
Il y a parfois des victoires qui rassurent. Et d’autres qui inquiètent dès les premiers jours.
À peine installé à la présidence de la FFSA, Pierre Ragues engage déjà une réforme des statuts qui ressemble moins à une modernisation qu’à une mise sous verrou de la Fédération.
Quand une gouvernance nouvellement élue cherche immédiatement à rendre plus difficile toute contestation, toute révocation ou toute alternance, une question simple se pose :
De quoi a-t-elle peur ?
Le projet présenté pour l’Assemblée Générale Extraordinaire du 20 mai 2026 marque une rupture profonde avec l’esprit associatif qui devrait pourtant guider une fédération sportive.
Exiger désormais une majorité des deux tiers pour convoquer une AG, modifier les statuts ou révoquer le Comité Directeur revient à rendre pratiquement impossible toute correction démocratique.
Imposer à une liste d’opposition un parrainage préalable d’un tiers des Ligues avant même qu’elle puisse se présenter constitue un filtre politique inédit.
Une démocratie saine n’empêche pas les candidatures. Elle les organise loyalement.
Et que dire de la fusion des urnes ASA/ASK avec celles des Ligues ?
Pourquoi vouloir diluer la réalité des votes si ce n’est pour masquer un déséquilibre devenu politiquement embarrassant ?
Car tout le monde l’a vu lors de la dernière élection : la base des ASA et ASK voulait majoritairement du changement.
Le malaise est encore aggravé par une anomalie devenue difficilement défendable :
Des Ligues représentant moins de 4 % des licenciés conservent près d’un tiers des voix, tandis que les Ligues Karting restent privées de vote.
Comment parler d’équité fédérale dans ces conditions ?
Le plus préoccupant reste peut-être ailleurs. Dans le symbole.
Une fédération sportive n’est pas une forteresse. Elle appartient à ses clubs, à ses bénévoles, à ses licenciés. Pas à un système qui organiserait sa propre intouchabilité.
L’histoire montre toujours la même chose : quand le pouvoir commence à verrouiller les règles du jeu, ce n’est jamais un signe de confiance. C’est un signe de fragilité.
Le sport automobile français mérite mieux qu’une démocratie de façade.
Il mérite un débat ouvert. Une représentation équitable. Et surtout la possibilité réelle de l’alternance.
Car une gouvernance qui ne peut plus être contestée finit toujours par ne plus écouter personne.
Daniel TREMA
Licencié FFSA











