota décroche un dixième titre mondial en WRC, égalant ainsi le record.
Oliver Solberg et son copilote Elliott Edmondson ont réalisé une performance maîtrisée sur trois jours, battant le nonuple Champion du monde, le Français Sébastien Ogier de 16,6 secondes, tandis qu’un autre rallyman tricolore, Adrien Fourmaux, a pris la troisième place pour Hyundai à 33,3 secondes du vainqueur.
Ce résultat a couronné un autre week-end historique pour Toyota. Arrivée au Chili avec seulement sept points nécessaires pour s’assurer mathématiquement le titre constructeurs, la marque Japonaise a décroché le Championnat, alors qu’il restait encore deux manches à disputer.
Il s’agit du sixième titre consécutif de Toyota en Championnat des constructeurs, prolongeant ainsi une série de victoires invaincue depuis 2021, et de son dixième titre au total.
Toyota rejoint ainsi Lancia au rang de constructeur le plus titré de l’histoire du WRC.
La série de six titres consécutifs de Lancia, de 1987 à 1992, constituait également la référence en matière de domination durable.
L’histoire de Toyota en Championnat du monde des rallyes WRC, s’étend désormais sur plus de trois décennies.
Son premier titre constructeurs remonte à 1993, suivi de deux autres en 1994 et 1999. Après son retour en 2017, la marque a remporté un nouveau titre en 2018 avant d’entamer sa série de victoires actuelle en 2021.
La victoire de Solberg a permis de marquer cette étape de façon éclatante.
Le pilote de 24 ans a pris la tête dès la première spéciale vendredi et, mis à part un bref passage en tête au profit d’Elfyn Evans après l’ES2, a contrôlé le rallye malgré des conditions en constante évolution, des routes abrasives et une gestion exigeante des pneus.
Il s’agissait de sa troisième victoire en WRC et de sa deuxième en 2026 après son triomphe au Rallye Monte-Carlo, manche d’ouverture de la saison, s’ajoutant au succès retentissant qu’il avait obtenu lors de ses débuts au volant d’une Rally1 Toyota, en Estonie l’année derniére.
Le jeune Suèdois a commencé la journée de dimanche avec 19,1 secondes d’avance sur son partenaire le Gallois Elfyn Evans, mais a immédiatement subi une nouvelle pression lorsque le leader du Championnat a remporté la première épreuve de Carampangue, réduisant l’écart à 13,2 secondes.
Solberg a répondu dès le premier passage de BIOBÍO, remportant l’étape de façon remarquable malgré des dégâts au pneu arrière droit et portant son avance à 14,5 secondes.
Puis survint le moment qui changea radicalement le déroulement du rallye et le Championnat des pilotes.
Evans, alors deuxième et apparemment bien parti pour un nouveau podium important, s’est arrêté pour changer une roue lors de l’avant-dernière spéciale de Carampangue.
Plus de deux minutes se sont envolées et le Gallois a chuté à la cinquième place du classement général.

Seb Ogier a du coup hérité de la deuxième place tandis qu’Adrien Fourmaux est passé en troisième position, laissant Solberg avec 13,3 secondes d’avance avant la dernière étape du rallye, la Power Stage.
Devant, Oliver Solberg n’a pas relâché la pression. Il a de nouveau signé le meilleur temps, devançant Evans de 0,5 seconde, pour s’assurer la victoire finale avec panache.
Le vainqueur qui déclarait :
« Ce week-end a été incroyable. Il y a eu des hauts et des bas, mais l’équipe nous a toujours soutenus, toujours poussés, toujours crus en nous. »
Et Oliver poursuivait, en expliquant :
« J’ai finalement eu un peu de chance et j’ai pu me concentrer sur mon travail. Les petits détails comptent, et ce week-end a été absolument parfait. »
La deuxième place de Sébastien Ogier a marqué un autre tournant important car il s’agit de … son 120ème podium en Championnat du monde WRC, ce qui l’égale à son compatriote, l’autre rallyman Français, l’autre Seb, Sébastien Loeb, lui aussi – incroyablement – nonuple Champion du monde.
Quant à Adrien Fourmaux, lui, il a décroché son treizième podium en Mondial WRC après une nouvelle performance solide pour Hyundai, tandis que Sami Pajari a hérité de la quatrième place suite au retard d’Evans.
Le Finlandais Pajari a terminé à 1’33,9 de Solberg après avoir peiné à reproduire le rythme qui lui avait permis de remporter trois victoires consécutives en Estonie, en Finlande et au Paraguay.
Elfyn Evans a sauvé sa cinquième place et a réagi en réalisant le deuxième meilleur temps sur la Power Stage, empochant ainsi de précieux points bonus après la déception de sa crevaison.
Le Gallois qui confiait :
« Bien évidemment, nous avons essayé d’être aussi efficaces et rapides que possible »
Avant d’enchainer et de lâcher :
« Ce matin, la situation était plutôt encourageante, mais ce genre de choses arrive. On continue nos efforts. »
Cet incident a également resserré le suspense au classement des pilotes. Evans reste certes en tête, mais la victoire de Solberg le rapproche à 21 points du leader du Championnat, Pajari n’ayant que quatre points d’avance.
Cela signifie que le Rallye d’Italie-Sardaigne, en octobre prochain, pourrait encore offrir à Elfyn Evans l’occasion de consolider son titre. Le Gallois devrait terminer l’avant-dernière manche avec au moins 36 points d’avance sur tous ses rivaux pour s’assurer le titre avant la manche finale en Arabie saoudite.
En marge de la bataille du Rallye 1, un autre tricolore, Yohan Rossel a remporté la victoire en WRC2 pour Lancia, Robert Virves décrochant le titre de Challenger WRC2 et Ali Türkkan a été sacré Champion FIA Junior WRC 2026.
Claude JULIAN
Photos : WRC – TEAMS
LE CLASSEMENT FINAL DU RALLYE DU CHILI WRC 2026
1 – Solberg-Edmondson (Toyota GR Yaris Rally1) Toyota en 2h57’08″2
2 – Ogier-Landais (Toyota GR Yaris Rally1) Toyota à 16″6
3 – Fourmaux-Coria (Hyundai i20 N Rally1) Hyundai à 33″3
4 – Pajari-Salminen (Toyota GR Yaris Rally1) Toyota à 1’33″9
5 – Evans-Martin (Toyota GR Yaris Rally1) Toyota à 2’22″3
6 – Lappi-Mälkönen (Hyundai i20 N Rally1) Hyundai à 5’07″0
7 – McErlean-Treacy (Ford Puma Rally1) M-Sport à 7’31″5
8 – Rossel-Dunand (Lancia Ypsilon HF) Lancia à 9’31″0
9 – Virves-Viilo (Škoda Fabia RS) Toksport à 10’24″0
10 – Greensmith-Andersson (Toyota GR Yaris) Greensmith à 10’58″2
11 – Gill-Brkic (Škoda Fabia RS) Toksport à 11’21″2
12 – Martínez-García (Škoda Fabia RS) Martínez à13’48″1
13 – Domínguez-Peñate (Toyota GR Yaris) Domínguez à 13’55″2
14 – Heller-Allende (Toyota GR Yaris) Heller à 14’35″3
15 – Rosselot-Leiva (Citroën C3) Rosselot à 18’17″9
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