
Présente en Championnat du monde d’endurance WEC depuis la saison 2022 avec une particularité sacrément atypique, l’absence d’un aileron arrière sur ces 9×8 1ère génération – l’Hypercar Peugeot 9X8 avait déjà vécu une amélioration indispensable, lors de la saison 2024, l’équipe choisissant fort intelligemment enfin sagement de lui rajouter… cet élément, modifiant ainsi sa philosophie aérodynamique initiale.
Malheureusement depuis pour les 9×8 Peugeot, les résultats manquent à l’appel. Qu’on en juge… Depuis en … 29 épreuves du Championnat du monde d’endurance WEC, avant la manche des 6 Heures de Barcelone ce week-end, l’Hypercar Sochalienne n’a toujours pas obtenu la moindre victoire et la formation tricolore compte seulement quatre podiums !
Alain Favey, le patron de Peugeot, s’en explique :
« Nous ne sommes pas au niveau de performance qu’on voulait lorsqu’on s’est engagés dans ce projet, donc dans ce genre de situation, soit on jette l’éponge, soit on essaie de mettre à profit l’expérience emmagasinée depuis quatre ans pour essayer d’amener cette performance au niveau souhaité, On a donc décidé de se donner une nouvelle chance. »
ALORS DU CHANGEMENT EN VUE CHEZ PEUGEOT POUR 2027.

Alors que la saison 2026 du Championnat du monde d’endurance entre dans sa dernière ligne droite, l’équipe Peugeot prépare déjà un nouveau tournant majeur pour 2027.
Le constructeur Français travaille sur une troisième évolution de son Hypercar 9X8, tandis que ses équipages connaîtront plusieurs changements, avec les départs du Français Théo Pourchaire, du Belge Stoffel Vandoorne et du Danois Malthe Jakobsen.
Le Grassois retournant vers la monoplace, lui l’ancien Champion du monde de F2, sacré en 2023 et qui a été enrôlé par l’écurie Opel du Groupe Stellantis, comme Peugeot pour participer au Championnat du monde des voitures électriques de la Formule e.
L’objectif en mondial WEC est clair : franchir un cap en matière de performances et enfin permettre à la marque au Lion de jouer les premiers rôles.
UN PEU D’HISTOIRE…

Lancée en compétition en 2022, la Peugeot 9X8 avait marqué les esprits avec son concept aérodynamique atypique, caractérisé, répétons-le, par l’absence d’aileron arrière.
Une approche originale qui n’a toutefois pas permis à la marque Française d’atteindre les résultats espérés.
En 2024, une première évolution majeure avait on l’a dit, conduit Peugeot à enfin intégrer un aileron arrière, abandonnant l’une des particularités les plus emblématiques de son prototype.

Malgré cette transformation, depuis les résultats restent encore et toujours insuffisants… Avant les 6 Heures de Barcelone, disputées ce dimanche, la 9X8 affiche on le sait un bien maigre bilan de 29 courses en mondial WEC sans la moindre victoire, pour seulement quatre podiums.
Un constat préoccupant face à des concurrents comme Toyota, Ferrari, BMW, Cadillac ou Alpine, qui ont tous déjà goûté au succès.
Les qualifications de l’épreuve Catalane, de ce samedi 17 octobre 2026, conclues à de bien modestes 15éme et 17éme places, n’ont d’ailleurs guère apporté de motifs d’optimisme.
UNE NOUVELLE 9X8 POUR REPARTIR SUR DE MEILLEURES BASES

Pour inverser la tendance, Peugeot a engagé un important programme de développement en vue de la saison 2027. Le constructeur n’entend pas remettre en question sa présence en Championnat du monde WEC, prévue jusqu’en 2029, mais Peugeot souhaite désormais exploiter l’expérience acquise depuis ses débuts dans la catégorie Hypercar.
Alain Favey, patron de Peugeot, déclarant : « On a donc décidé de se donner une nouvelle chance. »
Lancé en avril 2025, le projet a pris une nouvelle dimension sous la coordination d’Emmanuel Esnault, nommé team principal en janvier dernier.
Pour l’équipe, le défi consiste à mener de front l’exploitation de la voiture actuelle et le développement de sa remplaçante.
Une organisation exigeante qui a nécessité de redistribuer les ressources humaines entre les circuits et le centre technique de Satory du côté de Versailles, en région Parisienne.
Certaines présences en piste ont ainsi été adaptées afin de maintenir les ingénieurs et techniciens les plus utiles au développement de la future 9X8, auprès des équipes travaillant sur le projet.
Le diagnostic technique a rapidement mis en évidence les limites de la version actuelle.
« La voiture 2026 arrive en bout de développement, le potentiel de performance qui nous reste à extraire est très faible », reconnaît Emmanuel Esnault.
Les travaux ont donc porté en priorité sur deux points faibles : la sensibilité du prototype aux bosses et son instabilité aérodynamique.
Peugeot a notamment multiplié les séances en soufflerie pour améliorer le comportement de sa voiture, dans une catégorie où l’efficacité aérodynamique constitue un facteur déterminant.
TROIS SÉANCES D’ESSAIS DÉJA RÉALISÉES …

Le développement de cette nouvelle version doit également composer avec les contraintes réglementaires encadrant les essais. Peugeot a notamment souhaité consacrer une partie de son programme à la compréhension des pneumatiques 2026 avant les 24 Heures du Mans, en juin dernier.
Le constructeur a ensuite intensifié le travail sur son prototype 2027.
Trois séances ont déjà été organisées au Castellet, à Portimão et à Silverstone.
Un dernier roulage est déjà programmé en décembre prochain au Castellet, avant l’homologation prévue à la mi-décembre.
Cette échéance sera déterminante pour permettre à la troisième version de la 9X8 d’être prête pour l’ouverture de la saison 2027, attendue au Qatar à la fin du mois de mars.
Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour technique. Emmanuel Esnault insiste sur l’ampleur des modifications apportées au prototype :
« C’est une grosse évolution. Il n’y a pas de traits reconnaissables sur la carrosserie. Si vous juxtaposez les deux versions, il n’y a aucun élément commun. »
Les premiers retours des essais sont encourageants, même si Peugeot reste prudent avant de pouvoir mesurer précisément le gain obtenu face à la concurrence.
« On a fait un pas en avant », estime le team principal, qui souligne que la nouvelle voiture semble à la fois plus performante et plus agréable à piloter.
L’objectif est également de donner davantage de confiance aux pilotes afin qu’ils puissent exploiter pleinement le potentiel du prototype et aller chercher les derniers dixièmes, souvent décisifs à ce niveau de compétition.
Une évaluation plus précise est attendue en décembre, lorsque le développement aura suffisamment progressé pour confirmer les bénéfices de cette nouvelle architecture.
TROIS DÉPARTS, DEUX ARRIVÉES ET LE RETOUR ATTENDU DE VERGNE…

Le chantier engagé par Peugeot ne concerne pas uniquement la technique. L’effectif des pilotes connaîtra lui aussi un renouvellement important pour la saison 2027.
Sur les six pilotes engagés en 2026, seuls Loïc Duval, Paul Di Resta et Nick Cassidy vont poursuivre l’aventure.
Théo Pourchaire, Malthe Jakobsen et Stoffel Vandoorne quitteront l’équipe, tandis que Robert Shwartzman et Alex Quinn ont déjà été recrutés.
Le Français Jean-Éric Vergne devrait également retrouver le programme Hypercar, après avoir concentré son activité cette année sur la Formule E avec l’écurie Citroën, autre firme du Groupe Stellantis. Discipline qu’il avait volontairement choisi de retrouver en 2026, lui l’ancien double Champion du monde, titré en 2018 et 2019.
Abandonnant ainsi momentanément l’endurance, le mondial WEC et son équipe, Peugeot !
Ce remaniement marque une nouvelle étape dans la reconstruction du programme d’endurance de Peugeot. En associant une voiture profondément revue à un équipage renouvelé, le constructeur espère disposer de nouveaux leviers pour améliorer ses performances.
Emmanuel Esnault se montre confiant dans les possibilités offertes par cette nouvelle configuration. L’équipe estime avoir des atouts supplémentaires pour tirer le meilleur parti du package 2027.
Reste désormais à transformer ces ambitions en résultats concrets. Après plusieurs saisons difficiles et une 9X8 toujours en quête d’une première victoire en WEC, Peugeot aborde un exercice charnière.
La troisième évolution du prototype et la nouvelle répartition des pilotes devront permettre au Lion de se rapprocher enfin des références de la catégorie Hypercar.
Stéphane CAVOIT
Crédit Photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS et Thierry COULIBALY









