
Une réunion du Comité Directeur ainsi que de l’assemblée générale de la FFSA se sont tenues à l‘occasion de la finale de la Coupe de France des rallyes ayant lieu ce week-end à Remiremont dans les Vosges.
Ces deux réunions ont été présidées dans les faits et comme à l’habitude par Jacques Régis, seul véritable président de la fédération depuis son élection en 1996. Ce n’est pas une surprise puisque ses successeurs officiels, Nicolas Deschaux et maintenant Pierre Ragues n’ont été que des faire-valoir aux ordres, « désignés » par des « élections » qui n’ont laissé aucune place à une quelconque opposition.

C’est ainsi qu’un système bien rodé a pu ainsi être mis en place au cours de ces dernières décennies pour servir les intérêts particuliers de quelques uns au détriment des licenciés
Mais voilà, trop c’est trop, et on ne peut que se féliciter de l’intervention de la ministre des sports, Marina Ferrari, qui a pris ce dossier à bras le corps en diligentant une enquête administrative dont on dit qu’elle a été particulièrement minutieuse.
Les quelques éléments connus font état par exemple de la mise en place de structures parallèles en dehors de tout contrôle, ayant permis l’établissement de circuits financiers occultes vers des paradis fiscaux, d’enrichissements personnels, d’irrégularités de toutes sortes, etc. largement documentés par les médias (Le Figaro- Le Parisien- Le Canard, entre autres)
Nous savons aussi qu’un épais dossier financier a été déposé sur le bureau du procureur de la république.
Cette situation est particulièrement préoccupante pour la gouvernance actuelle de la fédération, qui n’a pas envie de voir mourir la poule aux œufs d’or et encore moins de se retrouver devant les tribunaux.
La ministre dispose en effet d’armes redoutables pour rétablir une gestion honnête, éthique et transparente de la FFSA, dont sa mise sous tutelle ou le retrait de son agrément ministériel.

La mise sous tutelle reviendrait à placer la fédération sous l’autorité d’un administrateur qui se substituerait à l’équipe dirigeante actuelle, avec toute latitude pour remettre les choses en place.
Le retrait de l’agrément ministériel signifierait une opération « table rase », impliquant la reconstruction totale de la fédération (structures, statuts, élections, etc.), qui pourrait être mise en œuvre au sein d’une structure sportive ou d’un club existant, comme cela a été le cas pour la Fédération Française d’Equitation il y a quelques années.
Cela peut paraître radical, mais c’est la solution qui a la préférence de tous ceux qui connaissent bien le système actuel, compte tenu de son degré de pourrissement.
La seule permettant de surcroît de s’assurer que les dérives actuelles appartiendraient bien au passé.
Devant ces perspectives, Jacques Régis et ses affidés ont choisi de tenter d’amadouer la ministre pour lui faire croire que tout ça n’est pas bien grave et que la situation peut se régler en interne.
C’est ainsi que Pierre Ragues, un gentil garçon bien docile, a été choisi « pour faire président », en se répandant dans les médias pour clamer son entière liberté d’action : J’ai les mains libres !
Liberté d’action démentie dès l’une des premières décisions de sa présidence : le changement des statuts visant à empêcher toute formation d’une liste d’opposition dans le cadre d’élections fédérales.

On a du mal à imaginer que Ragues soit à l’origine d’un tel coup tordu !
Panique à bord
L’imminence de la publication du rapport du ministère a déclenché une opération enfumage d’ampleur dans le cadre de la finale du championnat de France des rallyes, dont la moindre n’est pas le lancement d’une pétition de soutien à Pierre Ragues (lire : en soutien à Jacques Régis et à la gouvernance actuelle).
Clément Hugon, le directeur général de la fédération et Ragues en personne ont présenté cette pétition à tous les participants à cette manifestation, stylo à la main, en particulier auprès des jeunes pilotes : veuillez signer ici s’il vous plait.
Mais un autre coup tordu qui révèle l’état de panique dans lequel se trouvent les dirigeants actuels s’est produit lors de l’assemblée générale quand ses membres ont été sommés de signer une lettre de soutien à Pierre Ragues destinée à la ministre des sports afin de parachever l’opération enfumage.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui.
Un grand bravo aux 6 ligues de l’opposition qui ont dénoncé cette manœuvre et refusé de signer cette lettre.
Une nouvelle FFSA doit voir le jour. Formons le vœu que le ministère mette au plus vite un terme à cette situation indigne qui n’a que trop duré.
Notre sport mérite de retrouver ses valeurs et une fédération intègre au service de ses licenciés.
Et le jeune pilote Pierre Ragues mérite mieux qu’un strapontin, être mieux considéré qu’un simple petit valet ordinaire, un laquais.
Gilles GAIGNAULT
Photos : FFSA – DR









