
Depuis son élection à la présidence de la Fédération Française de Sport Automobile en 1996, poste qu’il a occupé en personne jusqu’en 2007 et continué à occuper depuis par l’intermédiaire de ‘marionnettes à sa solde, Nicolas Deschaux et maintenant Pierre Ragues, Jacques Régis a patiemment organisé un système de prédation quasi mafieux ayant pour but de détourner les biens et les acquis de la fédération à son propre profit et celui de quelques affidés.
C’est ainsi que le très modeste garagiste nîmois qu’il était vit maintenant dans une résidence de luxe dans un paradis fiscal, l’Île Maurice.
Depuis des années, nombre de dirigeants et élus de la fédération ne cessent de dénoncer ce système et le grave préjudice subi par l’institution et ses licenciés.
Circuits financiers opaques, mouvements de fonds suspects, tractations ne laissant aucune trace comme la vente de la date du Grand Prix de France de Formule Un en 2007, dont le montant est estimé à plus d’un million de dollars, création de commissions parallèles échappant à tout contrôle, cession de la Filière ELF devenue FFSA Academy, la liste des détournements de toutes sortes, largement documentée par ailleurs, est trop longue pour être citée ici.
Un collectif « Pour une nouvelle FFSA » a donc vu le jour il y a une dizaine d’années, sous la présidence de Bernard Darniche, grand pilote de rallye au palmarès élogieux (Monte Carlo-Tour de Corse) que l’on ne présente plus, afin de s’adresser aux autorités de tutelle.
Malheureusement les ministres des sports qui se sont succédées ont répondu aux dossiers qui leur étaient soumis par un silence devenu assourdissant, et une plainte déposée auprès du parquet national financier est restée sans suite.
Cela aurait pu durer encore tant l’impunité de ces dirigeants peu scrupuleux semblait acquise.
C’est alors qu’entre en scène une nouvelle ministre des sports, Marina Ferrari, qui devant l’ampleur de ce scandale, décide en début d’année de diligenter une enquête administrative approfondie sur la gouvernance de la FFSA, doublée du dépôt d’un épais dossier financier sur le bureau du procureur de la république.
Cette enquête a révélé une situation tellement gangrenée que la ministre a décidé de retirer son agrément ministériel à la fédération, la sanction ultime qu’elle puisse prendre.
Cette sanction a été notifiée à la FFSA le 22 octobre dernier, qui dispose d’un délai de « phase contradictoire » de 15 jours qui prendra fin à la fin de cette semaine.
La confirmation du retrait d’agrément n’est donc plus qu’une question de quelques jours.
La ministre a tenu à rassurer toutes les parties prenantes à la fédération en ce qui concerne le futur à court terme des activités, qui ne seront nullement impactées par cette décision.
La gestion au quotidien de tous les aspects du sport sera assurée dans un premier temps par le CNOSF, (Comité National Olympique et Sportif Français), présidé par Amélie Oudéa Castera, elle-même ancienne ministre des sports, en attendant la reconstruction complète de la FFSA, pour tourner enfin la page funeste de l’ère Régis.
Notre sport le mérite et n’a que trop attendu.
Gilles GAIGNAULT
Photos : DR









