FRANCOIS CEVERT – Photo : Jacques FLOQUET[/caption] Une date inoubliable pour les passionnés de sport automobile Français.Le 6 octobre est une date qui rappelle en effet, à la fois une immense peine, mais aussi une joie folle.IMMENSE peine d’abord, avec la disparition tragique le 6 octobre 1973, de l’inoubliable François Cevert.JOIE folle aussi, avec toujours un 6 octobre, en 1985 sur le circuit Britannique de Brands-Hatch, le premier titre de Champion du monde de Formule 1, décroché par un pilote Français, Alain Prost.Un titre qu’aurait très probablement obtenu le talentueux et très rapide disparu, fauché en pleine ascension, vers une gloire qui lui tendait les bras.Mais en ce 6 octobre 1973… sa trajectoire s’est brutalement arrêtée.Comme chaque année, on ne peut oublier cette date du 6 octobre et pour cause… pour notre génération à Gilles Gaignault et à moi-même, cette date du 6 octobre restera à tout jamais et toute notre vie… INOUBLIABLE – I NOU BLI ABLE, car il s’agit de celle de l’accident mortel de l’un des plus brillants pilotes automobiles de cette époque, celle des années 70 !J’ai nommé François CEVERT.Il était effectivement non seulement ‘le beau gosse aux yeux bleu azur de la F1 du début des années ’70, mais aussi également en outre un potentiel futur N°1 Mondial, grand champion en devenir et prêt à prendre la succession de l’Ecossais Jackie STEWART, son équipier couronné cette année-là et pour la troisième fois chez TYRRELL et ce tout en étant depuis plusieurs années, son co-équipier et son plus grand admirateur à la fois. [caption id="attachment_477949" align="aligncenter" width="600"]
François-CEVERT-au-GP-dAllemagne-1973-qui-restera-comme-son-meilleur-GP-Manfred-GIET[/caption] En cette année donc 1973, alors que François CEVERT qui dès sa naissance durant la seconde guerre mondiale – le 25 février 1944 à Paris – portait le nom de famille de sa maman Huguette et ce parce que son père Charles GOLDENBERG, un célèbre joaillier de renom et de confession juive et en ce temps-là, surtout résistant, était bien évidemment naturellement recherché par la Gestapo, s’apprêtait à reprendre la succession de son mentor et fil conducteur chez TYRRELL.Le brillant Ecossais Jackie STEWART, qui envisageait sérieusement avant le drame qui allait en ce 6 octobre 1973… emporter son jeune équipier Français, de se retirer en remportant son troisième titre mondial qui lui paraissait déjà acquit bien avant la fin de la saison.Mais si STEWART jusqu’alors avait tous les atouts dans son jeu, derrière lui son ‘compagnon de régiment sur les pistes de GP, François CEVERT, était son parfait dauphin sur une TYRRELL 006 qu’il maniait aussi bien que son ‘Maître ! [caption id="attachment_477951" align="aligncenter" width="600"]
François-CEVERT-lors-de-lincident-avec-une-guêpe-lors-du-GP-dAllemagne-1973-Manfred-GIET-.[/caption] Ainsi lors du GP d’Allemagne 1973, sur le redoutable et toujours redouté circuit le plus difficile du calendrier à cette époque, le jeune espoir CEVERT, parfaitement dans le coup et en permanence dans le sillage de son leader STEWART – l’écossais volant- toujours très à l’aise sur le tracé diabolique des monts de l’Eiffel qu’il qualifiera d’ailleurs plus tard d’Enfert vert, François CEVERT donc démontra et prouva aux 250.000 spectateurs présents que sur ce Grand Prix, sur cette piste sinueuse à souhait, qui serpente, monte et descend en permanence sur la totalité de ses 22,810 km, qu’il était incontestablement plus rapide que son illustre ‘chef de file et ce après un départ canon et une affaire de guêpe lors du tour de chauffe et à quoi nous avons assisté. En effet, alors que les 22 acteurs qualifiés pour l’épreuve disputée sur 14 tours de la boucle nord du Nürburgring, longue de 22,810 Km étaient occupés à mettre leur pneus en température, à hauteur de la section ‘’Schwedenkreuz’’- croix des Suédois en Français- la Tyrell 006 portant le N° 7 s’arrêta subitement dans une aire de dégagement et l’on vit le pilote, en l’occurrence François CEVERT gesticuler et défaire la jugulaire de son casque. [caption id="attachment_477963" align="aligncenter" width="600"]
François CEVERT- GP d’Allemagne 1973 – Son meilleur GP où il termine 2ème à… 1’6 seconde de Jackie Stewart- Photo : Manfred-GIET[/caption] Et à cet instant, les spectateurs sur place ont tous cru que le pilote tricolore abandonnait, suite à un problème technique, avant que celui-ci ne refixe son casque et redémarre en trombe pour rattraper le peloton loin devant lui et ce qui ne l’empêcha pas de rester véritablement adossé à son leader STEWART durant tout le GP pour terminer finalement … à 1,6 seconde de son leader au sein du Team TYRRELL qui déclara après la course que CEVERT aurait pu le doubler à maintes reprises et saluant du coup son esprit d’équipe concernant la course au titre mondial. Mais ce n’est qu’à la fin de la cérémonie du podium, que l’on appris enfin la raison et le motif qui avait en tout début de course, causé l’arrêt en bord de piste de François CEVERT…Lequel déclara avoir été incommodé par une guêpe qui s’était introduite entre sa cagoule anti-feu et l’intérieur du casque ! Aussi insolite, l’incident aurait néanmoins pu avoir des conséquences plus graves en cours d’épreuve. Malheureusement pour ceux qui croient à la loi des chiffres, le premier week-end d’octobre 73’ allait lui être fatal avec le chiffre 6 comme identifiant ou mauvais signe.Tel ce samedi 6, le N°de châssis de sa TYRRELL siglé 006 ou le N° 66 de son moteur FORD-COSWORTH !Et la dernière fois que le chiffre 6 sera prémonitoire, il lui sera fatal… [caption id="attachment_477947" align="aligncenter" width="600"]
CEVERT-3-octobre-1971-VICTOIRE-U.S.A.-GP-WATKINS-GLEN[/caption] En effet, lors de ce GP des USA a Watkins Glen, dernière manche du Championnat ‘73 sur une piste que François appréciait – rappelons que deux ans auparavant il avait triomphé sur cette piste le dimanche 3 octobre 1971 – celui-ci portait encore quelques stigmates à ses deux pieds, après l’incident survenu entre lui et le sud-africain Jody SCHECKTER deux semaines auparavant lors du GP du Canada où sur le circuit de l’Ile Notre Dame – dénommé plus tard circuit Gilles VILLENEUVE – après une touchette, CEVERT tapa les rails de face, lui occasionnant quelques ecchymoses aux pieds, mais qui ne le handicapaient pas outre mesure comme il le déclara lors de son arrivée au ‘’Glen’’ dans l’Etat de New-York. Situé entre ELMIRA et ITACA. Mais durant la dernière séance qualificative le samedi 6 matin alors qu’il avait le 3ème temps derrière PETERSON (LOTUS) et son équipier STEWART (TYRRELL) il s’élança à une dizaine de minutes, avant la fin de la séance à la chasse de la Pole, son objectif tout comme une victoire le lendemain. Alors que ses chronos fondaient, à 11Heures 54, soit à 6 minutes de la fin de séance… le destin l’attendait dans la partie appelée ‘’Esses’’ où une petite bosse au niveau du revêtement avait tendance à déséquilibrer les voitures légèrement en dehors de la bonne trajectoire, ce qui arriva à la monoplace TYRRELL de l’infortuné CEVERTQ, dont la TYRRELL fut déséquilibrée au point de taper les glissières aux alentours de 240 Km/h et ce dans un angle de 90°, engendrant un choc qui lui fut fatal, plongeant tout le paddock dans un grand vide, à commencer par son équipier Jackie STEWART qui décida illico… d’en rester là et de ne pas remonter dans sa TYRRELL le lendemain pour disputer son 100ème et ultime Grand Prix de F1, entrainant dans la foulée le retrait pour ce GP des USA du Team TYRRELL, qui après la retraite de Jackie STEWART et la perte de celui qui était destiné à devenir son successeur, pour la saison suivante engagea le sud -Africain Jody SCHECKTER et un autre espoir Français, Patrick DEPAILLER.Les années passent, défilent mais on n’oublie pas l’INOUB LIABLE François CEVERT RIP François ! Manfred GIET et Gilles GAIGNAULTPhotos : Publiracing Agency
LE PARCOURS DE FRANÇOIS CEVERT
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CEVERT-et-Depailler-Volant-Schell-1966.[/caption] Tout commence sur le petit circuit Nivernais de Magny cours.Où le jeune Parisien fraîchement rentré d’Allemagne, où il a accompli son service militaire, remporte le très prisé Volant SHELL au volant d’une Merlyn de l’école de pilotage Winfield, le mercredi 26 octobre 1966. Et ce, en se montrant sous une pluie soutenue, supérieur sur les six autres finalistes :Depailler, Vigoureux, Marchesi, Gerbault, Champin et Mieusset.Il a signé le meilleur chrono en 1’5’’ tout rond et au total de ses 5 tours, est crédité de 5’27’’9. Succède à Jean-Pierre Jaussaud (1963), Roby Weber (1964) et Claude Vigreux (1965). [caption id="attachment_477958" align="aligncenter" width="600"]
FRANCOIS-CEVERT-FINALE-du-VOLANT-SHELL-Photo-Collection-Famille-CEVERT-BELTOISE[/caption] Le soir, il est heureux accompagné de sa sœur Jacqueline, lors du dîner de clôture organisé au restaurant ‘La Vigne’ à Saint Pierre le Moutier.Le lauréat débute en Formule 3, avec l’Alpine en 1967, avec pour meilleurs résultats, deux 4émes places à Magny cours et Nogaro.En 1968, il devient Champion de France de Formule 3, avec une nouvelle monoplace Italienne, une Tecno, totalisant cinq victoires à Montlhéry, à La Châtre, à Nogaro, à Albi et aussi, à Jarama dans les environs de Madrid en Espagne.Un an plus tard en 1969, passe à la F2 et gagne le très prestigieux GP de Reims sur le circuit de Gueux, se classant 3ème du Championnat d’Europe.En 1970, débuts en F1 avec une March. Avec une 6ème du GP d’Italie à Monza et son premier point au Championnat du monde de F1. 1er en F2 en Suède à Mantorp Park et victorieux en endurance des 1000 km de Paris à Montlhéry, avec la Matra, associé à l’Australien Jack Brabham
En 1971, intègre l’illustre écurie Tyrrell aux côtés du Champion du monde, l’Écossais Jackie Stewart. Remporte son 1er et unique GP, celui des USA, le dimanche 3 octobre … à Watkins Glen!Et termine 3ème du Championnat du monde, avec trois autres podiums décrochés lors des GP de France (2éme), d’Allemagne au Nurburgring (2éme) et d’Italie (3éme) derrière Stewart, sacré pour la deuxième fois, après son 1er titre en 1969, et le Suédois Ronnie Peterson.S’alignant épisodiquement en F2, Cevert triomphe aussi à Hockenheim, au Nurburgring et à Vallelunga, se classant 5éme du Championnat d’Europe. PILOTE DE LA GRANDE ÉQUIPE MATRA, LA BANDE A JEAN LUC LAGARDÉRE
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MATRA-24-H-DU-MANS-1972-François-CEVERT.[/caption] En 1972, il est 6ème du Championnat du monde de F1 avec pour meilleures positions, une 2éme place au GP de Belgique à Nivelles et des USA au Glen et une 4ème au GP de France à Charade. [caption id="attachment_477946" align="aligncenter" width="590"]
MATRA ET CEVERT FACE AUX FERRARI-312T.[/caption] Assure en cette année 1972, le doublé à l’équipe Matra, en terminant second des 24 Heures du Mans en compagnie du Néo-zélandais, Howden Ganley, derrière le duo formé d’Henri Pescarolo et de Graham Hill.Finit aussi second des Six Heures du Paul Ricard en Championnat d’Europe des voitures de tourisme avec son pote Stewart et la Ford Capri. [caption id="attachment_477957" align="aligncenter" width="600"]
Dimanche 11 Juin 1972 à 16H.00 la MATRA-SIMCA 670-01 MS12 la N°15 de Henri Pescarolo et de Graham Hill franchit en tête la ligne d’arrivée des 49èmes.24Heures du Mans et réalise le doublé en devançant la 670-02 N°14 pilotée par François Cevert et Howden Ganley.[/caption] Il brille aussi aux Etats-Unis, où il gagne en Can-Am avec la McLaren sur la piste de Donnybrooke, à Brainerd dans le Minnesota.Obtient également une seconde place sur le circuit de Road America à Elkhart Lake et une 3ème à Donnybrooke, au Glen et à Laguna Seca. [caption id="attachment_477952" align="aligncenter" width="600"]
FRANCOIS-CEVERT-avec-la-MCLAREN-CANAM A ELHART LAKE[/caption] En 1973, victoire en Championnat du monde d’endurance, aux Six Heures de Vallelunga, circuit situé au nord de Rome avec la Matra, où il épaulait Henri Pescarolo et Gérard Larrousse.Et aussi en F2 au tres prestigieux a l’époque GP de Pau.En F1, avant le drame du 6 octobre au Glen, il s’était particulièrement mis en évidence avec six deuxièmes places (Argentine-Belgique-Espagne-Hollande-France et Allemagne) une 3ème en Suède à Anderstorp, une 4ème à Monaco et deux 5èmes à Monaco et au British GP. Et sera classé 4ème du Championnat du Monde, à nouveau décroché par Jacky Stewart.
Pour François Cevert, la vie s’est donc brutalement arrêtée en ce funeste samedi 6 octobre 1973, à 11 Heures 54’, heure locale…50 années se sont écoulées depuis ce drame. Mais François Cevert reste bien présent dans les mémoires.Il repose dans le petit cimetière du Vaudelnay, situé au sud de Saumur dans le Maine-et-Loire, près de Montreuil Belley et de Doué la Fontaine. [caption id="attachment_477954" align="aligncenter" width="500"]
FRANÇOIS CEVERT -Sa tombe dans le cimetière de VAUDELNAY[/caption] C’est le photographe Manou Zurini qui a rapporté la « mallette attaché-case » Hermès personnelle de François après le drame. Et qui l’a restituée à Jacqueline Cevert-Beltoise, sa sœur. Entreposée dans la maison de campagne des Beltoise ‘La Vallée située dans l’Essonne à St Vrain au sud de Paris, elle ne l’a ouverte et en notre présence que le 6 octobre 2013, alors que nous déjeunions ensemble dans sa maison de la villa du Roule à Neuilly, afin de découvrir son contenu, au moment où elle l’avait enfin décidé et ce en hommage à son frère, et ce l’année du 40ème anniversaire de sa tragique disparition, pour voir ce qu’elle contenait.Et notamment, son passeport, son agenda. Un répertoire. Son carnet de vaccination. Une paire de lunettes de soleil. Son portefeuille. Un stylo Parker. Son billet d’avion pour le GP du Canada. Sa licence. Ses différentes cartes de crédit. Et la clé de sa chambre, la Numéro 7 au Glen Motor Inn.Les années ont passées, les mois défilent et les jours s’écoulent mais les fans, ses supporters dont nous faisions depuis notre adolescence parti, on ne l’oublie pas… Gilles GAIGNAULTPhotos : Manou ZURINI – Photothèque ELF – Michel PICARD – AUTONEWSINFO ]]>










